La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

2903 - 3003 : Vers Nong Khiaw : de l'eau sous les pieds, de l'eau sur la tête

Mardi 29 mars 2011
Réveil matinal : nous prenons un bateau pour Nong Khiaw, une petite ville au nord du Laos. Nath suit la cadence ; son avion pour Vientiane ne décolle qu'en début d'après-midi, elle aurait pu faire une grace matinée mais nous accompagne pour prendre notre petit déjeuner sur le bord du Mékong. Il pleut., c'est la première pluie diurne depuis le début de notre voyage.

Tandis que maman achète les billets à l'embarcadère – 100 000 kips/pers – je commande nos sandwiches pour le pique-nique. La remontée de la Nam Ou, un affluent du Mékong, se fait d'une traite, pas de pause repas prévue : on s'assure de ne pas mourir de faim, on a aussi transité chez Joma pour acheter des cookies !

Nous quittons Nath en haut de la colline et descendons, nos sacs sur le dos en quête du bateau n°24... Il est 8h30, il est déjà presque plein : 8 personnes assises inconfortablement sur des sièges de bois nous regardent grimper, les abords sont glissant et l'on doit se courber fortement pour rentrer à l'intérieur. Nos sacs sont déposés à l'arrière du bateau... Nous sommes déçus de ne pas voir Jennifer et Eric qui devaient prendre le même bateau que nous... Deux allemandes s'agrègent au groupe, il pleut toujours et sur mon siege en bois, je commence à me demander si le bateau c'était vraiement une bonne idée ! Sur ce, ceux que nous ne pensions plus voir débarquent tranquilles ! Notre bateau est plein : ils grimpent dans celui qui le juxtapose en traversant notre barque... Ni une ni deux, nous les suivons, expliquant que ce sont nos amis et que nous souhaitons voyager ensemble ! Les Laos ne sont pas d'accord pour ce changement mais finissent par accepter quand d'autres clients arrivent pour prendre nos places... Ce deuxième bateau est nettement plus confortable, moins de passagers et des sièges auto avec appui tête... Heureusement qu'ils étaient en retard ! Nos voisins nous regardent avec envie et ça se comprend !

A 9h10 nous partons pour 7 heures de transport sous la pluie : nous avons un toit au-dessus de nos têtes mais comme nous ne voulons pas baisser les baches sur les côtés, nous sommes un peu arrosés et il fait froid – nos vestes sont restées à Bangkok, nous nous mordons les doigts d'avoir voulu nous alléger ainsi ! Le paysage est magnifique, la jungle de part et d'autre, une rivière parsemée de rochers et de bancs de sable... Nos chauffeurs – trois petits bateaux, 18 touristes se suivent – manoeuvrent avec précision au milieu de ces pierres et rapides impressionnants. Les paysages sont magiques, les rives peu habitées, l'eau est basse et nos bateau à fond plat raclent souvent le fond de la rivière.

La pause pipi se fait au vue et au su de tous, pas de recoin pour se cacher... Le bateau stoppe sur une rive, nous sommes tous logés à la même enseigne, cul nu ! Par discrétion, n'en déplaise à certains, nous n'avons pas jugé utile de photographier l'instant...

Il est 16h lors que nous arrivons à Nong Khiaw, pas de véritable débarcadère... on bénit les cours de gymnastique et nos exercices sur poutre : sac au dos, en équilibre sur un tronc glissant, nous rejoignons la berge... La remontée vers le village est dangereusement glissante... surtout pour les touristes en tongues que nous sommes...

Nous partons ensemble en quête d'une chambre. Maman et moi, claquées, prenons un bungalow face à la rivière à la 'Sunset gh'. Jennifer et Eric trouvent un hébergement plus économique, on les y rejoindra demain, on n'a pas le courage de changer... Et puis la vue est belle, même si, une fois le soleil couché, on en profitera pas !

On se retrouve tous les quatre autour d'un pancake au restau du coin. Et puis, on rentre se coucher ! Je crois qu'à 20h30, nous dormions...

Mercredi 30 Mars
La pluie a cessé et le soleil semble vouloir réapparaître...

Jennifer et Eric qui comptaient remonter directement sur la frontière chinoise sont, tout comme nous, séduits par l'environnement et décident de rester une journée de plus à Nong Khiaw. Nous repartirons ensemble demain matin : nous consacrons notre matinée à nous informer des horaires de bus, nous ballader dans le village et retournons faire une sieste que tous quatre ressentons comme fortement nécessaire avant d'attaquer la ballade de l'après-midi...

On part sur un petit chemin qui longe la rivière, la terre à eu le temps de sécher dans la nuit ; nos compagnons ont des chaussures de marche, nous suivons sans problème avec nos désormais célèbres tongues...

Quelques kilomètres de ballades et nous arrivons à un petit village ; nous sommes accueillis par des enfants qui, chose assez rare au Laos, se prêtent au jeu de la photo. Ils sont craquants ! En passant devant une maison, nous remarquons une jeune femme qui oeuvre sur son métier à tisser. Séduits par son travail, nous lui achetons, pour une misère trois étoles...

Un jeune garçon de 18 ans, parlant plutôt bien l'anglais, nous accoste et nous fait découvrir son village... Transit par l'école primaire suivis par une floppée de gamins rieurs et taquins... Notre interlocuteur nous propose d'aller en bateau, à une quinzaine de minutes de là, voir le nouveau temple... On accepte avec plaisir et l'on fera ainsi l'une des plus jolies ballades de notre voyage... Nos deux jeunes chauffeurs nous ramènent à notre guesthouse à la tombée de la nuit. Dîner dans un restaurant qui propose la 'waïfaï'(wifi) gratuite...

Il fait beau, notre environnement est agréable, nos compagnons de route sympathiques, le dîner est bon, on peut correspondre avec la France... Que demander de plus ?

2403 - 2503 - 2603 - 2703 - 2803 : Luang Prabang, ville royale pour les moines

Lundi 28 mars
Bon, on est un petit peu en retard sur l'écriture du blog et ça risque de ne pas s'arranger : demain Nathalie nous quitte pour rentrer en France via Vientiane et Bangkok et nous, nous prenons un bateau pour Nong Khiaw ; cette petite ville est à 7 heures de navigation au nord de Luang Prabang et nous ne savons pas ce qu'il en sera des connections Internet... Sur le bateau, nous travaillerons à la rédaction de nos messages en retard, bien évidemment... dans la mesure où les photos, le petit somme et les discussions avec Eric et Jennifer ne s'y opposent pas...


2203 - 2303 : Vang Vieng, tout le monde à l'eau... de vie !

Mardi 22 Mars

Nous terminons notre petit déjeuner et échangeons quelques mots avec un couple de retraités brésiliens quand à 7h30 débarque notre chauffeur : mauvaise pioche ! Ce n'est pas un pick-up qu'il nous amène mais un vieux minibus dont le coffre est occupé par des sièges qui ne peuvent être retirés... Argh... On peste contre l'agence qui a pourtant vu l'engin de Nathalie lorsque nous avons réservé le transport ! Le chauffeur, qui ne semble pas super motivé pour nous faciliter la tâche, tarde à rabattre les sièges : on aide à déposer le scooter électrique de 90 kilos dessus, les housses craquent mais tant pis ; on calle l'engin avec nos propres sacs et l'on range tant bien que mal le fauteuil roulant à nos côtés. L'appui tête de Nath est trop raide, à l'arrière nous n'avons pas de place pour nos jambes : le voyage va être long ! Malgré le prix payé pour ce transport privé, nous ne bénéficions d'aucun confort. Bref, on râle !

Vang Vieng n'est pas qu'une ville étape entre Vientiane et Luang Prabang : c'est 'le' lieu de villégiature de toute une jeunesse qui se donne rendez-vous ici pour boire, fumer et regarder des séries américaines à la télévision, affalés dans les coussins de bar-restaurants qui se succèdent... Après quatre heures de route, nous y arrivons donc et partons en quête d'une guesthouse et ce n'est pas ce qui manque ! Les deux ciblées sur papier ne répondent pas à nos attentes : la Erawan guesthouse est définitivement fermée, quant à la Maylin guesthouse elle n'est pas adaptée : de jolis bungalow sur pilotis au milieu d'un jardin en fleurs mais de grosses pierres impossibles à pratiquer pour le scooter. La majorité des hébergements sont sur pilotis ou l'accès est via un escalier... On finit par trouver la Popular Guesthouse qui est de plein pied une fois les quatre marches du perron passées... On trouvera des bonnes volontés pour nous aider ! Les bagages déposés, nous allons déjeuner au Nokeo recommandé par le Lonely planet comme l'un des derniers restaurants lao authentiques de la ville.

Maman et moi sommes fatiguées : le transport, la recherche de l'hôtel et la chaleur ont raison de nous, nous allons faire une sieste dont Nath, partie se ballader, nous tire vers 16 h. Un peu 'groggy', nous partons en ballade sur les bords de la Nam Song, la rivière qui traverse Vang Vieng. La ballade est superbe, de nombreux ponts de bambou traversent le cours d'eau et Nathalie s'y engage vaillamment avec son scooter. Une mongolfière se gonfle et prend son envol : nous envions toutes les trois ce luxe, la vue du ciel doit être magnifique : les paysages sont magiques, la ville est nichée dans une région karstique qui dissimule des cavernes ! On finit notre ballade sur la terrasse d'un restau : la vue est belle, l'ambiance agréable, les moustiques n'attaquent pas...

Mercredi 23 Mars
Aujourd'hui, Nathalie et moi tentons une ballade sur l'eau, chacune à sa manière, elle en bateau, moi en tubing. Maman souhaite profiter d'un peu de solitude : elle va s'occuper d'elle, des comptes et envoyer des mails !

Les environs de Vang Vieng se prêtent aux sports extrêmes ou moins extrêmes : escalade, randonnées, kayak et treck sont proposés dans toutes les agences qui pullulent sur les bords de la route. J'opte pour le tubing. Le principe : passer trois heures à se laisser porter par le courant, les fesses dans l'eau, affalée dans une bouée... Sportif non ?

