La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

2404 - 2504 - 2604 : Gili gili... rien à faire, ça baigne !

Dimanche 24 avril
05:45 : à cette heure matinale, les cuisines de l'hôtel ne sont pas ouvertes, nous achetons notre petit-déjeuner à la superette du coin, le minivan passe nous prendre à 06:00 tapantes : nous allons à Lombok, l'île voisine, sur les plages des iles Gili.

A l'embarcadère, on patiente en observant les indonésiens se baigner tout habillés. Si notre bateau est rapide, il fait néanmoins quelques escales – Lombok, Gili air - qui n'étaient pas prévues dans notre plaquette, ce n'est pas à 10:40 que nous débarquerons mais à 13:00 : l'eau est turquoise, le sable blanc et les gens bronzés, nous n'avons pas posé les pieds sur Gili Trawagan que l'on sait que nous allons aimer ! Nos sacs sur le dos – toujours trop lourds dans ce cas, hein Cécile ? - nous partons à la recherche d'un hébergement... j'ai une exigence, un bungalow avec vue sur la mer. Ceux qui se trouvent en retrait sont nettement moins chers, mais le cadre moins agréable aussi et quitte à être là, autant se faire plaisir ! Notre choix s'arrête sur les bungalows du Blue star, une guesthouse familiale de cinq chambres, petite plage en face avec les traditionnels 'lumbungs'. 200 000 roupies pour un bungalow avec salle de bain et petit déjeuner compris... On signe pour trois nuits ! Au programme : RIEN !

lundi 25 avril – mardi 26 avril

Plage – soleil – mer – salade – cocktails – sable – corail – sieste – palmiers – cheval – chemin – sunset – coquillages – barque – pêcheurs – paillottes – moustiques – crabes – tortues – poissons – dormir – rêver – bouquiner – sunrise – émeraude – turquoise – volcan – argent - baignade – snorkeling – jus de fruits – salade de fruits – bijoux – musique – guitare – danse – manger – boire – goûter – toucher – amitié– crustacés – bébêtes qui piquent – touristes bebêtes – jolies blondes – bière – baignade – tongues – rouge...

Dure la vie de nous... On revient à la réalité demain !

Mercredi 27 avril
Ce matin on quitte notre simili paradis en emportant nos piqures de moustiques et nos méga coups de soleil. Avant de lever le camp, nous savourons un dernier petit déjeuner sur le 'lumbung' face à la mer. Les bagages bouclés, nous reprenons la route. J'ai pour ma part quelques difficultés à porter mon sac : il frotte sur les parties cramées de mon dos et ça fait mal mais c'est vaillament que je décline l'offre de maman d'avoir recours aux services d'un sidomo. Je refuse d'utiliser ces pauvres chevaux qui triment dans le sable pour tirer les touristes épuisés par tant de soleil ; je marche et assume ma connerie ! Quelle idée d'aller se baigner à midi sans crème solaire, même pour 10 minutes ! Bon la glace sur le chemin requinque un peu ! Comme il n'y a pas d'embarcadère à proprement parler – on quitte les bateaux à même la plage – on trouve rarement le lieu exact du premier coup, on cherche un peu. Nous sympathisons avec un couple de Québecois et leurs deux fils et discutons durant toute la traversée. Diplomates, ils travaillent à Hong Kong et connaissent bien la France pour avoir vécu à Paris pendant trois ans. A notre arrivée, un minivan nous attend pour Ubud, une heure de trajet pour nous y rendre.

2304 : A Bali, Cécile rapporte Céline

Samedi 23 avril
Cécile est une amie de Gaëlle : elles se sont rencontrées au Canada alors que l'une et l'autre y passaient une année universitaire pour leurs études de psychologie. Cécile est en vacances pour 10 jours. Dans ses bagages, elle nous rapporte non seulement le guide de conversation en mandarin pour commencer à apprendre le chinois mais aussi les guides 'lonely planet' d'Indonésie et de Chine... Pas les plus légers (900 pages) ni les moins chers (31€ et 32€). A cela nous avons rajouté des livres de poche : CELINE ! Gaëlle et moi n'avons jamais lu cet auteur, nous allons profiter de nos loisirs pour le découvrir !

Bali fait rêver, Kuta, la ville où nous sommes, beaucoup, beaucoup moins : nous avons choisi cet endroit pour sa proximité avec l'aéroport et parce que le Suka beach Inn reste un hébergement d'un bon rapport qualité prix mais la station balnéaire de Kuta c'est surtout du bruit, de la vaine agitation, de la superficialité, un lieu à quitter rapidement ! Nous allons passer la journée à Denpasar, la capitale de Bali et visiter son musée et ses marchés ; ça commence par une négociation âpre avec des bémos pour nous y conduire ; on finit par accepter 50 000 roupies pour la voiture... Nous visitons le superbe 'Museum Negeri Propinsi Bali', construit en 1932 par les néerlandais qui ont voulu présenter dans un espace restreint les principaux monuments de l'ïle ; cette excellente initation à l'architecture locale est complétée par une fête qui amène les Balinais en nombre et en costume dans le temple contigü au musée : n'ayant pas de sarong, nous ne pourrons pas suivre la cérémonie...

Nous déjeunons au Satria, un petit warung recommandé par le guide du routard et censé être fréquenté par les locaux ; le plat est bon mais on aurait du se méfier : pas de prix sur la version anglaise du menu, nous réglons le prix fort, celui des occidentaux ! Le marché aux oiseaux est moins impressionnant que celui de Yodjakarta, on part à la découverte du Pasar Badung, le plus grand marché de la ville, voire de l'ïle de Bali. Mes bijoux en argent ont été noircis par le souffre du Mont Ijen et je cherche à les faire nettoyer : une femme s'empresse de m'accompagner chez « le » monsieur ad hoc qui les rendra si brillants qu'ils en paraissent faux. Miracle, ma montre trempée dans un liquide moussant puis séchée dans une cuvette en métal réchauffée fonctionne toujours ! Séduites par la même femme, Cécile et Gaëlle vont voir des paréos : aucun repère en matière de prix, ils s'envolent : l'annonce de départ est de 370 000 roupies par pièce ; on se fixe 150 000 roupies pour deux et nous décidons de ne pas en démordre, on est au début des vacances et on a le temps de voir ! On ne cède pas, Cécile est mal à l'aise, n'aime pas trop ces négociations ardues... On part, nous sommes rattrapées, nous cédons sur 10 000 roupies, on règle 160 000 roupies (13€) pour deux paréos... Nous rentrons satisfaites ! Dans la soirée, en discutant avec une jeune femme indonésienne nous apprenons que le prix d'un paréo oscille entre 20 et 25000 roupies ; quand la qualité est exceptionnelle, ce prix peut doubler. La qualité des nôtres frise la perfection, un argument de vente était qu'ils étaient lavables ! Nous sommes restées silencieuses, pour une fois !

