La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.
2404 - 2504 - 2604 : Gili gili... rien à faire, ça baigne !
2304 : A Bali, Cécile rapporte Céline
2204 : Kawah Ijen, il(s) souffre(nt) pour du sucre
03h30 du matin, les réveils sonnent dans les chambrettes ; une demi-heure plus tard, les huit passagers du minivan se retrouvent sur la terrasse de l'auberge un peu troublés par le petit déjeuner proposé : le thé et le café à discrétion – nous sommes dans une plantation – sont accompagnés d'une assiette remplie d'oeufs durs et de sandwiches de pain de mie industriel tartinés d'un beurre tout aussi industriel recouvert de granulés de chocolat... Spécial mais comme pour le dîner de la veille, pas d'alternative à cette curieuse proposition !
On règle à la réception, un droit d'entrée au site de 25 000 roupies par personne et 30 000 roupies par appareil photo ! Personne ne veut comprendre notre interrogation sur le bénéficiaire de ces droits : une fois de plus, nous avons le sentiment d'être pris dans une mafia touristique qui ne cesse d'arnaquer !
Le soleil se lève sur une forêt tropicale où alternent les plantations de thé et de café avec en fond une chaine de volcans. Il est 6 heures quand notre chauffeur nous dépose sur un parking : nous disposons de trois heures pour faire l'ascension du Kawah Ijen. Ce volcan, que Nicolas Hulot a fait connaître, produit du soufre que quelque 300 ramasseurs viennent collecter à la main avec un foulard en coton sur le nez pour seule protection contre ses émanations. Ils mettent près de 6 heures pour rapporter, sur le dos, des charges de 60 à 80 kg. Le souffre est utilisé pour des cosmétiques, des médicaments, des engrais, des insecticides et le raffinage du sucre... et pour ce faire ils gagnent environ 250 roupies par kilo : ils peuvent espérer gagner 30 à 40 000 roupies par jour (3€) ce qui est très bien payé par rapport au salaire moyen.
Nous mettons près d'une heure pour grimper à 2148 mètres d'altitude, nous croisons deux ou trois porteurs ; c'est un jour de fête, ils ne sont pas nombreux à travailler aujourd'hui : la dizaine d'hommes rencontrés stocke ses chargements à mi-parcours, sur leur campement. Au bord du cratère, la vue est superbe : un somptueux lac de souffre turquoise entouré de parois abruptes. Si Gaëlle préfère rester au sommet à discuter avec un français rencontré durant la montée, Evelyne descend jusqu'au fond et ressent les vapeurs suffocantes…
Surprenant, bien que respirant ces effluves tous les jours, il paraît que très peu de travailleurs ont des problèmes de santé, un homme de 72 ans continurait de faire l'aller retour tous les jours ! Cette randonnée reste belle et impressionnante... Sur le chemin du retour, le brouillard envahit le cratère et une petite pluie fine se met à tomber. Nous croisons des écoliers qui ramassent les détritus laissés par les visiteurs, le petit chemin est agréable et très propre.
Rejoindre la route principale n'est pas une sinécure : comme celle de la veille, elle est défoncée par les eaux de pluie... La voiture roule au pas, la chaussée alterne bitume, nids de poules et pierres brutes...
Nous arrivons néanmoins à temps pour prendre le ferry de 13 heures : le bus local - que nous avons du payer trois ou quatre fois son prix - réservé par notre agence grimpe sur le bateau. Comme tout le monde, nous achetons un plat tout préparé à des vendeurs ambulants pour le déjeuner ; nous passerons 5 heures dans ce bus : le déblaiement d'un autocar renversé dans le fossé crée un énorme bouchon qui nous retarde de plus d'une heure...
Un contre temps qui inquiète Gaëlle car nous devons retrouver Cécile, une amie qui nous rejoins pour 10 jours et qui attéri cet après-midi à Bali... Nous parvenons à contacter la réception du Suka Beach Inn, l'hôtel préalablement choisi, pour reserver une chambre triple d'une part et d'autre part pour qu'il préviennent Cécile de notre arrivée tardive...
A 18 heures nous sommes à Denpasar : 5 passagers souhaitent se rendre à Kuta ce qui est plus facile pour négocier un bémo : 15 000 roupies par personne, c'est parti.
A notre arrivée, pas le temps de s'inquiéter, Cécile se dirige vers la réception : arrimage réussi ! Nous sommes à Bali, elle est arrivée de Paris à 14h et reste jusqu'au 1er mai en notre compagnie !
2004 - 2104 : Mont Bromo, monter pour des cendres
1804 : Borobodur
1704 : Jogyakarta
1604 : Envol pour Java, bonjour l'Indonésie !