Tandis que je vais louer ma bouée, Nathalie retrouve le chauffeur du bateau qu'elle a réservé. Nous avons rendez-vous une demi-heure plus tard au point de départ des Tubing. L'activité me revient à 55000 Kips (5€), on me loue une bouée jusque 18h et on m'emmène en tuk-tuk. Les véhicules se remplissent vite, un toutes les cinq minutes, je m'installe aux côtés d'anglaises et de danois, nos bouées sont chargées sur le toit et nous prenons la route. 10 minutes plus tard, déposés à 3-4 km en amont de la rivière , on nous distribue les bouées et un Lao me noue un petit lacet autour du bras, je ne sais pas pourquoi... C'est parti pour troooiiis heures de descente (1h en saison des pluies... les veinards !)...

On s'attend à un paysage paradisiaque, c'est le cas... mais particulièrement gaché par une foultitude de bars qui se succèdent le long de la rive et qui mettent la musique à bloc ; avant même de se jeter à l'eau, la majorité de mes co-passagers stoppe au premier bar : il est 14h30 et certains ne sont déjà pas dans leur état normal.: bieres et cocktails coulent à flot... Certains vont à l'eau via les tobogans, d'autres se laissent tomber dans des puits d'eau à partir d'une tirolienne. Pour ma part, je rejoins Nathalie en remuant les bras pour accélérer ma dérive. Au passage, je reçois quelques bouteilles en plastique rattachées à une corde et lancées de-ci, de-là par des rabatteurs qui, si je les avais attrapées m'auraient hissée jusqu'à eux pour que je vienne consommer dans leur bar.

Nathalie, pour qui deux bateaux se sont mobilisés, va pouvoir prendre un bain et nous nous amuserons pendant quelques minutes mais je dois repartir, j'ai trois heures de route devant moi, l'eau est basse ! Et je vais galérer ! Je rame ! Pas d'eau, souvent peu de profondeur et de courant ! Je suis plusieurs fois coincée les fesses sur les cailloux, obligée de me relever et de marcher avec ma bouée un peu plus loin en quête d'eau ! A mi-parcours, des tuktuk proposent aux aventuriers de rentrer en voiture ! C'est dire la difficulté du projet ! Mais bon je l'ai mené à bien, je n'étais pas bourrée moi !

Après avoir retrouvé Maman et Nathalie, nous allons dîner à l'Organic farm café : déception, il n'y a pas de fromage de chèvre maison comme c'est indiqué sur la façade de l'établissement !

2003 - 2103 : Vientiane, une capitale au parfum provincial

Dimanche 20 mars
Nathalie a passé une très mauvaise nuit : le matelas trop dur l'empêchait de se retourner, elle n'a pu nous contacter par téléphone comme nous l'avions prévu ; il nous faut régler le problème pour les prochaines nuits.
Le petit déjeuner est servi dans le jardin ; nous y rencontrons Jacqueline, une rennaise venue au Laos dans le cadre d'une association caritative : elle vit des moments difficiles trop loin de sa fille et son petit fils or l'enfant de 7 ans vient de se voir diagnostiquer une méningite et des examens en cours doivent valider, ou non, un état cancéreux. Nous comprenons son angoisse tout en restant impuissantes...

Journée découverte de Vientiane, la capitale du Laos : la ville tourne au ralenti en ce dimanche, les administrations sont fermées et quelques commerces aussi.

Première étape le PATUXAI aperçu de nuit la veille ; pas d'ascenseur pour accéder au sommet de cet arc de triomphe, Nathalie nous attend à l'ombre de son imposante massivité. Intérêt majeur du monument : permettre un point de vue sur la ville et notamment sur la rue qui mène au centre ville, pompeusement baptisée les Champs Elysées.

Deuxième étape : le marché de jour où nous découvrons l'artisannat local, premier tour d'horizon pour les achats.

Transit vers l'office du tourisme où un employé nous arnaque en nous faisant payer l'équivalent d'1€ une carte de la ville que l'on reçoit gratuitement ultérieurement ; il ne nous donne aucune information intéressante, nous renvoyant vers les agences de voyage locales.

Passage vers le Vat SI SAKET ce temple resté dans le souvenir d'Evelyne comme l'un des plus beaux de son voyage ; fermé à l'heure du repas il nous invite à aller prendre le nôtre, ce sera dans les jardins du Kop Chaï Deu, une ancienne villa coloniale avec terrasse.

SI SAKET : des touristes néerlandais et belges facilitent son accès à Nathalie. Le Sisaket est en travaux, il était temps, des parties du toit s'écroulaient. En dépis des bâches et autres échaffaudages, ce temple reste superbe et son cloître retient toute l'attention : dans les murs, des milliers de petites niches renferment des bouddhas en argent ou en porcelaine ; à leurs pieds des bouddhas assis ou couchés, de taille et de matière diverse (bois, pierre, argent, bronze). Le sim (sanctuaire) au centre est surmonté d'un toit à cinq étages... Vraiment une merveille !

Face à lui, de l'autre côté de la rue, le HAW PHA KAEO ancien temple royal est désormais un musée national d'art sacré. Il a conservé le célèbre bouddha d'émeraude volé par les siamois qui l'installèrent à Bangkok. Le jardin paysager qui entoure le 'sim' est presque aussi impressionnant que le sanctuaire lui même.

Nathalie qui n'a pas assouvi sa soif de temples souhaite en découvrir un troisième, le VAT SI MUANG : une petite trotte à pied pour nous mais un temple populaire où la ferveur religieuse se ressent en cette fin de journée... Des moines accueillent des Lao qui leur font des offrandes, ils leur nouent des lacets autour du poignet, les bénissent... Les fidèles peuvent ensuite faire raisonner un gong... Une cigogne à l'aile brisée garde un vieux stuppa en ruine, curieux !

Nous revenons tranquillement le long du Mékong : les berges viennent d'être aménagées à grand frais, dommage, c'est un peu trop bétonné et les gargottes de restauration qui en faisaient le charme ont disparu. Des appareils de sports gratuits apparaissent, des familles s'adonnent à leur pratique.

On dîne dans un restau western du centre ville : notre voisin de table a eu un accident de tuktuk dans l'après-midi, il a quelques points de suture sous l'oeil, son joli minois restera marqué...

Lundi 21 mars
L'objectif principal de cette matinée est de trouver la voiture qui nous emmènera à Vang Vieng puis à Luang Prabang ; le seul vrai loueur local représente Europcar et nous propose un pickup avec chauffeur pour 200$, ce qui met non seulement notre budget en vrac mais aussi notre moral... Nous décidons d'aller voir une agence de voyage, celle du coin de la rue fait l'affaire : un pickup passera à l'auberge demain pour nous emmener sur Viang Vieng d'où un second nous récupèrera, le surlendemain pour nous conduire à Luang Prabang...

Nathalie souhaite faire du shopping dans la capitale, Evelyne et Gaëlle veulent quant à elles visiter le BUDDHA PARK et se faire masser au VAT SOK PA LUANG : elles se quittent et se donnent rendez-vous à 19H30... A la station de bus, elles trouvent le bus N°14 qui pour 5000 kips et une heure de tapecul les dépose au Buddha park, à 24 km de Vientiane. Curieux ce park, né de la volonté d'un individu qui, en 1958, a reproduit sur l'équivalent d'un hectare, en ciment, un mélange de sculptures bouddhistes et hindouïstes... Les dévotions au dieu tourisme réalisées, nous reprennons le même bus en sens inverse en tentant de retrouver le lieu où il leur faut descendre pour atteindre aisément le temple VAT SOKPALUANG. Peine perdue, c'est quelque deux kilomètres supplémentaires qu'elles devront marcher mais le bonheur est au bout du chemin : dans le parc du 'temple de la forêt', une cabane sur pilotis ; au rez de chaussée, une marmite remplie d'eau chaude dans laquelle infusent des herbes qui en d'autres lieux pourraient être de Provence... Dans la pièce au dessus, les victimes marinent et suent... A l'arrivée, on nous a remis un pagne et invitées à nous déshabiller avant de rentrer dans le sauna. Puis nous sommes on nous propose de nous rincer avant de nous remettre un second pagne pour passer dans l'espace massage... Un dernier jus de fruit il est 18H30 nous devons rentrer. Le tuktuk qui nous ramène connait quelques problèmes de moteur et nous restons surprises de la capactié qu'ont les Laos à réparer avec des bout de ficelles des engins qui n'ont plus d'âge mais doivent rouler encore.

Nathalie n'est pas encore rentrée, pas le temps de s'inquiéter, à 19H30 pétantes elle passe la porte du jardin : elle est ravie de sa journée et agréablement surprise par les immenses malls commerciaux qu'elle a découverts, Vientiane justifie son titre de capitale !

Quelques difficultés à nouveau pour diner à proximié de la guesthouse : nous trouvons près du temple un restaurant qui nous paraît particulièrment bien tenu, mais rien de folichon en matière de restauration. La serveuse parle français, ça facilite tout de même la commande car nos premierS échanges en anglais étaient laborieux...


1903 : Quand Aloune devient Tue, de Paksé à Vientiane

Samedi 19 mars
Nous quittons Paksé pour Vientiane, notre chauffeur Aloun nous attend à 8h. Ce matin, avec une surprise évidente, nous avons appris par le staff du Paksé Hotel qu'il ne s'appelait pas Aloun mais TU ! Depuis quatre jours, nous l'interpellions avec ce prénom, il ne nous a jamais contredites. Quand nous l'avons appelé par son véritable prénom, il a sourit et nous a dit ne jamais avoir compris pourquoi nous l'avions nommé différemment... Nous non plus du reste, Aloun n'est pas un prénom commun, nous n'avons pas pu l'inventer... Le mystère reste entier !

La voiture est chargée, TU a emballé nos sacs et baché le coffre pour protéger le tout de la poussière et d'une éventuelle averse. Nath est installée à l'avant, nous grimpons à l'arrière.

Une heure après le départ, nous faisons une halte au 'village des poulets' : réputé pour ses élevages de poulets, le bord de la route est parsemé de petits stands où grillent des cuisses et ailes de ces volatiles. TU en profite pour prendre son petit-déj' et Evelyne regrette d'avoir si bien mangé à l'hotel, un petit barbecue l'aurait bien tenté !