Au retour, le bémo nous laisse dans la zone commerciale de Kuta et les trois nanas que nous sommes sont incapables de résister à l'appel des magasins : un joli chemisier de plus dans la garde robe de Gaëlle ! Cécile doit changer des euros : les cours affichés par les « money changers » varie entre 12 300 et 12 900 roupies pour 1€ : elle tente sa chance avec ce dernier taux qu'on soupçonne trop haut pour être honnêtre mais nous sommes toutes les trois très méfiantes donc vigilantes : calculette en main, on ne lache pas les billets et on recompte... Gaëlle soulève le lièvre : 500 000 roupies étaient transformées en 50 000 ! La supercherie découverte, nos interlocuteurs n'insistent pas et nous rendent les euros ! Si le cours est trop élevé, gare à l'entourloupe !

Il est temps pour nous de changer d'air, on s'arrête dans une agence : Cécile y change ses euros 'normalement'. Anton, notre interlocuteur, a une 'bonne' tête, on lui achète aussi pour le lendemain trois billets pour aller, ne rien faire, sur les îles Gili ! 550 000 roupies/ par personne pour les aller retour en bus et bateau, nous trouvons le tarif honnête... Plus tard, on apprend que d'autres auraient payé 150 000 roupies de moins : si on ne peut même plus se fier à la bonne tête des gens, à quoi ça sert de faire des études de psycho !!!

Dans l'immédiat, nous sommes ravies de ce prochain départ et nous allons diner au Kuta food court : foire d'empoigne pour avoir notre clientèle, cuisine plutôt quelconque, tarifs occidentaux ! On se barre demain ! Cécile et Gaëlle passent une partie de la nuit, à discuter, dans la piscine de l'hôtel ! Même pas un beau surfeur australien à se mettre sous la dent... Où sont les hommes ? Sont couchés, font dodo !

2204 : Kawah Ijen, il(s) souffre(nt) pour du sucre

Vendredi 22 avril
03h30 du matin, les réveils sonnent dans les chambrettes ; une demi-heure plus tard, les huit passagers du minivan se retrouvent sur la terrasse de l'auberge un peu troublés par le petit déjeuner proposé : le thé et le café à discrétion – nous sommes dans une plantation – sont accompagnés d'une assiette remplie d'oeufs durs et de sandwiches de pain de mie industriel tartinés d'un beurre tout aussi industriel recouvert de granulés de chocolat... Spécial mais comme pour le dîner de la veille, pas d'alternative à cette curieuse proposition !

On règle à la réception, un droit d'entrée au site de 25 000 roupies par personne et 30 000 roupies par appareil photo ! Personne ne veut comprendre notre interrogation sur le bénéficiaire de ces droits : une fois de plus, nous avons le sentiment d'être pris dans une mafia touristique qui ne cesse d'arnaquer !

Le soleil se lève sur une forêt tropicale où alternent les plantations de thé et de café avec en fond une chaine de volcans. Il est 6 heures quand notre chauffeur nous dépose sur un parking : nous disposons de trois heures pour faire l'ascension du Kawah Ijen. Ce volcan, que Nicolas Hulot a fait connaître, produit du soufre que quelque 300 ramasseurs viennent collecter à la main avec un foulard en coton sur le nez pour seule protection contre ses émanations. Ils mettent près de 6 heures pour rapporter, sur le dos, des charges de 60 à 80 kg. Le souffre est utilisé pour des cosmétiques, des médicaments, des engrais, des insecticides et le raffinage du sucre... et pour ce faire ils gagnent environ 250 roupies par kilo : ils peuvent espérer gagner 30 à 40 000 roupies par jour (3€) ce qui est très bien payé par rapport au salaire moyen.

Nous mettons près d'une heure pour grimper à 2148 mètres d'altitude, nous croisons deux ou trois porteurs ; c'est un jour de fête, ils ne sont pas nombreux à travailler aujourd'hui : la dizaine d'hommes rencontrés stocke ses chargements à mi-parcours, sur leur campement. Au bord du cratère, la vue est superbe : un somptueux lac de souffre turquoise entouré de parois abruptes. Si Gaëlle préfère rester au sommet à discuter avec un français rencontré durant la montée, Evelyne descend jusqu'au fond et ressent les vapeurs suffocantes…

Surprenant, bien que respirant ces effluves tous les jours, il paraît que très peu de travailleurs ont des problèmes de santé, un homme de 72 ans continurait de faire l'aller retour tous les jours ! Cette randonnée reste belle et impressionnante... Sur le chemin du retour, le brouillard envahit le cratère et une petite pluie fine se met à tomber. Nous croisons des écoliers qui ramassent les détritus laissés par les visiteurs, le petit chemin est agréable et très propre.

Rejoindre la route principale n'est pas une sinécure : comme celle de la veille, elle est défoncée par les eaux de pluie... La voiture roule au pas, la chaussée alterne bitume, nids de poules et pierres brutes...

Nous arrivons néanmoins à temps pour prendre le ferry de 13 heures : le bus local - que nous avons du payer trois ou quatre fois son prix - réservé par notre agence grimpe sur le bateau. Comme tout le monde, nous achetons un plat tout préparé à des vendeurs ambulants pour le déjeuner ; nous passerons 5 heures dans ce bus : le déblaiement d'un autocar renversé dans le fossé crée un énorme bouchon qui nous retarde de plus d'une heure...