1404 - 1504 : Une journée de transit à Kuala Lumpur
0904 - 1004 - 1104 - 1204 - 1304 : A l'eau Bangkok
Elle était annoncée depuis longtemps, on en parlait déjà au Laos, tous les pays asiatiques se préparent à la fête du nouvel an bouddhique : SONG KRAN ; traditionnellement, c'est le jour le plus chaud de l'année et les gens s'aspergent d'eau mutuellement ! Des marchands ambulants vendent des révolvers, mitraillettes en plastique et autres jeux d'eau, d'autres des chemises à fleurs de palétuviers et des chapeaux de paille, d'autres encore des pochettes de plastique pour protéger papiers et appareils photos... C'est la démesure qui règne évidemment sur Kao San Road : les jeunes se sont emparé des jouets et la rue est devenue un vaste terrain de jeux d'eau : tout et tous sont trempés, il fait 30°, pas de risque de prendre froid !
0804 - 0904 : Sukhothai, remonter le temps et descendre vers Bangkok
0504 - 0604 - 0704 : Au coeur du Siam, Chiang MAI
C'est reparti pour de la route. Nous quittons Chiang Rai, avec l'envie d'y revenir pour aller rencontrer toutes ces ethnies montagnardes alentour qui méritent qu'on leur consacre du temps. Direction Chiang Mai. Le bus que nous envisagions de prendre est complet, nous nous replions sur le bus VIP : cher mais quelle classe ! Peu de sièges, de la place pour les jambes, la clim, une hôtesse pour nous servir une bouteille d'eau et un snack. Un voyage confortable donc et quand on arrive à la station de bus de Chiang Mai, nous sommes toutes fraiches. Un taxi collectif nous dépose à la Julie's guesthouse où nous avons la chance de pouvoir récupérer une chambre. La Julie's est une célèbre guesthouse de Chiang Mai, ancienne et très animée : les routards s'y retrouvent et la moyenne d'âge est très jeune...
Pour se ballader en toute liberté dans une ville plate, rien de mieux que la location d'un vélo... Nous enfourchons deux superbes bicyclettes pour aborder rapidement le « périphérique » de Chiang Mai... Quelle horrible projet ! camions, voitures, motos foncent sur ces quatre voies et, comble d'horreur, tous nos repères sont cassés car les Thaïlandais roulent à gauche ! On décide de pédaler sur les trottoirs et de traverser les rues à pied... Nous arrivons miraculeusement au Musée national de C.M., manque de chance, il est fermé : nous sommes le 6 avril, le jour des Chakri, la fête de la dynastie actuelle et pour fêter le roi, on ferme le musée ! Demain peut être ! Tout proche le Wat Chet Yod un vieux temple du XVème siècle ; superbe dans un parc verdoyant, il n'a pas été rénové et c'est tant mieux... Un vieux chedi à sept points avec autour des bas-reliefs en stuc abimés mais où l'on devine des bouddhas en position de méditation. Dans une grande salle, une cérémonie se déroule : des thais offrent des présents à une vingtaine de moines assis en ligne, face à eux... A la sortie, les fidèles offrent à manger à ces moines et s'offrent mutuellement le repas : nous sommes invitées à partager un délicieux bol de soupe... Nous poursuivons notre ballade dans un centre commercial on ne peut plus classique... On revient sur nos bécanes, un peu plus assurées, dans le carré historique et comme nous n'avons pu rendre hommage à la culture ce matin, nous allons visiter le Centre des arts et de la culture de C.M. : lieu d'autant plus agréable qu'il tombe une averse et en guise de thé à 5 heures, Evelyne va en profiter pour goûter un jus de maïs (si, si ça existe... et ça a goût de maïs !)
Nous décidons ce matin de faire nos dévotions à Mercator, le dieu du commerce... Pas de vélo pour ce faire, un seul danger à la fois ! Première étape à pied pour gagner le Narawat bridge où nous arrêtons un taxi collectif : le voisin du chauffeur nous propose ses services pour aller visiter les villages de Sankampaeng et Borsang, là où se concentre une bonne partie de la production artisanale... Moyennant 200b pour deux ou trois heures, il nous propose de nous emmener voir comment se fabrique la soie, les bijoux, les laques, les ombrelles... Nous comprendrons les étapes de la fabrication de la soie et trouverons sympathique celle des ombrelles mais nous sommes peu intéressées par ces espaces essentiellement commerciaux... Notre guide en sera pour ses frais, pas la moindre commission à se mettre sous la dent, nous n'avons rien acheté ! On se fait déposer à la gare de Chiang Mai envisageant d'y acheter notre billet de train Bangkok/Kuala Lumpur ; nous n'arrivons pas à comprendre si les voyages sont annulés ou complets : en fait des inondations ont lieu dans le sud de la Thaïlande, l'employé de la gare n'est meme pas sûr que les bus circulent... Nous sommes... un peu inquiètes : nous avons réservé un vol Kuala Lumpur / Yodjakarta pour le 17 avril ! A pied, nous rentrons à la guesthouse en transitant par le marché du jour le Warorot market : on se perd dans les petites rues et l'on rencontre les thaïs qui font leurs courses ; est-il besoin de préciser que nous préférons traverser le rayon fleurs plutôt que celui des poissons et crevettes séchées ?