Mardi 17 mai
Quel plaisir de débarquer à Hong Kong ! Les formalités d'entrée sont la simplicité même : un coup de tampon sur le passeport et l'accès de l'île nous est offert. A l'office du tourisme de l'aéroport, un charmant jeune homme nous remet une carte de la ville et nous indique, dans un parfait anglais, le bus pour Nathan road et le chemin à suivre pour aller, demain, faire notre demande de visa chinois au «China ressources building».
Le bus A21 nous dépose dans Kowloon, on grimpe au 12ème étage du Mirador pour découvrir la Cosmic guesthouse réservée via Internet, au vu du lonely planet. Quand on ouvre la porte de notre chambre, on s'étrangle, Maman étouffe : la chambre fait environ 7m2, une minuscule salle d'eau d'1m2, les bagages posés on ne circule plus : c'est sûr on ne tiendra pas trois jours dans cette cage, il faut pouvoir changer de chambre ! Avec mon plus beau sourire, je vais négocier ce changement, on va l'obtenir dès demain.
Mercredi 18 Mai
Nous prenons le star ferry pour aller à Wan Chai, sur l'île de Hong Kong ; le ferry est une véritable institution chère au cœur des habitants. Pour 2,5$hk/0,22€ on traverse le port en dix minutes, les rotations sont continues.
Au service des visas, on remplit le dossier ad hoc sans difficulté mais lorsque le préposé s'aperçoit que nous sommes françaises, il rajoute une liste de documents à fournir :
1. l'itinéraire imprimé en anglais précisant la durée des séjours dans chaque ville
2. la copie des réservations d'hôtels en Chine
3. le billet d'avion de sortie du territoire
4. le justificatif d'assurance du voyage
On sent que ça va être aussi compliqué qu'annoncé, être à Hong Kong ne rend pas la tâche plus aisée : nous n'avons qu'une réservation d'hôtel pour Pékin, pas de billets de sortie de Chine, ni de contact chinois pour nous héberger ! On décide d'imprimer les documents à disposition mais peu de cafés internet dans les rues, tout est en wifi et les imprimantes sont difficiles à trouver. C'est un hôtel de luxe qui va nous dépanner, il nous ouvre les portes du bureau réservé aux hommes d'affaires. Confortablement installées, nous imprimons itinéraire, assurances, relevés bancaires et mails de réservation d'hôtel. Le service des visas est fermé entre midi et deux heures, il nous faut patienter deux heures. Les restaurants sont cachés dans les étages des rues du quartier, mauvaise pioche pour celui que l'on choisit !
On revient déposer notre dossier, la préposée revêche qui analyse nos papiers y met beaucoup de zèle, réclame les documents exigés et finit par rejeter notre demande. Elle nous confirme qu'effectivement seuls les français 'bénéficient' de ce traitement. Déprimées, on rentre sur Kowloon et c'est la réceptionniste de notre guesthouse qui nous redonne le sourire : elle nous a transféré dans une petite chambre avec deux lits sous lesquels nous pouvons glisser nos sacs mais surtout elle nous confirme pouvoir obtenir un visa moyennant 550$hk/49€, il faudra quatre jours hors week-end ; dans les mesures de rétorsion à l'encontre des français, l'obtention expresse sous 1, 2 ou 3 jours est refusée. En fait une agence de voyage va joindre à notre demande des billets d'avion et des réservations d'hôtels... bidons ! C'est simple et tout le monde est content, les consignes sont respectées, c'est un business comme un autre. Nous n'avons plus qu'à attendre et découvrir Hong Kong !
Jeudi 19 Mai
Fou, notre ami Malaisien rencontré à Sulawesi, nous retrouve à l'hôtel. Son congrès de médecins anesthésistes est terminé, il s'y est ennuyé mais il a aura revu des copains ce qui le satisfait. Connaissant Hong Kong pour y être venu plusieurs fois, il nous emmène au Victoria Peak garden ; un de ses collègues néo-zélandais nous rejoint au funiculaire, le Peak tram. La vue sur la ville est superbe bien qu'un peu embrumée ; nous faisons la balade tranquille de deux heures autour du pic.