Un contre temps qui inquiète Gaëlle car nous devons retrouver Cécile, une amie qui nous rejoins pour 10 jours et qui attéri cet après-midi à Bali... Nous parvenons à contacter la réception du Suka Beach Inn, l'hôtel préalablement choisi, pour reserver une chambre triple d'une part et d'autre part pour qu'il préviennent Cécile de notre arrivée tardive...
A 18 heures nous sommes à Denpasar : 5 passagers souhaitent se rendre à Kuta ce qui est plus facile pour négocier un bémo : 15 000 roupies par personne, c'est parti.
A notre arrivée, pas le temps de s'inquiéter, Cécile se dirige vers la réception : arrimage réussi ! Nous sommes à Bali, elle est arrivée de Paris à 14h et reste jusqu'au 1er mai en notre compagnie !


2004 - 2104 : Mont Bromo, monter pour des cendres

Mercredi 20 avril
On quitte la Dewi homestay avec un petit pincement au coeur tant nous y avons passé d'agréables moments. 08:30, notre minibus démarre, nous sommes sept à faire cette excursion, c'est le début d'une journée interminable. Si les paysages sont beaux, la route est non seulement longue mais aussi dangereuse : notre chauffeur double comme bon lui chante, par la gauche, par la droite, se rabat le plus tard possible et les motocyclistes risquent leur vie à tout moment, on vivra plus d'une frayeur durant les 9 heures de trajet. Un stop déjeuner dans un restaurant adapté aux touristes que nous sommes : insipide et cher.
En début de soirée, nous arrivons à l'agence de Probolingo : le responsable local récupère nos vouchers respectifs et nous donne quelques explications sur la suite du programme ; contrairement aux autres passagers, nous n'avons pas de jeep réservée pour le lendemain et il nous faut rajouter 90 000 roupies par personne. Maman s'énerve, les autres ont payé 80 000 rp ce qui est déjà beaucoup trop : elle refuse, on verra plus tard ! On change de chauffeur, une heure de route en lacets, nous arrivons claquées à l'hôtel Yoshi pour découvrir que la chambre qui nous est octroyée est sinistre et sans salle de bain ; maman est maintenant remontée comme une horloge ! Elle retourne à la réception et réclame ou la chambre payée ou le remboursement de la différence ; le réceptionniste ne veut rien entendre, renvoie sur l'agence qui a fait la réservation, le chauffeur devrait être notre interlocuteur mais évidemment il disparaît, on décide de faire le siège : quelques appels téléphoniques plus tard, nous sommes surclassées dans un bungalow, une grande chambre avec salle de bain et eau chaude ! Satisfaites, c'est à l'hôtel que nous réservons notre jeep ; nous pouvons diner tranquillement ! Non mais !

Jeudi 21 avril
Réveil à 4 heures du matin. On enfile des vêtements chauds, j'ai même loué une veste sur place pour la circonstance mais toujours sans chaussures de marche, je ferai la balade en sandales et chaussettes. Notre jeep nous attend, elle récupère quatre clients allemands deux ou trois kilomètres plus loin. On roule encore une quarantaine de minutes jusqu'au pied d'un chemin que des villageois proposent de grimper à dos de cheval ; courageuses, nous résistons et empruntons dans la nuit noire un sentier rocailleux qui n'en finit pas. Sur la plate forme du 'view point', nous ne sommes pas seules, une petite centaine de touristes sont là, appareil photo en bandoulière et bonnets sur la tête ; il fait froid, du thé, du café, des soupes hyophillisées sont vendus par les locaux...
On mitraille le soleil qui commence à poindre, les couleurs sont belles ; au loin, le Mont Bromo gronde. Avec la lumière, on découvre la fumée qui s'échappe du cratère et petit à petit la noirceur du paysage recouvert de cendre. C'est magnifique.
Le soleil levé, tout le monde retourne à son véhicule qui nous amène à l'étape suivante : le pied du Mont Bromo que nous allons escalader ! A l'arrivée des jeeps, les mêmes chevaux sont proposés aux courageux touristes ! Nous résistons une nouvelle fois : mais là, ils nous suivent - c'est la seule chance qu'ils aient de gagner quelques roupies aujourd'hui, chaque propriétaire de cheval cible un touriste et le suit jusqu'au bout -. Le chemin se fait lourd, le cratère semble loin et la fatigue prend le dessus : on cède ! Pour 100 000 roupies aller-retour à deux, nous grimpons sur les petits chevaux et nous nous laissons emporter jusqu'au pied du volcan. Là il reste encore du boulot à faire : l'escalier initial de quelques 350 marches est entièrement recouvert d'une épaisse couche de cendre, seul le sommet des barrières apparaissent ; nous nous enfonçons comme dans de la neige poudreuse. Persévérantes, on finit par arriver au sommet... essouflées ! Mais comblées par le paysage qui s'offre à nous et ce cratère qui crache sa fumée et gronde régulièrement affolant les membres présents. Maman m'explique que quatre années auparavant, elle pouvait faire le tour de ce cratère ; impossible aujourd'hui, le chemin n'existe plus, c'est à peine si l'on voit les barrières d'entan qui bordent le gouffre... On redescend, quelque fois sur les fesses, en encourageant ceux qui montent ! Nous réenfourchons nos montures pour retourner aux jeeps, un préentrainement pour la Mongolie à venir !
De retour à l'hôtel on apprécie le petit déjeuner même si on peste sur sa qualité médiocre, on  savoure la douche chaude que l'on n'a pas à attendre comme nos collègues qui doivent partager l'espace...
A 9:30 notre minibus redescend dans la vallée et nous dépose à l'agence où nous retrouvons d'autres voyageurs ; le groupe est scindé entre ceux qui partent directement sur le ferry et Bali et ceux qui poursuivent sur le Mont Ijen. C'est notre cas, nous avons 6 autres compagnons de route : un couple d'espagnols, un couple de britanniques et Sophie et Thibault, de jeunes belges avec qui nous  sympathisons ; ils viennent de s'installer à Hanoi, ils sont en vacances pour 3 semaines. Notre minibus démarre tard or la route va être longue ; pause déjeuner dans un restaurant tout aussi aseptisé et cher que celui de la veille, balade sur la plage toute proche... La route devient infernale, on roule au pas : le revêtement n'existe plus à nombre d'endroits, la chaussée est défoncée, nous roulons sur des pierres... c'est interminable. Nous devions arriver vers 16 heures et profiter de la plantation et de son environnement agréable : cascade, bains d'eau chaude, village... On arrive vannés vers 18:30, il fait nuit noire depuis une bonne demi-heure. Désagréable surprise : pas d'alternative au diner-buffet proposé : c'est 50 000 roupies ou rien ! Le principe nous exaspère et hormis les britanniques, nous faisons tous de la résistance et ne dînons pas ! Belle unanimité, cette réaction collective est malheureusement trop rarement obtenue ! Nous nous retrouvons dans le bassin d'eau chaude près de la piscine pour un moment agréable de relaxation avant une seconde courte nuit.