La route est belle, Nathalie découvre quelques trop rares rizières vertes, elles se font rares en ce mois de mars. Nous sommes surprises par les couleurs flashy des toits de tôle des habitations : bleu électrique, rose fushia, vert pétant... En Thaïlande ce sont les taxis qui ne passent inaperçus, ici les toitures !

On s'arrête pour déjeuner à THA KHAEK, 330 km au sud de Vientiane ; on ne vous donnera pas l'adresse du petit restaurant sur la place de la fontaine ; incompréhension réciproque sur les menus, nous en conservons toutes les trois un souvenir médiocre...

La route entre Paksé et Vientiane n'a rien d'exceptionnel ; si l'option choisie reste de la faire d'une traite, on peut comprendre le choix des 'routards' de faire ce trajet par un bus de nuit...

On a un peu de retard sur notre horaire : nous devions arriver vers 17 heures, c'est à 19h30 que l'on contourne le PATUXAI - arc de triomphe édifié vers 1960 avec du ciment américain censé construire un aéroport - et que l'on franchit les portes de la villa Sissavad toute proche. Une chambre aménagée pour le handicap est occupée par le gérant de l'hôtel qui a fait un AVC quelques années plus tôt ; sa charmante épouse parle un peu le français. N'ayant pas de chambre triple, Evelyne et Gaëlle occupent une double tandis que Nathalie est en chambre individuelle deux portes plus loin. Premier luxe : TV5 monde, second luxe, une piscine ! Les matchs de foot diffusés nous éviterons de regarder la première, la fraicheur ambiante nous dispense de nous plonger dans la seconde... Pfft, décidémment le 'luxe' s'avère bien inutile !

Adieux à TU, si gentil et si discret, bagages déposés, on part à la recherche d'un petit restau... Pas grand chose, on opte pour une sorte de snack où l'on sélectionne des brochettes de viande et de poisson que le 'cuisto' plonge dans l'huile... Pas calorique du tout ! Ces petites brochettes font fureur en Asie, on en trouve beaucoup sur les marchés.

1503 - 1603 - 1703 - 1803 : D'une île à l'autre, du Little Eden à la Fleur du Mékong...

Mardi 15 Mars
L'île de Det comme sa voisine Khône s'explorent à vélo... En fin de matinée, en dépit du soleil au zénith, nous allons découvrir les chutes de Li Phi ; les petits chemins pratiquables pour les motos le sont aussi pour le scooter de Nathalie. Nous rencontrons un couple de français croisé par Gaëlle début février à Yangoon ; ils reviennent du Cambodge avant de poursuivre vers la Chine puis l'Indonésie. Evelyne, décidément nostalgique, se souvient avoir déjeuné quatre ans plus tôt dans un restaurant dont le propriétaire était francophone : elle aimerait retrouver la « Fleur du Mékong » mais c'est un autre restaurant et un autre propriétaire qui les accueillent...

Les chutes sont belles ; Li Phi signifie « gouffre du fantôme » : l'eau tombe dans une forme de cul de sac sans courant qui retient les épaves... Et lorsque le Mékong charrie des cadavres, c'est ici qu'ils échouent... Baignade interdite voire dangereuse : on ne s'aventure pas, on se satisfait du cadre sauvage !

A l'heure où le soleil se couche, 18 heures, nous sommes de retour 'à la maison'. Dîner au restaurant Jasmin de Don Det ; un lien de parenté avec celui de Paksé ? On ne sait pas mais que le service y est lent !

Mathieu a fait installer le lit de son fils pour que le matelas de Nath. ne soit pas à même le sol : elle dispose maintenant d'un joli sommier en fer forgé !

Mercredi 16 Mars
Fin de matinée, sous le même soleil de plomb, nous reprenons nos découvertes insulaires en scooter pour l'une, en vélo pour les deux autres... Don Det et Don Khone sont reliées par un pont de pierre construit par les français. Les deux îles ont joué un rôle important au temps du protectorat : pour contourner les écueils et autres rapides infranchissables du coin, on avait construit une ligne de chemin de fer de 14 km de long et aménagé poste de douane et bureau télégraphique sur Don Khône. Il ne reste pas grand chose de ce passé colonial hormis cet insolite pont permettant de passer d'une île à l'autre. Au son pied, côté Don Khone, agréable surprise : une enseigne de restaurant « la Fleur du Mékong », le propriétaire est en déplacement à Paksé mais son épouse confirme leur présence aux chutes de Li Phi quatre ans plus tôt. On mange sur place : un groupe d'une trentaine de retraités tourangeaux y déjeune et deux d'entre portent 'facilement' Nath jusqu'à notre table, table que nous partageons avec leur guide lao et francophone : agréable moment d'échanges sur le Laos.
Nous poursuivons en direction d'un monastère aperçu le matin ; le chemin se poursuit à l'arrière du temple, nous nous y aventurons : c'est magique, des sentiers délimitant des rizières malheureusement asséchées, des buffles qui paissent, deux d'entre eux semblent albinos, des maisons sur pilotis, des villageois vaquant tranquillement à leurs occupations... Des chemins de terre parfois très pierreux, Nathalie s'y fatigue, elle doit faire des efforts importants pour se maintenir en équilibre... A l'heure du sunset, nous rentrons fatiguées mais ravies... Le temps est gris, va-t-il pleuvoir, voire tonner ? Non, mais pas de coucher de soleil non plus...

Jeudi 17 Mars
Aujourd'hui, Gaëlle décrète que ce sera une journée farniente pour elle ; sa mère la suit tant pis pour la ballade sur l'ancienne voie de chemin de fer ! Nath attend des nouvelles d'une amie rencontrée dans son groupe de Gospel : elle arrive du Cambodge et doit passer quelques jours dans le sud du Laos. Alors que l'on discute de cette recontre, qui arrive au bout du jardin ? Stella, la copine de Nath et Maurice, son mari.

Coup de chance, l'une des 5 chambres du Little Eden est libre, ils s'y installent ! On fait connaissance autour d'un thé et on va déjeuner au Jasmin en espérant que le service sera plus rapide... Peine perdue ! Si les verres arrivent en même temps que la bouteille d'eau, le reste tarde autant ! Le serveur, quant à lui, semble faire un effort surhumain pour sourire...

L'après-midi, Evelyne et Gaëlle s'occupent de leur blog tandis que Nathalie motive ses deux amis pour une ballade en bateau sur le Mékong : petit voyage un peu décevant, trop tardif dans l'après-midi, le soleil décline vite, les photos s'en ressentent.

On souhaite remercier Darren l'australien, de l'aide qu'il nous apporte si gentiment, on dîne dans son restaurant le «street view café ». Bonne pioche ! « C'était succulent, le meilleur des repas que j'ai eu depuis le début de mon voyage et pourtant j'ai quand même mangé des trucs sympa ! Je recommande plus que chaudement de vous arrêter au « street view café » et de commander un pumpkin hamburger et/ou des boulettes de viande, sauce oignon et leur purée de pomme de terre maison. L'avantage à deux, c'est qu'on fait moitié-moitié avec l'assiette de l'autre ! Hummmmmmm. Le verdict est unanime, c'est une bonne adresse » dixit Gaëlle. Sa mère est d'accord mais ne peut s'empêcher de lui faire remarquer que ces plats ne sont pas vraiment asiatiques !

On finit notre repas en testant un 'space cake' qui ne nous envoie pas en l'air (!)... Les 'space cake' sont des gateaux dans lesquels on a intégré de la marijuana tout comme les « happy » drinks proposés dans les bars de l'île, mieux vaut le savoir... Darren a pris sa moto pour aller s'approvisionner chez « K.K. » (nous nous devons de rester discrètes !...lol...).  La part du biscuit au chocolat était-elle trop petite, sommes-nous tombés dedans enfants : aucun effet notable pour chacun des cinq contrevenants de la table ! Déçus, nous rentrons nous coucher « droits dans nos bottes » !

Vendredi 18 mars
On quitte Siphandone (« les 4000 îles ») ce matin. Notre barque de transfert devait lever l'ancre à 10 heures, il est 11 heures nous attendons toujours sur la plage ! Le copain/chauffeur de Mathieu ne doit pas faire de concurrence à la navette officielle qui par ailleurs n'est pas à même de prendre en charge tous nos bagages et le portage de Nathalie. Les officiels réclameraient la quasi totalité de la course pour nous laisser partir : nous assistons impuissantes aux tractations mais tout finit par s'arranger... Aloun nous attend sur l'autre rive depuis plus d'une heure... Le chargement et déchargement des fauteuils se fait avec plus d'aisance qu'à l'arrivée : les garçons ont maintenant l'habitude et Mathieu est fier d'avoir découvert sa force au cours de notre séjour ! On leur fait la bise, ils narguent les locaux qui les sifflent... Les bisous sur les joues au Laos, ça ne se fait pas mais le chauffeur du bateau semble néanmoins apprécier !

Avant de prendre la direction de Paksé, Aloun nous emmène voir les chutes de Pha Peng, le « Niagara du Mékong » soit les plus grandes chutes d'Asie du Sud Est à savoir 15 mètres de haut... Un peu présomptueux, un bruit d'enfer mais rien de spectaculaire... S'ajoute le fait que les abords ont été goudronnés pour faciliter l'accès des autocars, l'environnement va vite être bétonné comme en Amérique du Nord ! On remonte dans la voiture, Nath n'en était pas descendue.

Route un peu monotone, on arrive à Paksé vers 15 heures pour aller déjeuner dans notre cantine, le Jasmin restaurant : nous y sommes accueillies chaleureusement : deux jours plus tôt nous avions salué les propriétaires chez Mathieu. Restau à conseiller, contrairement à son homonyme sur l'ile, celui-ci est rapide et le service sympa ! Nathalie profite de la fin de l'après-midi pour aller se balader dans la ville tandis qu'Evelyne et Gaëlle se reposent et surfent sur Internet.