Pour nous remercier d'avoir ramené, dans nos bagages, le coutelas qu'il s'était acheté à Rantepao, Fou nous invite au Yung Kee le restaurant cantonnais le plus couru de Central, une étoile au Michelin, l'oie rôtie est sa spécialité : lui et maman se régalent, mon poulet servi froid me déçoit. On digère tranquillement avant de poursuivre en fin d'après-midi nos déambulations dans le « ladies market ». Notre ami est à la recherche d'un sac, il en achètera deux, on l'aide tant bien que mal, nos goûts divergent un peu ! Nos chemins se séparent en fin de soirée, Fou rentre en Nouvelle Zélande, nous rentrons à pied.
Vendredi 20 Mai
On reste dans notre quartier de Kowloon ; la veille nous avons repéré un restaurant de 'dim sum', des spécialités cantonnaises cuites à la vapeur : bon mais un peu cher pour notre budget ! Maman se fait couper les cheveux, elle a été attirée par un prix d'appel de 90$hk/8€. Assise sur le fauteuil, on lui dit que pour ce prix-là le coiffeur est un apprenti ! On lui propose quatre types de l'apprenti au directeur ! L'option N°2 'professionnel' à 120$hk/11€ s'avère satisfaisante !
On passe l'après-midi au Hong Kong Museum of History : un superbe musée agréable, pédagogique, des vidéos courtes en anglais, de jolies mises en scènes, un bel espace qui illustre intelligemment le passé de Hong Kong de la préhistoire à la rétrocession ; et qui plus est, un coût d'entrée dérisoire (10$hk/0,90€). Nous n'avons pas le courage de poursuivre avec la visite du tout nouveau Musée des sciences situé en face, sur le même parvis.
Samedi 21 Mai
Pour sortir du tumulte urbain et trouver un peu de nature, nous voulions visiter l'ile de Lamma mais on se trompe de ferry ! On décide de rester faire du shopping sur Hong Kong et d'affronter la foule : on doit me trouver veste et chaussures de rando ! Aux dires du lonely planet, Giga sports est un magasin 'gigantesque' dans le Pacific Place... Oui peut être avec un regard de lilliputien car il est plutôt riquiqui. Comme on ne trouve pas ce que l'on cherche, on part en quête de la seconde proposition de notre guide, le Sunmark Camping Equipment : il n'existe plus ! Bien que publié en 2011, les infos ont été acquises deux ans plus tôt et les choses bougent vite surtout dans le sport ! On abandonne et on décide de faire dans le spirituel, on va aller visiter le Man Mo Temple ; pour y accéder, on emprunte le tram, un charmant vestige britannique, bon marché (2$hk/0,17€). Il nous dépose au western market, un beau bâtiment de 1906, nous transitons par Hollywood road célèbre pour ses magasins d'antiquités. Chemin faisant, on trouve un magasin de chaussures dégriffées, je suis enfin chaussée pour les randonnées à venir ! Le Man Mo Temple est l'un des plus anciens de la ville (1847) vénéré par les policiers et les membres des triades ; rien de bien enthousiasmant. Des trombes d'eau s'abattent sur la ville, on patiente et on finit par reprendre notre ferry pour Kowloon en essayant de passer entre les gouttes.
Dimanche 22 mai
Au réveil ce matin, un orage éclate et nous contraint à garder la chambre jusque 13h30 : on observe de notre fenêtre, 12 étages plus bas le ballet des parapluies. Heureusement nous avons la télévision et Star movies, une chaine américaine qui diffuse des films sans interruption publicitaire ! La faim nous fait sortir de notre antre, on se dirige vers le Harbour City, immense et célèbre : heureusement on n'y vend que du Dior et du Chanel, des vêtements bien peu pratiques, on ne dépense rien ! Aussi quitte à faire les magasins autant aller vers ceux qui nous intéressent. Nous avons besoin d'un disque dur externe pour sauvegarder les photos de notre ordinateur et de cartes mémoires complémentaires pour nos appareils photos. Au Mong Kok Computer Center, on achète 405$hk/37€ un disque dur externe de 500 gigas et 95$hk/8,5€ une carte mémoire Sandisk de 8 gigas. On poursuit notre ballade pour le seul plaisir des yeux vers le marché aux poissons (d'aquarium) où les petites tortues nous fascinent, puis vers le marché aux fleurs avant de déboucher sur celui des oiseaux où l'on a bien évidemment envie de chantonner « ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux... ». Curieusement, nous n'avons pas la même compassion pour les criquets entassés par centaines dans des sacs percés de trous et qui vont servir de repas aux petits volatiles. La nuit tombe ; sur le chemin du retour, un manteau vert pomme nous tombe dessus : je suis parée pour affronter la suite de ce voyage ! On dîne de quelques 'dumplings' dans un petit self local puis nous rentrons reposer nos pauvres pieds devant un bon (?) petit film américain.