1904 : Prambanan

En cours d ecriture

1804 : Borobodur

Lundi 18 Avril 
Borobodur : il y a des noms qui comme celui-ci (ou Titicaca par exemple) sont gravés quelque part dans la mémoire collective : la consonnance du mot y est pour beaucoup, la beauté du site fait le reste, sa célébrité.
Ce matin donc, nous quittons l'auberge relativement tôt – 5 heures - pour aller visiter ce site majeur d'Asie du Sud-Est, situé à 42 km de Yodya. La réservation du bus a été prise à la guest (170 000 roupies/14€ droit d'entrée inclus), Laurianne et Gauthier sont du voyage.
Construit au IXème siècle, édifié entre 750 et 850, alors que nos cathédrales étaient encore en gestation, on ne connait pas l'objectif exact de ce temple : centre de formation à partir des bas-reliefs pour les prêtres, mandala géant permettant aux fidèles d'accéder à plus de spiritualité, ce site reste une énigme. Dans sa dimension numérologique tout renvoie au chiffre 9 ce qui amuse beaucoup les mathématiciens et autres architectes francs-maçons : 9 terrasses, 504 statues (5+4), 72 stupas (7+2), 108 niches (1+8)... Pas de hasard là-dedans, neuf serait le nombre de la plénitude, le nombre du yang !
Quand, à 6 heures, nous arrivons sur place, le soleil est déjà levé depuis plus d'une heure mais ce petit matin reste magique : construit dans une cuvette entourée d'une chaine de volcans dont le célèbre Merapi, le temple émerge de la brume et d'un patchwork de palmiers et de rizières, l'ambiance est féérique. Encore très peu de touristes, de jeunes étudiants indonésiens qui nous abordent gentiment pour tester leur anglais et se faire photographier avec nous ; ils sont charmants, envahissants mais nous nous pretons de bon gré à leurs demandes, leurs sourires réjouis annihilent toute vélléité d' agacement...
Les mécréants que nous sommes ne respectent pas la 'consigne' : déambuler, dans le sens des aiguilles d'une montre, progressivement sur les six terrasses en carré et respecter ainsi la symbolique du lieu, la vision bouddhiste du cosmos, partir de la terre pour monter vers les cieux... Nous grimpons directement au sommet mais déception, nous ne pouvons accéder aux trois terrasses circulaires, elles sont interdites depuis la dernière éruption du Mérapi (quel lien entre les deux, nous ne savons pas). Nous devinons la présence des 72 effigies de bouddha dans les stupas treillissés sur ces terrasses, nous ne pouvons toucher celui qui est considéré comme le bouddha de la chance : nous n'accèderons pas au nirvana éternel, la dernière plateforme !
Laurianne, prosaïque, cherche à savoir ce qu'il y a sous une pierre sur laquelle est scellé un anneau : d'où cette photo pouvant suggérer autre chose... Nous circulons sur l'édifice pendant deux petites heures puis allons prendre le petit déjeuner là où notre accompagnateur nous a donné rendez vous : décevant et cher mais rien de surprenant.

Sur le chemin du retour, à trois kilomètres de là, notre bus s'arrête au Temple de Mendut ; sans explication complémentaire, personne ne veut payer le droit d'entrée et nous ne voyons pas la plus fabuleuse statue de Java conservée dans son cadre original ! Dans le monastère adjacent, un moine explique à quelques touristes ce qu'il a vécu lors de la dernière éruption du Mérapi, comment une couche de cendre a tout recouvert contraignant pendant plus de 8 jours une centaine de fidèles à se relayer pour nettoyer le monastère.
La route du retour traverse le village qui a le plus souffert de la dernière éruption en 2010 (?) : 210 personnes ont été tuées dans leur sommeil ; le Merapi laisse échapper de la poussière de cendres qui s'insinue dans les maisons et asphyxie la population endormie.

De retour à la guest, Laurianne et Gauthier décident de retourner au marché aux oiseaux acheter une deuxième cage ! Fatiguées, nous ne déjeunons même pas, c'est dire !... Nous passons l'après-midi dans notre chambre pour n'en sortir qu'en début de soirée et faire plus ample connaissance avec Sylvain, un québecois, avec qui nous allons dîner.

1704 : Jogyakarta

Samedi 16 Avril
Quand je retrouve maman partie faire le 'check-in' de l'hôtel, elle est installée sur la terrasse et se fait masser par le propriétaire : il lui passe un onguant sur la nuque pour repousser les moustiques qui attaquent ; jalouse, je réclame le même traitement et je l'obtiens !...
Agé de 37 ans, Pujo gère, avec sa soeur alternativement, la Dewi Homestay depuis toujours, il est né dans cette maison ; elle appartenait à ses parents aujourd'hui décédés. Il l'a fait transformer en Guesthouse d'une douzaine de chambres, c'est un lieu joliment aménagé et une adresse au coeur de Yogya bien agréable !
Nous envisagions de nous ballader dans la ville, nous passons l'après-midi dans le jardin à discuter avec notre hôte ; l'heure du repas arrivant, il nous propose de dîner avec lui. Comme il ne cuisine pas, je l'accompagne en moto chez le marchant ambulant du coin où il commande un mélange de pates, riz, légumes, oeuf et poulet. De retour à la Guest, on déguste ce plat servi dans des feuilles de bananiers. Beaucoup d'asiatiques fonctionnent de cette façon, ils n'ont pas de vraie cuisine à domicile et achètent leurs repas dans la rue, ce qu'ils trouvent aussi plus économique...
La nuit tombée, Pujo nous fait découvrir un bar tout proche où se produit un groupe de musiciens au répertoire très occidental (U2, Coldplay, Beatles...).
Quand nous rentrons nous coucher, un peu fatiguées par cette longue journée, nous savons que nous allons nous plaire à Jodya !