1203 - 1303 - 1403 : Du plateau des Boloven aux 4000 iles

Samedi 12 mars
Nous faisons connaissance avec Aloun notre jeune chauffeur, la trentaine, célibataire ; dommage il ne parle pas français et peu l'anglais ! Le pickup/4x4 est chargé à bloc, Nathalie installée, Aloun doit prendre conscience qu'il ne sera pas 'que' chauffeur, il lui faudra aussi utiliser ses muscles pour assurer les transferts de la voiture aux fauteuils, ce n'est pas toujours aisé...

Objectif de la journée : ballade dans le Plateau des Boloven, l'une des principales régions agricoles du Laos : plantations de théiers et de caféiers sur une latérite rouge, maisons sur pilotis et cascades nombreuses pour rafraichir cette journée chaude et ensoleillée... Peu de kilomètres à vrai dire ; arrêt dans une plantation, Nathalie se sent obligée d'acheter un paquet de thé pendant qu'Evelyne photographie des coqs aux thés (ben quoi ?!) ; nous faisons l'impasse sur la visite d'une plantation de café mais descendons voir la cascade de Tad Fan... Dans une jungle luxuriante, l'une des plus hautes chutes d'eau du Laos... Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté ! Quelques kilomètres plus loin, la cascade de Tad Lo est réputée pour ses trois belles chutes d'eau mais elle n'est pas accessible ; Nathalie reste dans la voiture et nous inviterons deux québecoises croisées sur le chemin à lui faire un brin de causette 'accentué'... La chute d'eau est belle et le petit bassin dans lequel elle se déverse invite au bain... Quelques kilomètres de plus et nous arrivons à l'heure du déjeuner à la Saise guesthouse où le personnel se met en quatre pour nous faciliter l'accès. Avec son scooter, Nathalie retrouve de l'autonomie et stupéfie les laos qui n'ont jamais vu un tel engin. Succès garanti en fin d'après-midi également dans le petit village auprès des enfants et des adultes... Nous observons la vie empreinte de calme, de gentillesse mais aussi d'une certaine réserve face aux étrangers que nous sommes...

Dimanche 13 mars
Nous reprenons la route, laissant à Aloun briffé par Eliane du Paksé hôtel, l'organisation des visites ; en milieu de matinée, il nous dépose à Tadxe Phasouam, un petit village trop propre, trop organisé : les femmes en costume se prêtent aux photos du 'farang', les enfants entonnent des chants dès qu'approche le moindre 'western', des vieux grattent d'un instrument quand passe le touriste... Nous n'aimons pas cet aspect préfabriqué ; le groupe de touristes thailandais qui nous précède ne semble pas gêné et leurs appareils photos sont utilisés au maximum de leur potentiel. La cascade adjacente est jolie mais le pont de liane qui mène à elle est inaccessible au fauteuil. Nous revenons sur Paksé pour changer quelques euros et retirer des kips au distributeur (maximum doublé pour celui-ci, 2 000 000 de kips soit 180€). Déjeuner au Jasmin, pause pipi confortable au Paksé hotel et nous voilà reparties vers Champassak, notre ville étape de la soirée, sur l'autre rive du Mékong. Jérôme nous avait recommandé l'Inthira hôtel mais à 68 dollars la nuit, nous rejetons la proposition ; pour éviter un nouveau transfert, on visite en face, la Vong Paseud Guesthouse : le confort est sommaire mais accessible et le restaurant qui donne sur le Mékong, plutôt sympa ; on décide de se la jouer à la routarde et de rester là ! Les sacs déposés nous repartons visiter le Wat Phou 'le' temple khmer du Laos dont les travaux sont suivis par la France et l'Italie. Des jeunes aident Aloun à descendre le scooter, Nathalie ne pourra pas accéder au sanctuaire principal perché sur la montagne mais pourra tourner autour du site et s'en faire une idée ; Elle a soif d'indépendance et décide de rentrer seule en scooter à la guesthouse : Aloun est inquiet, il pense aux 10km sur cet engin, Evelyne et Gaëlle le sont moins, elles commencent à connaître l'opiniâtreté de leur amie par contre elles n'aiment pas découvrir dans leur sac son porte monnaie et le nom de la guesthouse ! Si dans une heure, elle n'est pas rentrée, elles iront en vélo à sa rencontre. Soixante minutes plus tard, Nathalie est de retour, ravie de sa virée et des photos qu'elle a pu faire tout au long du chemin.

Après un dîner sympathique sur la terrasse à discuter avec des français de passage, dont David, la mise au lit sera détonnante : Nathalie et Gaëlle s'écroulent sur le lit qui en perd un pied... Eclats de rire général, aucun mal !

Lundi 14 mars
Nathalie a passé une nuit de merde... le lit trop dur, en creux... galère ! Nous aussi d'ailleurs... Conséquence, on traîne ce matin et Alloun nous attend... On décolle tard et on file voir les éléphants... Le Laos est le pays des 1000 éléphants, nous n'en avons vu aucun. On pourrait faire une petite ballade d'une heure mais nous estimons que c'est trop compliqué à mettre en oeuvre pour si peu de temps. On opte pour une pause tranquille dans un petit restaurant chic face aux éléphants qui paissent tranquillement dans le champ face à nous. Le lieu est superbe, la cuisine bonne, la facture douloureuse : nous sommes au Kingfisher Ecolodge près de Ban Khiet Ngon, une structure créée par un couple lao-italien il y a quelques années. On quitte le lieu pour Siphandone, les 4000 îles...

Après un peu plus d'une heure de route, nous arrivons au bord du Mékong où nous attendent Mathieu – le directeur de notre guest – l'un de ses amis Darren et un chauffeur de bateau. C'est parti pour une heure folko pour charger sur le bateau, sous les yeux de quelques locaux venus admirer le transfert de Nath et de ses engins dans la barque... « Think different » serait-on tenté de penser... Alors qu'on ne voit pas comment charger le scooter dans la barque, Nathalie se rappelle que d'une part le siège de 30 kg peut être enlevé et que d'autre part le guidon peut se replier sur l'engin... On craignait le repli stratégique ou l'abandon provisoire du scooter... Mais on a pu tout embarquer et tout cela dans la bonne humeur !

Traversée simplement belle, nous débarquons sur Don Det, Little Eden, la guesthouse est agréable, c'est parti pour trois jours de paradis...

Comment résister à l'appel du coucher de soleil dans une auberge qui fait, de ce spectacle, sa publicité ! Evelyne avait gardé de son passage sur l'île de Don Det le souvenir de cette terrasse, du 'sunset' sur le Mékong et du propriétaire d'origine belge... Quatre ans plus tard, elle retrouve tout, ravie de partager ces petits plaisirs. Les filles invitent à leur table Suzanne, une enseignante québécoise qui intervient en classe primaire « à l'âge où les enfants ont un sourire édenté » !


Notre chambre est spacieuse tout comme la salle de bain... Dommage qu'il y ait ces quatre marches pour accéder au perron, ça nous oblige à systématiquement demander de l'aide pour que Nathalie puisse y accéder... Mathieu, le propriétaire, nous promet un sommier pour le matelas de Nathalie, posé cette nuit à même le sol, nous voulions une chambre pour trois.

1003 – 1103 : Evelyne, Gaëlle et Nathalie, enfin Paksé (es)... Félicie aussi !

Jeudi 10 mars
C'est donc par voie terrestre que nous passons la frontière Thaïlande-Laos : arrivées à 17h30 au poste frontière, nous franchissons la première étape avec tous les passagers du bus et quittons la Thaïlande sans encombre. Seules touristes occidentales du bus, nous sommes aussi les seules à avoir besoin d'un visa, délivré sur place, pour entrer au Laos : un formulaire à remplir, une photo d'identité, 30$ + 1, 10 minutes, le tour est joué ! Gaëlle n'apprécie pas cette ponction supplémentaire (pour horaires de bureau dépassés !) des agents, Evelyne est plus fataliste : 4 ans plus tôt, c'est pour cause de week-end que deux dollars supplémentaires lui avaient été réclamés...

Une petite heure de trajet dans le même bus et nous sommes déposées à la gare routière de Paksé, à 2km du centre ville. Les moto-taxi nous prennent d'assaut et les prix enflent pour les occidentaux. Evelyne négocie dur pour ne rien obtenir, paie 40bahts (2€) pour le transfert à l'hôtel et se mord les doigts de honte quand elle prend conscience d'avoir bataillé pour si peu alors que le Paksé hôtel est l'hôtel le plus cher de la ville et qu'il va leur coûter 15 fois plus cher que ce simple transfert !

Le Paksé hôtel est dirigé par un français qui s'avère originaire de Lisieux ; notre chambre est agréable, la vue du 4ème étage est belle, nous avons TV5 monde et c'est un luxe !
Nous retirons 1 000 000 de kips – maximum autorisé - à un distributeur automatique de banque : nous sommes millionnaires, pour en fait l'équivalent de 90€. Pourvues de monnaie locale, nous pouvons tranquillement découvrir la gastronomie de rue : noodle soup au boeuf ! A priori toute l'Asie s'est transmis la même recette basique ! Gaëlle espère juste que ce n'est pas du chien, il paraît que malgré l'interdiction officielle, sa dégustation perdure... Tout près du restaurant et de l'hôtel manifestation sonore : un spectacle de danse et de musique maillant le traditionnel et le sirupeux actuel : on ne s'y attarde pas et pas d'inquiétude, les laos se couchent tôt et dès 22 heures tout sera terminé. Un petit tour au marché couvert où les derniers commerçants ferment leurs boutiques, on achète une carte SIM laotienne pour le portable et un crédit téléphonique : pour 120 000 kips (10€90), nous disposons d'un numéro laotien et restons en lien avec la France.

Vendredi 11 mars
Petit-dej' buffet inclus dans le prix de la chambre ; Gaëlle se jette sur les pancakes, crêpes, pain perdu, cakes et fruits frais... On va arrêter avec le luxe, c'est vraiment incompatible avec un régime !...