Lundi 23 mai
Ce matin, culture ! Nous visitons, le Hong Kong Museum of art : déambulation devant les peintures traditionnelles à l'encre de grands maitres dont les noms nous demeurent inconnus, l'étage suivant présente des poteries et des céramiques qui font la renommée de la Chine ; de jeunes écoliers, papier et crayons en main, sont allongés sur le sol et dessinent le vase, l'assiette ou la statuette qu'ils préfèrent. On découvre dans une autre salle Ha Bik-Chuen, un artiste contemporain, né en 1925, qui travaille à partir d'objets usagés : Maman et moi apprécions beaucoup ses œuvres. Après avoir piétiné quelques heures, notre estomac réclame sa ration et nous découvrons avec plaisir les 'dim sum' du restaurant de Mrs Wing, au Food Paradise du centre commercial Sogo. Rassasiées, nous poursuivons notre journée en allant jusqu'à la station Hung Hom pour acheter nos billets de train pour Hang Zhou. Un comptoir des chemins de fer chinois vend les billets pour la Chine, pas de place pour le lendemain, nous prendrons le train mercredi. Au moment de payer, l'employée nous explique que le prix est majoré. On a quelques difficultés à comprendre et ce d'autant que l'on va payer en $hk un billet affiché en yuans. Ce n'est qu'une fois rentrées à la guesthouse que l'on comprendra avoir payé l'équivalent de 100€ deux billets affichés 80€ ! Embrouille ou pas, nous trouvons la différence conséquente !
Nous maintenons notre souhait de renvoyer un colis en France pour alléger notre sac de voyage ; nous n'avions pu le faire depuis Kuala Lumpur, nous trouvons à la poste tout le nécessaire pour envoyer ce paquet. Dans la soirée, nous assistons au fameux spectacle de lumière offert tous les soirs sur l'avenue des stars : la « croisette » est bondée, à 8:00 tapantes, deux voix résonnent dans des hauts parleurs et présentent à grand renfort de musique et de lumières les partenaires participant au spectacle : maman mitraille, je prends des vidéos, le spectacle dure dix minutes : sympathique mais un peu répétitif quand même !
Mardi 24 mai
On dépose notre paquet de 7 kg (25€) à la poste de Kowloon, il devrait arriver dans 6 semaines ! Et nous nous décidons enfin à sortir de la ville ; un premier ferry vers Central puis un deuxième vers Cheung Chau, une demi-heure de traversée. Nous faisons le tour du petit port de pêche et sommes surprises de voir le nombre de personnes âgées semblant vivre ici : l'île de Cheung Chau serait-elle la maison de retraite de nombre d'Hong Kongais ? Dans les rues le linge sèche aux fenêtres ce qui accentue le sentiment de tranquillité du lieu où par ailleurs on circule essentiellement en vélo. On déjeune dans un petit restaurant très local de Dim sum, les gens nous sourient gentiment...
En début d'après-midi, nous reprenons un troisième ferry en direction de l'île de Lantau puis à l'arrivée un bus (N°2) pour aller voir, à Ngong Ping, le grand Bouddha Tian Tian. Nous sommes seules dans ce bus : la route serpente à travers une forêt, nous sommes surprises d'y voir des vaches sauvages (?) se balader. A l'arrivée le grand Bouddha nous laisse pantoises : on oscille entre Eurodisney et Lourdes ; des moines et nonnes tiennent des boutiques vendant des objets religieux tandis que d'autres commerçants vendent des babioles dans des magasins décorés selon des normes plutôt américaines. On accède à un immense Bouddha assis, en bronze, de 30 mètres de haut, par un escalier de 260 marches. Arrivées au sommet, une averse tombe ; nous redescendons sous la pluie et dans le brouillard, j'étrenne mon superbe blouson vert qui ne prend pas l'eau, enfin si mais pas comme ça ! Le téléphérique censé nous redescendre dans la vallée ne fonctionne pas depuis un mois et tant mieux, qu'aurions-nous vu du paysage ? On emprunte, avec nombre d'autres visiteurs, le bus 23 qui nous dépose à la station de métro. Divine surprise à la guest : non seulement nous récupérons nos passeports avec visa mais l'accès à Internet vient d'être réparé et la wifi fonctionne très bien. : nous passons des messages jusque 3 heures du matin !