Dimanche 17 Avril
Nous décidons de visiter cette ville que l'on dit être l'âme de Java ! Coeur artistique et intellectuel de l'île, Jogjakarta est parait-il l'endroit où la langue javanaise est la plus pure, les arts les plus brillants et les traditions les plus vivantes !
Nous commençons par le Kraton, gigantesque palais des sultans de Yogya construit en 1756. Il est 11h et nous assistons dans le pavillon intérieur du palais, à un spectacle de danse royale : deux jeunes femmes somptueusement habillées et maquillées dansent au son du grand gamelan, leur succèdent deux jeunes hommes également fardés et revêtus de beaux costumes traditionnels : nous sommes fascinées par tant de grâce, on mitraille pour essayer de conserver dans nos boîtiers au moins quelques images de cette beauté...
Après la danse, nous enchainons par la visite du Palais qui nous surprend agréablement par sa sobriété : ça et là des gardes en costumes traditionnels surveillent gentiment les allées et venues des visiteurs autant touristes occidentaux que locaux.
Pour déjeuner, on s'arrête dans un petit restaurant local qui expose ses plats : tout est rouge et l'on ne sait pas vraiment ce que l'on mange : des oeufs durs, marrons, pas particulièrement appétissants mais je teste quand même. J'apprendrais plus tard qu'ils sont cuits dans du lait de coco et du sucre de canne.
On poursuit notre chemin à pied jusqu'au marché aux oiseaux... Quelle idée ! Il était auparavant près du Kraton, il est aujourd'hui 3 km plus au sud et c'est sous un soleil de plomb et le long de rues peu attractives que l'on s'y rend ! C'est un « jardiland » à ciel ouvert : des échoppes vendent des cages ou de la nourriture pour animaux, d'autres des oiseaux de tout type, dont beaucoup de canaris et perroquets, mais aussi des chats, des chiens, des lapins, des cochons d'inde, des rats, des souris, des chauves-souris, des chouettes, des singes, des serpents, des iguanes, des lézards... Et des petits poussins teints dans des couleurs flashy pour séduire les enfants...
Sur le chemin du retour, et parce qu'on l'a bien mérité, on s'arrête prendre un Mc Flurry chez Mc Do, on ne trouvait pas de glacier sur Maliboro street ! En s'asseyant pour déguster notre pot, une gellateria italienne nous provoque de l'autre côté de la rue ! On finit notre glace et allons derechef tester l'insolent : même pas bon, le Mc Flurry est meilleur !
En rentrant à notre Guest, installé dans le jardin, nous sympathisons avec Laurianne et Gauthier aperçus l'après-midi au marché aux oiseaux et remarqués parce qu'ils avaient acheté une cage de 80cm de haut ! Nous passons la soirée à discuter de leur voyage, ils sont arrivés en Asie par le transsibérien et nous donnent plein de tuyaux sur la Russie, la Mongolie et la Chine... Pujo toujours aussi attentionné, va chercher chez son fournisseur habituel des galettes de pommes de terre, oeufs, des « tortillas » asiatiques ... Ce sera notre second dîner dans ce jardin, toujours aussi agréable... Nous continuons à beaucoup aimer Yodjakarta !

1604 : Envol pour Java, bonjour l'Indonésie !

Samedi 16 Avril 2011
Quelle nuit difficile ! Et un premier conseil pour ce post : fuyez l'hotel où nous avons dormi ! Si hier soir nous avions déjà trouvé l'environnement bruyant, ce vendredi soir, l'effet redouble d'intensité ! Il fait chaud et les gens font la fête aux terrasses des bars qui déversent leur musique à tout va, de nos lits nous ressentons les vibrations des basses... Couchées relativement tôt pour tenter de grapiller quelques heures de sommeil, c'est quasi impossible et ce malgré les bouchons d'oreilles... Le Pondok Lodge est plutôt sympathique et plutôt bien situé mais n'y allez que si vous avez l'intention de faire la fête jusqu'à la fermeture des bars !

L'aspect pratique néanmoins, c'est qu'à 3h30 du matin, nous ne rencontrons aucun problème pour trouver un taxi : ils sont des dizaines pris dans un embouteillage monstre au milieu de notre rue ; on la remonte pour les prendre à contresens et grimpons dans l'un des premiers qui nous hèle. Il nous demande 20 riggits (5€), c'est plus cher qu'annoncé par l'hôtel (entre 10 et 15), mais le chauffeur argue le tarif de nuit et nous n'avons pas la force de marchander... Direction la gare centrale pour prendre la navette entre Kuala et l'aéroport ; le chauffeur roule vite, les avenues sont vides, à croire que le concentré de vie de Kuala se situe juste au pied de notre hôtel... A la gare, deux bus attendent les voyageurs, quatre rabatteurs nous sautent dessus pour nous vendre leur compagnie : notre choix, le moins cher 8 riggits contre 9 pour l'autre... Il part à 3h45, ça nous laisse de la marge pour notre avion qui ne décolle qu'à 7h. Mais 3h45, ce n'est pas 3h53, et maman compte bien le faire savoir au rabatteur qui tarde à faire partir notre car repoussant sans cesse l'attente d'un dernier client... Le petit coup de gueulante marche, le jeune homme retire le carton du pare-brise et notre chauffeur démarre.

Compter 1h pour ce trajet, certainement plus en journée car de nuit l'autoroute est dégagée. Nous arrivons à 4h55 à l'aéroport, un peu comme des zombies... On enregistre nos bagages et nous partons à la recherche d'un petit déj' que nous prenons dans un Starbucks : les prix sont exorbitants, un point commun avec ceux pratiqués dans nos gares ou aéroports français....

L'embarquement est étrange, on nous laisse marcher sur le tarmack sans réelle indication de l'appareil que l'on doit prendre ; pas de bus pour nous déposer au pied de l'avion, nous devons trouver le chemin seules et des bifurcations nous font craindre de louper notre embranchement ; nous demandons notre route à quelques hotesses postées ça et là et arrivons à bon port. Maman est près d'un hublot, cool, c'est la première fois depuis le début de notre voyage que nous allons pouvoir prendre des photos vue d'avion ! On ne reste éveillées que durant la phase de décollage et d'atterrissage, le reste du temps, Morphée nous emmène loin de ce vol où quelques turbulences se font néanmoins ressentir.