Nous avons rendez-vous à l'aéroport de Paksé, Nathalie y arrive de Vientiane à 7h45. La veille nous avions choisi la voiture à même d'assurer ce transfert : Notre amie est myopathe et voyage avec deux types de chaise, une manuelle classique - qu'elle ne peut actionner n'ayant pas suffisamment de forces dans les bras - et un scooter électrique qui lui apporte un maximum d'autonomie mais pèse 90 kilos. Avec les autres bagages, c'est un pickup qu'il nous faut pour circuler ! Deux employés de l'hôtel nous accompagnent, nous assistons à la descente d'avion : folko ! Cinq personnes entourent Nathalie et s'interrogent sur son portage. Dans sa belle robe rouge, impossible de la louper ! Evelyne fait connaissance physiquement d'une jeune trentenaire souriante et en pleine forme qui s'enthousiasme sur l'accueil reçu la veille, à Vientiane, dans la famille d'un collègue de travail laotien ; elle a bénéficié d'une réception de star avec bouquet de fleurs à l'arrivée, six personnes pour l'entourer et une soirée de rêve dans la famille où elle a passé la nuit.



La configuration du Paksé Hôtel facilite l'accès aux personnes handicapées : passage incliné par le parking, ascenseurs, chambres et salles de bains spacieuses... On dépose tout le 'barda' dans la chambre 'family' aux deux grands lits et nous repartons pour le Jasmin restaurant, autre célébrité locale pour se caler sur la terrasse et préparer la logistique de notre circuit au Laos : Pour Evelyne et Gaëlle, la seule possibilité de circuler reste la voiture particulière, même si le budget 'routard' doit en pâtir, le handicap empêche l'utilisation de moyens de locomotion classiques ; les bus locaux sont petits et surchargés, difficile d'imaginer y intégrer un scooter de 90 kilos et de faire la chaise à porteur dans les allées... Nathalie, pour l'avoir déjà pratiqué, estime que ce serait possible... On discute avec deux français installés ici depuis quelques années : l'un est pensionné pour invalidité, l'autre en retraite ; ils nous donnent quelques tuyaux et nous invitent à faire confiance à Jérôme, le directeur français du Paksé hôtel... Et c'est effectivement Jérôme, et sa jeune collaboratrice Éliane qui répondront à nos besoins plutôt pointus : location d'un pick up avec chauffeur à raison de 85$ par jour (+ essence) et d'un transfert Paksé/Vientiane le 19 mars pour 350$. Certes le budget explose mais la tranquillité que cette solution apporte vaut bien ce 'sacrifice' financier, au demeurant relatif.

Dîner tranquille dans un petit restaurant du coin de la rue puis Gaëlle et Evelyne apprennent les premiers gestes techniques pour rendre l'environnement de Nathalie le plus confortable possible...

0903 - 1003 : SURIN, la vie de tous les jours

Mercredi 9 mars
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Évelyne ! 58 ans, ça se fête ? On va aller dîner sur le marché nocturne pour l'occasion !
On quitte la maison de Pirom et d'Aree ce matin, Gaëlle veut essayer un hôtel où moustiques et autres insectes ne pullulerons pas dans la chambre : les fourmis et autres bébêtes dans le lit, ça va un temps mais trois nuits plus tard, les jambes hérissées réclament plus de confort ! Si cette guesthouse est mignonne, elle n'a rien d'exceptionnel. C'est un peu excentré, donc une fois qu'on a dîné, ne reste plus qu'à bouquiner, dormir ou discuter avec le seul visiteur présent hier soir. Un voyageur de chez voyageurs ; un allemand de 23 ans qui voyage avant de reprendre ses études. Parti début janvier, il se ballade un peu par accident en Asie du sud est : il envisageait la Chine et le Tibet mais des histoires de fermeture de frontière l'en ont empêché : il a dû se rabattre, avec ses vêtements d'hiver, sur l'Asie du Sud Est : excellente soirée à discuter avec lui.
Bref, nous quittons notre guesthouse pour le Surin Sangthong Hotel situé en centre ville, à quelques pas de la gare ferroviaire et du marché de nuit. Un tuk tuk nous dépose à l'hôtel où l'on s'installe... devant la télévision jusqu'à ce que notre estomac réclame de nouveau sa ration : on tente le petit restau chinois ultra propre du coin de la rue ; on y va au feeling dans le choix des plats, Évelyne réclamant la même chose que leur voisin et Gaëlle tentant subtilement de mélanger un œuf, du porc, une sauce rouge et du riz blanc... Pas mauvais, mais insuffisant : on va s'enfiler une glace dans un petit café repéré par les deux gourmandes !
Une fois repues, nous nous recherchons un accès internet, notre réceptionniste nous indique le troisième étage du centre commercial à 200 mètres de là ; on pense d'abord s'être trompées, on atterrit dans un espace qui semble « réservé » aux ados de Surin : cinéma, bowling, aires de jeux vidéo, caissons de karaoké... Mais Internet est bien là, 20 bath l'heure, le tarif le moins cher jamais trouvé ! On y passe deux heures et au moment de repartir on s'arrête devant une vitrine de la galerie du centre commercial : deux jeunes thaïs les pieds dans des bacs remplis de petits poissons qui viennent leur butiner les orteils ; les petits poissons qui mangent les pieds, ce n'est pas réservé aux lieux touristiques comme Khao San Road ! Nous tentons l'expérience, Gaëlle est prise de fou rire communicatif, c'est l'hilarité totale dans le salon : les p'tites bêtes chatouillent... Nous passons ½ heure ainsi, les pieds dans un aquarium à nous faire dévorer les peaux mortes par des piranhas inoffensifs...
Le soir, nous nous baladons dans le marché de nuit : une allée consacrée à la nourriture, une autre aux vêtements, chaussures et autres gadgets vestimentaires... Pas ou très peu d'occidentaux... On regarde, on goûte à tout ou presque, on laisse les crickets et autres vers, on se régale, on boit des jus de fruits... A 20 heures les premières échoppes remballent, à 23 heures nous sommes couchées, la télé repasse le même navet, un film d'épouvante - un monstrueux squelette-fantôme transforme en poussière tous les humains passant à sa portée - vu en matinée, on a donné !

Jeudi 10 mars
Choix tragique ce matin : va-t-on à Ubon en train ou en bus ? Pirom nous a recommandé le train plus économique et plus confortable... A la gare, on nous vend un billet pour un train qui part à 07 heures mais qui a déjà deux heures de retard annoncé ! Il est 6h30, ça nous laisse le temps d'aller prendre un café, voire un petit déjeuner.. D'accord mais le petit café du matin ce n'est pas très thaï et dans les échoppes ouvertes c'est surtout des odeurs de soupe à la viande qui nous chatouillent les narines et si tôt, nous apprécions modérément ! Le café occidentalisé repéré ouvre à 07h30, on y passe une heure tranquille avant d'aller attendre sur le quai de la gare un train qui aura finalement trois heures de retard.. On apprend à méditer sereinement et à lâcher prise ; on est sur les rails. Si si ! Bon l'ordinateur portable avec une autonomie de 6 heures ça aide un peu... Le 'spider' n'est pas loin, Gaëlle adore cette bébête-là, presque autant que sa pince à épiler ! Dans l'immédiat, notre interrogation se réduit à : « arriverons-nous à temps pour prendre le bus de 14H30 pour Paksé ? ». La réponse est oui ! Nous y sommes arrivées : un autocar VIP international part à 15h30 ; heureusement parce que le bus de ville n°2 qui pour 20 bath nous emmène de la gare ferroviaire d'Ubon à la station de bus met près d'une heure pour traverser la ville... Un peu stressant ! Bon maintenant vous changez de pays avec nous, parce que nous sommes en route pour le Laos !

0703 - 0803 : SURIN et les temples khmers

Lundi 7 mars
Programme de la journée ? On improvise ! Pancakes et salade de fruits au petit déjeuner dans le jardin de notre guest ; on va 'en ville' pedibus ! Première halte : Farang Connection, un café internet dirigé par un expatrié britannique depuis quelques années ; ambiance 'désagréable' : de mâles occidentaux de 60 ans et plus, bedonnants amateurs de bières et de jeunes femmes thaïs, une restauration internationale insipide et chère... Mais la wifi est gratuite et le lieu propre, nous y passons la matinée à poster quelques messages sur le blog et à répondre aux mails...
Aux heures les plus chaudes (13h30), - touriste 'farang' oblige – nous partons en quête de Saren Travel, l'agence de voyage recommandée par le Guide du routard ; pas facile à trouver, notre plan de ville est confus, les jeunes vendeurs d'un magasin d'électroménager se plient en quatre pour nous aider ; ils sont adorables ces jeunes hommes :-) … Eux aussi semblent avoir un peu de mal à se situer sur notre carte, ce n'est pas une histoire d'orientation... Enfin si un peu, Gaëlle voyait la gare à l'opposé !
On finit par trouver l'agence et nous réservons une voiture avec chauffeur pour le lendemain ; la directrice nous conseille de poursuivre notre après-midi avec un body-massage dans l'institut d'une amie, enseignante reconnue de cette pratique, situé à 300 mètres de là. Le body-massage se pratique habillé : on enfile une sorte de pyjama, puis on nous lave les pieds avant de nous inviter à nous allonger sur des nattes. Ce massage : un vrai bonheur. C'est fou ce que les masseuses donnent de leur personne (pas d'ambigüité !) ! Elles massent avec leurs pieds, leurs coudes ! Super agréable néanmoins quelquefois un peu douloureux ! On a oublié de prendre l'adresse mais si vous passez par Surin, les 180 bath (4€50) pour une heure de massage valent vraiment le détour ! (En sortant de l'agence, prendre à droite la rue qui fait l'angle de la boutique, marcher 200 mètres ; le massage est dans la première rue à droite, sur le trottoir de gauche. Vous visualisez ? Avec un plan, ce n'est pas plus facile...)
Une rapide visite au temple-monastère de la ville construit en hommage au roi et nous rentrons à la guest déguster le poulet-curry au lait de coco d'Arees. Nos soirées sont courtes, généralement à 21heures, nous sommes couchées, ainsi en fut-il !

