Lundi 18 Avril
Borobodur : il y a des noms qui comme celui-ci (ou Titicaca par exemple) sont gravés quelque part dans la mémoire collective : la consonnance du mot y est pour beaucoup, la beauté du site fait le reste, sa célébrité.
Ce matin donc, nous quittons l'auberge relativement tôt – 5 heures - pour aller visiter ce site majeur d'Asie du Sud-Est, situé à 42 km de Yodya. La réservation du bus a été prise à la guest (170 000 roupies/14€ droit d'entrée inclus), Laurianne et Gauthier sont du voyage.
Construit au IXème siècle, édifié entre 750 et 850, alors que nos cathédrales étaient encore en gestation, on ne connait pas l'objectif exact de ce temple : centre de formation à partir des bas-reliefs pour les prêtres, mandala géant permettant aux fidèles d'accéder à plus de spiritualité, ce site reste une énigme. Dans sa dimension numérologique tout renvoie au chiffre 9 ce qui amuse beaucoup les mathématiciens et autres architectes francs-maçons : 9 terrasses, 504 statues (5+4), 72 stupas (7+2), 108 niches (1+8)... Pas de hasard là-dedans, neuf serait le nombre de la plénitude, le nombre du yang !
Quand, à 6 heures, nous arrivons sur place, le soleil est déjà levé depuis plus d'une heure mais ce petit matin reste magique : construit dans une cuvette entourée d'une chaine de volcans dont le célèbre Merapi, le temple émerge de la brume et d'un patchwork de palmiers et de rizières, l'ambiance est féérique. Encore très peu de touristes, de jeunes étudiants indonésiens qui nous abordent gentiment pour tester leur anglais et se faire photographier avec nous ; ils sont charmants, envahissants mais nous nous pretons de bon gré à leurs demandes, leurs sourires réjouis annihilent toute vélléité d' agacement...
Les mécréants que nous sommes ne respectent pas la 'consigne' : déambuler, dans le sens des aiguilles d'une montre, progressivement sur les six terrasses en carré et respecter ainsi la symbolique du lieu, la vision bouddhiste du cosmos, partir de la terre pour monter vers les cieux... Nous grimpons directement au sommet mais déception, nous ne pouvons accéder aux trois terrasses circulaires, elles sont interdites depuis la dernière éruption du Mérapi (quel lien entre les deux, nous ne savons pas). Nous devinons la présence des 72 effigies de bouddha dans les stupas treillissés sur ces terrasses, nous ne pouvons toucher celui qui est considéré comme le bouddha de la chance : nous n'accèderons pas au nirvana éternel, la dernière plateforme !
Laurianne, prosaïque, cherche à savoir ce qu'il y a sous une pierre sur laquelle est scellé un anneau : d'où cette photo pouvant suggérer autre chose... Nous circulons sur l'édifice pendant deux petites heures puis allons prendre le petit déjeuner là où notre accompagnateur nous a donné rendez vous : décevant et cher mais rien de surprenant.
Sur le chemin du retour, à trois kilomètres de là, notre bus s'arrête au Temple de Mendut ; sans explication complémentaire, personne ne veut payer le droit d'entrée et nous ne voyons pas la plus fabuleuse statue de Java conservée dans son cadre original ! Dans le monastère adjacent, un moine explique à quelques touristes ce qu'il a vécu lors de la dernière éruption du Mérapi, comment une couche de cendre a tout recouvert contraignant pendant plus de 8 jours une centaine de fidèles à se relayer pour nettoyer le monastère.
La route du retour traverse le village qui a le plus souffert de la dernière éruption en 2010 (?) : 210 personnes ont été tuées dans leur sommeil ; le Merapi laisse échapper de la poussière de cendres qui s'insinue dans les maisons et asphyxie la population endormie.
De retour à la guest, Laurianne et Gauthier décident de retourner au marché aux oiseaux acheter une deuxième cage ! Fatiguées, nous ne déjeunons même pas, c'est dire !... Nous passons l'après-midi dans notre chambre pour n'en sortir qu'en début de soirée et faire plus ample connaissance avec Sylvain, un québecois, avec qui nous allons dîner.
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