L'aéroport de Yogjarkta n'est vraiment pas grand, et les formalitées se passent rapidement : 25 dollars, nos empreintes de doigts sont prises à l'aide d'un scanner, une webcam enregistre notre visage : «Un petit sourire pour la photo » demande le douanier. Je dis que ça fait drôlement plaisir de pouvoir enfin sourire sur un document officiel ! Ce charmant monsieur rend l'entrée sur ce territoire fort agréable ! Le bureau des douanes franchi, les passagers attendent leurs bagages qui arrivent dans un petit espace restreint sur un mini tapis roulant. Deux hommes s'activent à ranger sur le côté les valises qui n'ont pas encore retrouvé leur propriétaire. Nos sacs récupérés, maman change ses riggits malais contre des ruppies indonésiens ; nous partons en quête du bus qui nous mènera dans le quartier de notre hôtel. Pas de difficulté, les gens sont charmants et tour à tour nous indiquent le chemin, le bus et la rue de notre hôtel. Le premier selectionné est complet, c'est la DEWI Homestay qui nous hébergera pour nos deux premières nuits ! Située dans une petite maison avec un petit jardin, nous découvrons une vaste chambre bleue blanche et jaune haute de plafond au milieu de laquelle trône un lit king size à baldaquin. De jolis meubles en bois occupent la pièce et un tableau décore le mur. La salle de bain est rudimentaire, nous n'aurons pas d'eau chaude. Mais ce n'est pas bien grave, avant même d'y déposer nos sacs, nous aimons ce lieu !

Le propriétaire nous apporte deux bananes vertes mais mûres, à peine la porte refermée, je m'affale sur le matelas – très confortable au demeurant – et m'endort profondément jusque 15h... Maman partie dans les comptes ne tarde pas à me rejoindre pour cette sieste.

Il est presque 16h30, j'entend les bruits d'enfants jouant dans la rue, pendant que je rédige ce petit post maman est allée faire le check-in à la réception... Elle corrigera et agrémentera plus tard cet écrit ! Pour le moment je vais la rejoindre et découvrir cette ville, un bout de l'indonésie que je rêvais depuis tant d'année de visiter !

1404 - 1504 : Une journée de transit à Kuala Lumpur

Jeudi 14 Avril 2011
Petite pensée pour mamie qui aurait eu 80 ans aujourd'hui...

Nous quittons Bangkok ce matin ; en raison de Shonkran, les transports en commun ne fonctionnent pas, tout est fermé et c'est un taxi qui doit nous emmener à l'aéroport. A 09:00, il est là et nous découvrons l'état de la rue après une soirée de folie : elle est blanche d'une sorte de glaise séchée dont les gens ont été enduits et qui s'est répandue lorsqu'ils s'aspergeaient mutuellement avec leurs pistolets à eau. Le taxi est marqué par des traces de main glaisée, comme quelques voitures que nous verrons sur la route. Déposées à 9h40, nous vérifions avec une agréable surprise que la poste de l'aéroport est ouverte : nous nous délestons de 8kg de guides, bouquins, vêtements et babioles achetées au cours des trois derniers mois. Valérie, la petite soeur de maman, va recevoir le tout dans quelques semaines...

Enregistrement des bagages sans encombre, mon sac pèse 10 kg, celui de maman 12 kg, on a de la marge avant d'atteindre les 15 kg payés à Air Asia. Pendant l'heure qui suit, on déambule dans les allées de l'aéroport, faisons du lèche-vitrine devant Cartier, et autres enseignes de luxe... et une fois de plus, vous pouvez nous tirer votre chapeau, nous n'avons rien acheté !

Vol sans encombre, départ à 12h arrivée deux heures plus tard à Kuala Lumpur. Il est, avec l'heure de décalage, 15h. L'aéroport étant, comme tout bon aéroport, excentré, nous achetons un billet de bus Air Asia pour rejoindre la gare centrale de Kuala d'où nous prendrons ensuite le ''KL monorail, métro aérien vers la station la plus proche de notre hôtel.

Reservée sur Internet, nous avons l'adresse de la Pondlok lodge mais pas de plan de la ville. La galère commence à la sortie du métro : il fait une chaleur humide, nous avons notre sac sur le dos et la circulation est dense ; on demande notre chemin, nous sommes orientées mais pas forcément au bon endroit... Après plus de trois quart d'heure de marche, sûres de ne pas être loin de notre destination mais ne supportant plus de tourner autour, nous cédons et prenons un taxi qui nous dépose au pied de notre hôtel deux minutes plus tard... Maman reconnaît les lieux, elle y est venue quatre ans auparavant et avait dormi dans le dortoir. Nous déposons nos affaires dans une chambre avec une grande baie vitrée sur de hauts immeubles, sympa ; le mobilier est rudimentaire, il fait chaud donc pas de drap pour se couvrir, la salle de bain et les toilettes sont au bout du couloir. On est là pour deux nuits, ça nous convient parfaitement !

L'heure du diner arrive assez rapidement, nous partons en quête de la rue aux restaurants dont maman se rappelle ; en mettant les pieds dehors, une petite averse pointe le bout de son nez. Par précaution, nous remontons chercher les impers en plastique que nous nous étions achetés en prévision quelques jours plus tôt... On a bien fait ! Nous avons à peine mis les pieds dehors que l'averse se transforme en déluge. Emballées dans nos sacs roses, nous sommes au sec ! On finit par trouver la rue après quelques bonnes minutes de marche et l'on s'arrête au Dragon View, il y a du monde, c'est souvent bon signe, on s'installe sous les yeux amusés des clients qui nous voient débarquer avec nos sacs plastiques sur le dos, on trouve ça drôle. Le restau est sympa, le déluge s'accentue au moment où nous nous installons et ne ralentit que peu lorsque nous repartons ; on remonte la rue de l'eau jusqu'aux chevilles. En s'arrêtant au 7 Eleven du coin, on croise un couple qui, voyant nos superbes sacs, se dit qu'ils feraient bien d'en faire autant : elle achète le violet, lui le bleu !