Mardi 8 mars
Petit déj' copié/collé sur la veille : la même excellente pancake accompagnée d'une salade de fruits, les papayes du jardin sont succulentes !
Nous avons rendez-vous à 8 heures au bord de la route avec notre chauffeur qui arrive quelques minutes plus tard : il ne parle pas anglais ou si peu : nous n'aurons pas le loisir de discuter avec lui. Dommage ! En tout cas, nous profitons du luxe de cette voiture. Si elle n'est pas toute récente – 200 000 km au compteur – elle donne le change et la clim. froide en ce début de matinée, est appréciée ultérieurement. C'est donc parti pour une journée à visiter trois autres temples de la civilisation khmère : Prasat Phanom Rung, Muang Tham et Prasai Ta Muan. Dans le sud de la province, très proche du Cambodge, les deux premiers temples sont séparés de 8 km. Avec Phimai et Preah Viharn, ils forment les quatre joyaux khmers de l'Isan.
Au Phanom Rung, nous découvrons dans un bassin très sale des tortues, l'une d'elle est particulièrement troublante, toute jaune, sans carapace semble-t-il... Tortue albinos ? Pas très belle, dans la réalité ou sur les photos, mais les goûts et les couleurs en matière de tortue ! Quelques minutes plus tard, c'est nous qui sommes l'objet du mitraillage d'appareils photos : un car de touristes thaïlandais nous assaille pour être pris en notre compagnie... Curieux ce vedettariat soudain !
Après Phanom Rung édifié sur un ancien volcan et Muang Tham et ses beaux bassins d'eau, nous allons visiter Prasat Ta Muan : ce dernier temple est plus isolé, peu fréquenté ; dans un cadre sauvage, à quelque 60 km des deux premiers, nous sommes à la frontière cambodgienne. Outre les militaires de chacun des deux pays, nous y croisons un groupe de touristes cambodgiens ; une femme nous accoste, elle parle un peu le français et nous explique que ce temple appartient à son pays et que la Thaïlande se l'est injustement approprié. Elle se dit très en colère contre cette situation. Il est vrai que Thaïlande et Cambodge multiplient les escarmouches autour du Prasat Khao Preah Viharn situé en territoire cambodgien mais plus accessible aux touristes depuis la Thaïlande. Le mois dernier, des tensions sérieuses ont causé la mort de quelques militaires et civils...
Avant de nous déposer à Surin, nous demandons à notre chauffeur de faire un crochet à Ban Tha Sawang, un célèbre village de tisserandes, à 7 km de là. Réputé pour sa production de soie, il est petit, propret et plutôt 'touristique' : nous sommes impressionnées par le travail de ces femmes autour du métier à tisser et du nombre de personnes nécessaire à la fabrication d'une seule pièce de tissu, elles sont jusqu'à cinq sur une même machine ! Et quelle patience et minutie il faut avoir ! Nous regardons les tissus sans coup de foudre, nous repartirons sans soie de Surin !
De retour chez Pirom et Aree, nous passons un coup de fil à Nathalie, elle prend l'avion demain matin ! Nos retrouvailles sont proches !

0503 - 0603 : Prasat Hin Phimai, prétexte pour photos

Samedi 05 mars
07H50 deux voitures quittent la guesthouse ce matin avec leur chargement de routards : la première les emmène vers la gare ferroviaire, la seconde vers la gare routière ; nous sommes dans cette seconde voiture qui nous dépose à un arrêt de bus : premier tronçon Pak Chong/Khorat, 1 heure de route. Dans la foulée, nous poursuivons avec un autre autobus qui nous dépose deux heures plus tard, sous un soleil de plomb, à Phimai une petite ville de l'Isan, la région est de la Thailande, l'heureuse détentrice du plus beau temple khmer de Thaïlande... La Old Phimai Guesthouse n'est pas facile à trouver : ni l'explication du Guide du routard, ni le plan du Lonely Planet nous éviterons de tourner dans cette bourgade à la recherche de cette auberge... Marrante au demerant, un vrai bazar, 370 baths la chambre double avec air conditionné mais sans salle de bains... Nous déposons nos sacs et partons en quête d'un restau puis courageuses - craignant surtout de ne pas avoir le courage d'y revenir - nous allons visiter « le » musée khmer de Phimai... Son aspect nous réconcilie avec la culture institutionnalisée... elle était tellement peu éclairée et poussiereuse en Birmanie que nous avions oublié qu'un musée pouvait être lumineux, agréable et frais... La chaleur est accablante et nous rentrons attendre dans notre chambre que le soleil darde un peu moins ses rayons... C'est vers 16 heures que nous visitons la petite merveille qui nous amène ici : le Prasat Hin Phimai le temple qui aurait servi d'esquisse à celui d'Angkor Vat... Même symbolique, la transition entre la terre et le ciel, les humains et les dieux, un temple consacré à Bouddha mais toujours quelques réminiscences de la cosmogonie hindouiste... Nous nous amusons à répondre aux demandes de 'papy' qui veut des photos de nous 'in situ' ; nous nous mettons en scène, on se regarde et on se mitraille... et au passage découvre ce lieu superbe, annonciateur de notre séjour à Siem Reap et aux temples d'Angkor programmé pour mi-avril...

Ballade dans la petite ville de Phimai à la recherche d'un restaurant qui s'avèrera fermé définitivement ; nous nous rabattons sur le marché de nuit et les stands de restauration qui y abondent... Mais si mignonne soit-elle la ville de Phimai ne nous retient pas, nous décidons de reprendre la route demain pour Surin.

Dimanche 06 mars
Notre premier bus quitte Phimai à 08:50 : il est plein, nous faisons le trajet debout dans l'allée centrale – il nous dépose 1h1/2 plus tard à Khorat ; le second démarre cinq minutes plus tard, il est vide, climatisé, confortable : nous sommes à Surin à 15 heures. Un tuktuk nous emmène chez Pirom-Aree's house nous sommes les seuls clients, la saison touristique se termine, la semaine prochaine ils ferment pour 15 jours de vacances... Accueil cordial du couple de retraités qui nous héberge dans sa jolie maison en bois ; notre chambre est grande et agréable même si la salle de bain est à l'extérieur;... Dans l'immédiat on se relaxe dans cette grande batisse isolée de la ville mais entourée d'un jardin rafraichissant avec un hote cultivé et une hotesse bonne cuisinière mais les excursions de la journée sont chères (2500baths/jour/personne soit 62,5€) ; demain nous allons en ville rechercher des modalités de découverte des environs plus économiques...

0403 : Touristes en tongues dans la jungle thaïlandaise...

Levées aux aurores, motivées pour une ballade dans la jungle, nous découvrons nos compagnons d'aventure attablés pour le petit-déj' … Euh ! On a peut-être fait une bêtise, tongues au pied, on n'ose poser la question au guide qui chausse ses rangers ! In extremis, j'enfile un pantalon , tongue et short, ça fait peut-être trop ! On monte dans le pick-up avec cinq français et deux anglaises en mini-short mais tennis au pied... Avant de refermer le coffre sur nous, notre guide nous demande si l'on a des chaussures de marche ; j'affirme avec une certaine arrogance « je n'ai pas d'autres chaussures, je ferai ce treck en tongues, j'en ai déjà fait un et je marche très bien ainsi ! »... Il encaisse et quand maman va humblement lui préciser que nous n'avons pas d'alternative d'une part, qu'on (le guide du routard !) ne nous avait pas prévenu d'autre part, il répond de façon cinglante : « très bien, j'espère simplement que vous aurez de la chance » ! Gloups !

Après trois quart d'heure de route, les voitures stoppent et des guêtres de tissu blanc sont distribuées à chacun des passagers : elles doivent être enfilées par dessus les chaussettes et nouées sur le pantalon... Objectif : protéger des tiques et des sangsues... Mais évidemment les connes en tongues n'en bénéficieront pas ! Je n'étais déjà pas très fière de moi en montant dans le pick-up, je le suis de moins en moins en les voyant se protéger ainsi... Maman commence à baliser et se demande si l'on ne va pas rester dans la voiture, nos compagnons s'interrogent sur ces citadines... Nous remontons dans les voitures, je joue à la Mc Giver en déchirant un bout de plastique que je resserre au pied de mon pantalon... Le guide semble faire la gueule, avec sa machette, il va la jouer Indianna Jones, jusqu'au milieu de l'après-midi. Dans la plaquette descriptive de la journée il est prévu de voir des scorpions, des macaques et des gibbons, des serpents, des oiseaux dont des toucans et surtout des éléphants sauvages...

Deux heures plus tard nous circulons toujours en voiture avec des arrêts brusques quand notre Indiana voit quelque chose : nous finissons par le suspecter de justifier ces arrêts à postériori en découvrant un oiseau ou un lézard..; vers 10h30, nous pénétrons dans le vif du sujet, la jungle ! Petit sentier de randonnée, ça me soulage, s'il reste comme ça, c'est pas méchant ! Plus je m'enfonce, plus je me dis : « jusqu'ici tout va bien ! », « t'as pas le droit de te casser la figure... »... Ces discours internes ne m'empêchent pas d'admirer la luxuriante végétation. Soudain, le guide stoppe, s'accroupit et à l'aide d'un bout de liane vient titiller l'intérieur d'un trou... Quelques secondes plus tard, il en ressort un énorme scorpion bleu... Il le pose sur la poitrine de Marie-Paule qui se fige... Nous, on mitraille... de loin, avec les zooms ! Le scorpion reposé devant sa tanière (pour le groupe suivant ?), nous poursuivons cette marche tranquille... Je surveille juste un peu plus mes pieds nus ; Maman et moi sommes sous les projecteurs lorsque nous devons traverser un passage boueux sur lequel Laurie vient de se casser la figure... Comment vont-elles s'en sortir ? Brillamment ! Nous passons l'épreuve avec succès et le groupe se déride : ça va ! La mère et la fille n'ont pas l'air aussi chieuses qu'elles le paraissaient ! La 'rando/ballade' se poursuit ; nous traversons une clairière et notre guide tape dans les crottes des éléphants sauvages pour évaluer leur fraicheur... Vers 13 heures, attendus par le chauffeur de notre pick-up, nous déjeunons au sommet d'une gérite d'observation pour noter l'absence des éléphants... Les anglaises nous offrent un joli spectacle : en voulant faire pipi dans les herbes hautes, elles n'ont pas remarqué que de notre observatoire nous avons une vue directe sur elles. Crise de fou rire à l'étage mais pudiquement personne ne touche à son appareil photo !