Vendredi 15 Avril
Une nuit un peu bruyante. Notre chambre, si elle a une belle vue, donne sur la rue des bars et ils ne ferment qu'à trois heures du matin, pas de double vitrage pour atténuer le problème ! On se réveille tard, nous ne quittons l'hôtel qu'à 9h30, trop tard pour chopper les tickets d'entrée pour monter sur la passerelle qui relie les deux tours Pétronas ; on est déçues, mais tant pis... on se console en regardant les souvenirs vendus dans la boutique à côté de la billetterie : T-shirt, posters, cartes postales, stylos, aimants, sacs, horloges, etc. à l'effigie de ces belles twin towers. Là aussi, nous ressortons sans rien acheter : on ne s'est pas levées suffisamment tôt pour mériter un cadeau souvenir...

On fait les magasins, j'essaye quelques vêtements chez Mark and Spencer mais est-ce raisonnable d'acheter des vêtements en Asie qui viennent d'Europe ? Un peu perdues au milieu de ces grattes ciels, pas trop certaine de savoir quoi faire dans cette grande ville trop moderne, on marche jusqu'à l'office du tourisme pour au moins avoir un plan de Kuala ! On hésite à se payer un tour de la ville en bus – 38 riggits par personne pour 24 heures – mais il est déjà midi et ce serait dommage de payer pour n'en profiter qu'une moitié de journée... On s'est peut-être pas super bien débrouillées sur ce coup : il aurait fallu être au twin super tôt pour monter la-haut, et prendre un billet de bus dans la foulée pour faire le tour de la ville avec les escales. Ça sera pour une prochaine fois... quoi qu'après l'avoir arpentée toute la journée, nous ne sommes pas super emballées par cette ville... Etonnée par ces bouts de forêt tropicale en plein coeur de la ville qui rappelle qu'il n'y a pas si longtemps encore c'est une autre jungle que celle des building qui règnait ici. Sortie de terre depuis peu, cette ville continue de construire toujours plus haut.

Afin d'aller voir quelques sites touristiques, on prend le métro électrique, les portes s'ouvrent automatiquement dès qu'il arrive, comme la ligne 14 à Paris ou les lignes de Lille. (Bien que je crois qu'il y ait quand même un chauffeur dans leur métro... j'en suis pas certaine.. ) On passe par l'ancien marché «Central Market», situé dans un vieux batiment, une concentration de magasin attrape-touristes puis on se ballade dans le quartier chinois non loin de là. On hésite à aller visiter la mosquée nationale, on préfère un temple hindu qui passe sous notre nez... On file jusqu'à la Kuala Lumpur Tower pour grimper – en ascenseur – jusqu'à son sommet et admirer la vue de la ville. A l'accueil ils proposent plusieurs formules et celle qui nous suggère de prendre un goûter au restaurant tournant et profiter de la vue qui nous y est offerte nous séduit. La vue est belle, le goûter décevant...

Il est près de 18h lorsque l'on rentre à l'hôtel, un peu vannées par cette journée de marche dans une ville pas vraiment faite pour les piétons... Il est 21h, on vient juste de ressortir manger dans un autre des nombreux restaurants à deux rues de notre hotel. Sans la pluie, ça à tout de même une autre gueule ! On ne peut pas faire un pas sans être alpaguées par une personne qui veut nous ammener à diner dans son restau. Une fois attablées, on se rend compte que le choix n'est pas si évident, on a six cartes de menus différentes, l'enseigne regroupe en fait pleins de petits commerçants individuels qui cherchent à attirer l'attention du client installé... Bref, on a fait notre choix, on a bien mangé, on est de retour à l'hotel...

On partage notre clim avec un couple qui vient juste d'arriver et qui doit avoir très chaud parce qu'il l'on mise à 16... Pour être plus claires, il y a un trou en haut du mur qui sépare les deux chambres au milieu duquel est glissé la clim, une moitié est chez eux, l'autre chez nous, l'interrupteur est à l'extérieur... Peut-être qu'une bataille aura lieu pour savoir qui a le droit de choisir la température ? On ne va pas se battre longtemps, de toute manière à 3h du matin, on doit se lever pour partir à l'aéroport.. Nous avons un avion qui nous emmène en Indonésie !


0904 - 1004 - 1104 - 1204 - 1304 : A l'eau Bangkok

Samedi 9 Avril
Certes SUKHOTAI mériterait que l'on s'y attarde au moins une ½ journée de plus pour aller visiter, par exemple, le parc historique de SRI SATCHANALAI à une soixantaine de kilomètres, mais nous avons besoin de nous poser un peu avant de poursuivre en Indonésie ; par ailleurs, nous sommes convaincues que nous reviendrons dans cette région qui nous plaît bien : elle mérite plus que ces sauts de puce !

Petit déjeuner expédié à la TR guesthouse, un samlor - drôle de véhicule fait d'une moitié de moto qui pousse un siège à l'avant - disponible au pied des marches nous dépose à 07H50 à la station de bus, trop tard pour celui de 08h00 qui est complet ! Qu'à cela ne tienne, nous réservons deux places en première classe dans le bus de 08h45 et allons faire quelques emplettes au 7 Eleven du coin. Deux étages pour ce superbe bus, nous sommes au rez-de-chaussée ; les sièges sont confortables, la vidéo qui tourne en boucle relativement discrète. Un stop de 20 minutes vers 12h00 pour le repas. Le voyage se passe bien. Nous sommes sur une autoroute. Arrivés à 15h30, il faudra près d'1h30 au bus 509 pour rejoindre Democracy monument, la porte d'accès à Khao San road. Transit vers la Lamphu pour réserver une troisième nuit et se faire confirmer qu'ils ne peuvent nous accueillir dès aujourd'hui. La première guest de Gaëlle, la Four Seasons Village nous propose une double pour 500 baht, pas géniale mais l'accès à TV5 nous dispense de rechercher autre chose. Sacs déposés, nous allons récupérer nos objets en consigne et donner à laver des vêtements. Nous sommes de retour « à la maison » et nous allons tranquillement attendre jeudi notre départ pour Kuala Lumpur et l'Indonésie dans la foulée.

Kao San Road, nous on aime bien, d'autres détestent ; nous avons élu domicile dans la Soi Rambuttri un peu à l'écart de l'effervescence. L'intérêt de ce quartier est qu'on y trouve tout ce dont un voyageur peut avoir besoin quand il fait de Bangkok sa plaque tournante et c'est notre cas !