On passe la suite du trek en voiture, tous se déchaussettent !... Pause d'une heure près d'une cascade sans grand intérêt et au moment du sunset chasse à l'éléphant ! Les crottes fraiches sont sur la route, ils ne sont pas loin... mais jamais notre Indiana ne les trouvera, il en est fort marri... Et ce d'autant qu'en fin de journée il comptabilise au moins cinq tiques sur lui : « c'est parce que j'étais le premier et j'ai donc tout pris ! » Merci, grâce à lui, nous avons eu de la chance, il ne nous est rien arrivé !

Retour de nuit, il fait frais mais nous sommes tous ravis de cette journée meme si la poursuite des éléphants finissait par nous lasser ; nous avons vu : 1 toucan, 1 lézard, 1 scorpion, 1 serpent, 1 araignée à cornes, 1 aigle, 1 oiseau bleu, quelques singes et d'autres animaux à quatre pattes de la famille des cervidés... Donc hormis les éléphants, le programme a été respecté et on a passé une bonne journée à découvrir nos compagnons de ballade : Marie-Paule et Jean-Pierre, Arnaud, Laurent et Laurie... Dans l'autre voiture, les deux anglaises et les cinq allemands vivaient leur vie, nous les croisions ponctuellement, nous nous sommes tous retrouvés au diner à préparer les départs du lendemain.

0203 - 0303 : D'une jungle à l'autre

Mercredi 2 Mars
C'est ce qu'on appelle une journée à glandouiller... Un ou deux posts rédigés, quelques photos triées, une pédicure effectuée (150 baths soit 3,75€)...  Ultra productif quoi ! Maman est venue me tirer de la sieste pour aller diner. Nous sommes allées au petit restau qui m'avait déçu lors d'une sortie avec Seb et ses potes un mois plus tôt, pour lui donner une seconde chance ! Pari gagné, succulente soupe pomme de terre/curry poulet ! (Je n'ai pas l'adresse sous la main, mais dès que je retourne à BKK, je la note pour vous la transmettre !). Nous sommes attablées près d'un couple d'antiquaires français qui nous confirme adorer ce restau et en avoir fait leur cantine depuis des années ; nous discutons de leurs multiples voyages et de l'évolution du pays où ils vivent une partie de l'année : le Laos. Peut-être les croiserons-nous d'ici quelques semaines là-bas ou à Shanghai  !

Jeudi 3 Mars
C'est reparti pour un tour ! Nous allégeons nos sacs à dos en allant déposer dans la consigne d'un wifi bar israélien bien connu de Gaëlle, un sac contenant des livres, vêtements, chaussures... ; il y restera jusqu'à notre retour du Laos, voire de l'envoi d'un colis en France après le Cambodge. Coût de l'entreposage : gratuit les 3 premiers jours, 5 baths les jours suivants.
A 10:30, branle-bas de combat ! Erreur classique ! Evelyne a oublié sa clé USB dans le cybercafé où elle a fait imprimer des documents la veille ; ce genre de plaisanterie lui est arrivé trois fois pendant son précédent voyage... Cette fois-ci elle l'a retrouvée ! Amis routards : avez-vous un tuyau pour ne pas se faire piéger aussi bêtement ?
A 11h, nous hélons un taxi pour la gare ferrovière. (63baths/1,60€) ; achat du billet de train : 36 baths par personne soit moins d'1€ pour 4 heures de transport, moins cher que le taxi ! Ce n'est pas cher, mais pas super confortatble non plus... les sièges sont des banquettes plutôt raides et dures et l'absence de climatisation se ressent, il doit faire au moins 35° à l'ombre !
Objectif : quitter la jungle de Bangkok pour aller visiter une vraie jungle, celle d'un des plus beaux parcs nationaux du monde : KHAO YAI l'un des plus grands du pays, inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco ! donc demain  on va chercher les 800 espèces animales dont il regorge...
Dans l'immédiat, il est 18 heures, on sirote un shake au café amazone - superbe petit lieu, avec wifi gratuit - on chasse les moustiques et on observe les crapeaux buffles dans le bassin devant nous : plus que 798 espèces à découvrir demain...
Café Amazone
"c'est dur la vie de nous !" Annie B.

2802 - 0103 : Sawat Di Kha Bangkok !

Lundi 28 février
A l'heure, dans un aéroport ultra moderne l'airbus 330 d'Air Asia dépose ses quelque 200 passagers... Formalités de police, obtention directe d'un visa touriste d'un mois, on récupère les bagages et on partage un taxi avec un coréen d'une quarantaine d'années rencontré dans le train pour Mawlawine... Dès l'arrivée on est choquées par le contraste entre Yangoon et Bangkok : des batiments ultra modernes, une autoroute superbe, des voitures récentes et 'flashy' et d'immenses panneaux publicitaires polluant le ciel tout bleu... Heureusement que la clim fonctionne : il doit faire 35°, « au moins 8000 » dirait quelqu'un
Evelyne est ravie elle retrouve sa chère Lamphu guesthouse qui l'a hébergée pendant son séjour en 2006/2007 : légère déception, elle aussi a un peu vieillie ! Mais la douche reste chaude et la laundry toujours aussi économique et facile d'accès. A 13 heures, nous retrouvons Annie qui nous raconte la suite de son périple alors que nous l'avions laissée s'envoler seule pour Mandalay et Bagan : elle est tombée amoureuse de la Birmanie et envisage d'y revenir dès l'année prochaine... Alors que nous discutons tranquillement dans la cantine de Gaelle, c'est Gilles qui nous rejoins un peu par hasard et l'on entame une grande conversation avec le couple de la table voisine qui revient d'Inde, où il vient de passer un an avec Gaïa leur petite fille de 28 mois... Evelyne et Annie s'échappent pour aller chez le coiffeur Gaëlle et Gilles partent à la chasse aux tshirts... drôles ! Ils croisent Hélène, avec qui elle avait déposé sa demande de visa birman 5 semaines plus tôt : trouvant le pays trop cher, elle n'est restée que deux semaines en Birmanie... Quelques minutes plus tard, ce sont deux des québecoises rencontrées à Rangoon et Mandalay que Gaëlle retrouve attablées à la terrasse d'un café sur Rambuttri... Le monde de Kao San Road est le noeud de communication de Bangkok, elle-même plateforme de tout voyage en Asie... On parle de ghetto pour évoquer ce quartier où se retrouvent les touristes, les voyageurs, les babas cools et moins cools, les occidentaux en mal d'exotisme mais en besoin de repères familiers... On aime ou on déteste : les filles aiment, Gilles déteste, il a choisi un hébergement à perpete les oies !... Il faut dire que sur quelques centaines de m2 tout est à disposition : outre des hébergements et des restaurants pour toutes les bourses, on y trouve des vêtements pour s'habiller à bon marché, des massages honnêtes pour décompresser, des agences de voyages pour réserver bus et avions pour la Thailande et les pays alentours, des bus partant au pied de votre guesthouse et beaucoup, beaucoup de thais... pour se mettre au service de ces 'westerns' toujours plus riches qu'eux !
Kao san road c'est aussi le lieu des arrivées et des départs : Annie prend l'avion ce soir pour rentrer dans le sud de la France et Gilles demain : avec Gaelle, ils vont passer une soirée en tête à tête au restaurant de la tour Boyotte pour conclure ces vacances birmanes passées ensemble.

Mardi 1er mars
On est à la bourre ! Nous n'avons pas rédigé régulièrement nos messages sur la Birmanie, pire on n'a pas envie de le faire aujourd'hui ! Nous allons faire les magasins au Siam center et on s'offre une robe, deux tuniques et un pantalon ! Comment ça vous vous en moquez ? Que Gilles n'ait même pas investi dans un tshirt pour remplacer celui complètement bouffé par le sel de sa transpiration pendant le trek et sur lequel on lisait difficilement « konass » ? Qu'Evelyne et Annie soient allées chez le coiffeur hier après-midi, ça ne vous intéresse pas non plus ? Et si je vous dis qu'on m'a coupé les cheveux pour 150baths (3,75€)... C'est plus intéressant ?
Bon en clair, on fait une pause, on n'a même pas sorti l'appareil photo depuis deux jours, c'est dire la flemme qu'on se tient ! On n'a pas grand chose à raconter, tout va bien... On finit les messages et on repart vers l'est de la Thaïlande et le Laos après-demain... On pense à vous, fait trop chaud ici, « au moins 8000 »...

SYNTHESE BIRMANE

En cours d'écriture - XXXXXXXXXXXXXXXX

2602 - 2702 - 2802 : Yangon again

En cours d'écriture - XXXXXXXXXXXXXXXX

2402 - 2502 : Bago, les moines mangent aussi

En cours d'écriture - XXXXXXXXXXXXXXXXXXX

2302 : Mawlamyine, les moines volent

Mercredi 23 février
A l'heure du petit déjeuner, particulièrement médiocre au demeurant, le propriétaire du lieu, Yvan, nous emmène sur des terrains très spirituels en évoquant le vol de trois bonzes illuminés : il nous montre la mauvaise photocopie d'un article de journal sur lequel on croit apercevoir une foule, les yeux tournés vers le ciel. Yvan, nous explique qu'en 2003, trois bonzes qui avaient atteint l'étape ultime de l'illumination, se sont envolés depuis la pagode Schwedagon et ont plané pendant ¾ heure sous le regard de milliers de fidèles comme la coupure de presse le prouve ! Les photos, prises par les  fidèles, ont toutes été voilées et le photographe officiel n'a pas eu, in fine, l'autorisation des moines de publier les siennes. Notre interlocuteur nous précise que la Birmanie est un très haut lieu de spiritualité, le bouddhisme y est resté pur et plusieurs grands maîtres y atteignent des degrés d'illumination comme nulle part ailleurs. Troublées par cette histoire tirée par les cheveux, nous décidons d'aller sur l'île Shampoo (si! si!) visiter le monastère qui s'y trouve ! On commence par beaucoup marcher, l'ïle est au bout de la ville qui s'étire en longueur et l'échelle de la carte fournie a aussi pris des distances. On finit par trouver l'embarcadère, un passeur professionnel nous emmène sur la petite île à quelques dizaines de mètres de là. L'ile Shampoo est minuscule et n'abrite qu'un monastère d'hommes et de femmes ; nous nous promenons à travers les pagodons, statues et autres hébergements monacaux. Les habitants vaquent à leurs occupations, jardinent ou font la cuisine. L'atmosphère est tranquille, rien de remarquable, pas le moindre 'moine au'...dessus de nos têtes !
De retour sur la terre, nous allons, à pied, à l'autre bout de la ville visiter le musée local : le musée Mon, du nom de l'ethnie majoritaire locale : de jolis objets mais si mal mis en valeur qu'ils perdent presque de leur intérêt : les vitrines sont poussiereuses, mal éclairées... dommage !
Fatiguées par tant d'émotions pédestres, nous rentrons à l'hôtel. Gaëlle se repose dans la chambre, Evelyne travaille sur l'ordinateur dans l'angle d'un couloir : des français viennent visiter une chambre contigüe, elle entend un merveilleux accent français : « no fenêtre in the room... Oh it is not important » ; quand ils reviennent s'installer, Gaëlle tombe dans les bras de Marie-Thérèse et Robert : ils se sont rencontrés à Bangkok, à l'ambassade du Myanmar pour y déposer leurs demandes de visa. Retraités depuis plusieurs années, ils voyagent beaucoup, achètent des babioles en Asie, qu'ils revendent sur les marchés du sud de la France.
Nous passons la fin de la journée avec eux, les entrainant voir le coucher de soleil sur la colline sacrée. Nous n'y sommes pas seuls : un groupe d'écoliers tout excités par notre présence, chahute et discute avec nous. Ils veulent se faire prendre en photo et se regarder dans nos appareils numériques ; le jeune instituteur nous explique que c'est le dernier jour d'école, ils sont en vacances demain, la joie est décuplée, le coucher de soleil est magnifique, la soirée belle.

2102 - 2202 : Hpa-An, on est malade...

Lundi 21 Février (après-midi)
Cet après-midi, Evelyne et Gaëlle remontent le fleuve Salouen en direction de Hpa-An, Gilles reste à Moulmein, il retourne sur Rangoon demain, hésite à passer deux ou trois jours sur les plages birmanes. Nous le retrouverons la veille de son départ. Au moment de nous quitter, sur l'embarcadère, il fait tomber son appareil photo dans l'eau du fleuve et avec lui la totalité de ses photos de vacances ! Deux jeunes birmans relèvent leur pantalon et partent à la recherche de l'objet. Depuis le pont, nous observons les deux hommes draguer le fond vaseux et c'est avec joie, soulagement et beaucoup de gratitude que nous les voyons le retrouver ! Si l'appareil est fichu, la carte mémoire est toujours valide : photos sauvées ! Mais décidément le grand bouddha du matin ne nous aura pas bien protégé des maux touristiques... A peine le bateau parti, Evelyne et Gaëlle ont la mauvaise idée de manger des samosas achetés à une jeune marchande ambulante... Avalés, ils restent sur l'estomac de l'une et de l'autre ; Gaëlle profite peu de la beauté de la navigation, elle dort une bonne partie de l'après-midi sur le pont du bateau ; le personnel, via Evelyne, lui donne une lotion à base de baume du tigre pour lui masser le cou et court-circuiter les nausées. Elle va un peu mieux en fin d'après-midi et peut regarder le soleil se coucher sur les massifs de karst et discuter avec un couple de québecois adorables. Au fil des arrêts, les passagers descendent dans les hameaux le long du fleuve et c'est une dizaine de touristes occidentaux qui arrive vers 20 heures à Hpa-An attendus par les employés de l'unique auberge de la ville, semble-t-il... Un peu miteuse cette guesthouse même si le personnel est gentil ! Le manque de concurrence permet également d'augmenter les tarifs : la chambre jaune moutarde est exigue avec une fenêtre donnant sur un mur, salle de bains et toilettes à partager dans le couloir ... Pas de restaurant sympathique non plus, à l'heure du diner, c'est Evelyne qui ressent les effets sournois du samossa.

Mardi 22 février
Nuit difficile, et même si ce n'est pas l'hôtel idéal pour tomber malade, Gaëlle refuse de quitter le lit et passe la matinée dans la chambre. Evelyne, un peu plus en forme, va chercher de quoi déjeuner et voir à quoi ressemble cette ville : la ballade dans les grottes des formations kartiques de la région, c'est exclu évidemment ! L'excursion était à organiser la veille, au pire tôt ce matin... Donc la venue sur Hpa-An, c'est un coup d'épée dans l'eau : nous ne voyons rien de ce qui a justifié ce déplacement et à 13H30 nous prenons un bus pour revenir sur Moulmein... Au moins cette escapade ne nous a pas coûté trop cher : 2$ par personne pour l'aller en bateau, moins de 1$ pour le retour en bus !

Mauvaise surprise à l'arrivée : avant de partir, nous avions pris soin de passer au Breeze hotel pour réserver une chambre avec vue sur le fleuve... Ne nous voyant pas arriver en milieu d'après-midi, l'hôtelier a annulé notre réservation et c'est une chambre sans fenêtre extérieure, carrelée du sol au plafond – très propre – mais avec une lumière blafarde qui nous sera allouée : grrr ! On s'en contentera néanmoins !

Dîner dans un gargote au bord du fleuve, on rentre tôt encore un peu patraques...

1902 - 2002 : En train pour Mawlamyine (Moulmein)

Dimanche 20 février
Aujourd'hui, nous prenons le train pour Mawlawyine, capitale de l'état Môn, quatrième ville du pays par son importance. Nous avons réservé nos billets en première classe hier et sommes ravis de découvrir ce moyen de transport.

On découvre des wagons décrépis dont les sièges sont néanmoins plus confortables que ceux de la majorité des bus. Un ballet constant de marchants ambulants défile dans les allés du train, femmes portant des plateaux de pastèques sur leur tête, des paniers de galettes de riz, de boissons ou d'épis de maïs cuits à la vapeur : aucun risque de mourir de faim durant les 8h de trajet...

Le train va très lentement et nous laisse tout le loisir d'admirer les petits villages qui longent la voie et les paysages magnifiques qui nous entourent. Nous rions beaucoup lorsque notre wagon est pris de soubressauts qui nous font décoller de nos sièges tellement les amortisseurs doivent être usés...

Quand 6h30 plus tard, le train s'arrête et ne redémare pas, on apprend que celui qui nous a précédé a eu un problème et que nous ne repartirons pas avant trois, voire quatre bonnes heures... Hors de question d'attendre dans cette carlingue étouffante ; nous partons à la recherche d'un autre moyen de transport. L'un des passagers du wagon avait fait le nécessaire, une camionnette est trouvée, c'est parti pour deux heures de route serrés comme des sardines à l'arrière du pick-up avec une dizaine d'autre birmans... Maman est écrasée contre les barres de fer, Gilles se cogne la tête contre le toit, une mamie hindo-birmane remonte la manche de mon t-shirt qui tombe sans cesse...

On finit par arriver à l'hôtel réservé par Gilles : le Cinderella, anciennement Shwe Hintha Hotel, le second d'une liste bien pauvre dans le Guide du routard... Maman peste, c'est super confortable mais au-dessus de notre budget et de plus c'est un hôtel gouvernemental ! Nous n'y resterons pas deux nuits...

On sort pour admirer le coucher de soleil sur le large fleuve Salouen et cette ancienne capitale coloniale anglaise (1827-1852) qu'est Mawlamyine : les couleurs fânées et délavées des vestiges coloniaux rendent cette ville très attendrissante. Après cette petite ballade, nous allons dîner au Chan Thar Restaurant, un établissement assez curieux, une immense salle parsemée de piliers, une ambiance amusante et de bons plats. C'est repus que nous allons nous coucher dans nos chambres de luxe...

Lundi 21 février
Ce matin, un taxi nous attend pour nous emmener, 22 km au sud de Mawlamyine, voir le plus grand bouddha couché du monde. La voiture est luxueuse au regard de celles de Birmanie et notre chauffeur pas très bavard. L'allée d'accès au Bouddha est bordée de centaines de statues de moines, en file indienne, tous de près de 4 m de haut et avec un visage différent ! Puis surgit le gigantesque bouddha couché : sa tête regarde vers l'ouest, dans la position du dernier prêche aux moines avant sa mort... Encore en construction, ses proportions sont sans commune mesure avec celles des autres bouddhas du pays, couchés sous des hangars de tôle ondulée. S'il existe un exemple de mégalomanie au Myanmar, c'est bien ce projet ! Presque 200 mètres de long, 34 mètres de haut répartis sur huit étages cloisonnés en 182 pièces, des yeux de métal de 7 m de long. Son maître d'oeuvre n'est pas un milliardaire fantasque mais un simple moine né près de Mudon en 1921, le vénérable Bhaddanta Kesara. Lors d'un rêve, une voix intérieure l'appela à réaliser un glorieux monument dédié au Bouddha. L'homme mène une existence ascétique au sommet de sa colline, d'où il surveille la progression des travaux, souhaitant ardemment les voir achevés avec sa mort... Coup de bol, tous les travaux sont réalisés bénévolement pour occuper spirituellement et concrètement une population qui a bien besoin de projet !

Renforcé par des armatures métalliques, le corps de béton et de brique devrait à terme être entièrement recouvert de carreaux aux couleurs vives. Un escalier mène à une porte située dans la nuque du géant assoupi. Le « monstre sacré » abrite un labyrinthe de salles plus ou moins terminées où la vie de bouddha est illustrée par des scènes et des personnages modelés à échelle humaine. Rapidement, on s'aperçoit du paradoxe du lieu ! Commencée dans les années 90, la partie en brique du chantier est bien fatiguée, et certaines salles plus déjà endommagées. Pourtant, les travaux continuent à côté, comme si de rien n'était...

Après une heure de déambulation dans ce lieu impressionnant mais décidément assez moche, nous repartons en direction de Moulmein, maman et moi avons un bateau à prendre pour Hpa-An!