Dimanche 10 Avril
Pendant ces quatre jours à Bangkok nous n'allons pas faire grand chose, pas même le courage de faire un aller retour à Kanchanaburi pour voir le fameux pont de la rivière Kwai. On s'est tout de même motivées pour un intense shopping au Chatuchak Market ! On a d'ailleurs géré notre planning pour être à Bangkok pour ce fameux marché du week-end... Pour y être le plus tôt possible, on a mis le réveil, pris notre petit déj' en vitesse et nous sommes parties à la chasse au bus 509 ou 59 sur Democracy Monument. Nous n'attendons pas très longtemps et en ce dimanche matin, la circulation est fluide, nous arrivons sur place une petite demi-heure plus tard. Il est 9h30, nous sommes tellement matinales que les stands et autres boutiques sont à peine ouverts, certains déballent encore leur marchandise... On déambule dans les allées, on fait du repérage : des bracelets en coquillage nacré par ci, des ustensiles de cuisine en bois par là, des paniers en osier, des sacs ethniques, nous n'achetons pas, nous prenons note ! On marche dans ce dédale de couloirs et de boutiques sans savoir où nous allons... nous nous perdons, tombons sur le quartier des animaux ou nous sommes attendries par des chiots, chatons, lapins, cochons d'inde, écureuils, bébés tortues et poissons exotiques, pour les animaux que nous avons reconnus ! Nous sommes surprises par des mini-écrevisses et des bébés poissons-chats... On se fait une pause déjeuner dans le quartier des artistes : quelques galeries exposent des oeuvres intéressantes, heureusement, elles sont hors budget ! Il est près de treize heures, la chaleur a raison de notre motivation, plus nous avançons plus nous sommes convaincues que nous reviendrons les mains vides... Ca aussi c'est sympa pour le budget ! Maman réussit à me faire acheter un chemisier qui doit remplacer l'un des vieux que je me trimbale depuis le début du voyage, 200 baht/5€ ça passe... C'est avec le bus N° 3 que nous rentrons. Epuisées par cette éprouvante matinée, nous retrouvons nos lits pour une longue sieste : « c'est dur la vie de nous ! »...

Pour dîner, on retourne au « Pannee Guesthouse », la bonne adresse dont nous parlions lors de notre dernier passage à Bangkok. Située sur Rambutri, on se rend compte que ce restaurant – qui ne fait pas auberge bien que son nom laisse à le penser – est indiqué dans le Guide du routard. Alors oui, on confirme, c'est une bonne adresse : réputé pour ses poissons grillés, il fait également de très bons curries !

Lundi 11 avril
Après avoir traîné, pris notre petit-déj' dans un café choisi pour sa wifi gratuite, nous décidons d'aller du côté de Sukhumvit. Si Evelyne s'y rendait régulièrement pour ses visites au Burumgrad Hospital quatre ans auparavant, Gaëlle n'a jamais mis les pieds dans ce quartier d'affaires bourgeois où malls et autres grattes-ciels se juxtaposent. Le prétexte pour nous y rendre : aller déjeuner chez Cabbages et Condoms pour tenter de trouver l'affiche sur les préservatifs qui nous avaient tant amusées à Chiang Rai. Nous empruntons le bus n°2, descendons quelques arrêts trop tôt et marchons sous la chaleur jusqu'au Soi Sukumvit 12. L'environnement est agréable mais les prix élevés et les plats un peu fades, la boutique ne vend pas notre poster, nous repartons un peu déçues...

On poursuit notre après-midi en arpentant quelques immenses centres commerciaux qui finissent par nous épuiser et émousser toute vélleité d'achat... Fières de ne pas avoir été touchées par la fièvre acheteuse, nous regagnons notre sweet home en fin d'après-midi...

Mardi 12 avril
C'est décidé, aujourd'hui nous consacrons notre journée à récupérer au moins une partie du retard pris dans les posts de Birmanie. Près de dix d'entre eux restent à écrire, les photos ne sont pas triées et ça fait désordre lorsque l'on clique sur cette destination dans notre blog... Si on attend plus longtemps, on ne le fera jamais ou quand on s'y collera, on aura quelques difficultés à retrouver nos souvenirs... On passe la matinée dans un restaurant avec un accès wifi gratuit : j'écris la première ébauche des posts, maman termine un bouquin de Laurent Gounelle, puis on inverse les rôles, elle corrige, ajoute sa patte au post et je débute son livre « l'homme qui voulait être heureux ».

On décide de changer de lieu pour déjeuner, nous déambulons dans le quartier pour nous arrêter devant un petit chinois bondé : on nous installe à la table d'une jeune thaïlandaise parlant très bien l'anglais. Attirées par sa soupe, elle nous sert d'interprète et passe la commande pour nous. Bon choix, une soupe rose avec des légumes et des raviolis de crevettes délicieuses. On passe le reste de l'après-midi dans le petit jardin de notre guest à … encore travailler !

Mercredi 13 avril
Elle était annoncée depuis longtemps, on en parlait déjà au Laos, tous les pays asiatiques se préparent à la fête du nouvel an bouddhique : SONG KRAN ; traditionnellement, c'est le jour le plus chaud de l'année et les gens s'aspergent d'eau mutuellement ! Des marchands ambulants vendent des révolvers, mitraillettes en plastique et autres jeux d'eau, d'autres des chemises à fleurs de palétuviers et des chapeaux de paille, d'autres encore des pochettes de plastique pour protéger papiers et appareils photos... C'est la démesure qui règne évidemment sur Kao San Road : les jeunes se sont emparé des jouets et la rue est devenue un vaste terrain de jeux d'eau : tout et tous sont trempés, il fait 30°, pas de risque de prendre froid !

Ce mercredi 13 est férié ; la majorité des commerces est fermée, nous ne pourrons pas envoyer notre colis en France, le musée idem et Evelyne ne pourra pas revisiter le musée national avec son guide français. Seuls les commerces essentiels, restent ouverts, les cafés internet par exemple ! Génial, on va pouvoir continuer à travailler à la mise à jour de notre blog... parce que si l'on a du retard sur la Birmanie, il commence également à s'accumuler sur nos derniers post de Thaïlande...

0804 - 0904 : Sukhothai, remonter le temps et descendre vers Bangkok

Vendredi 8 Avril
La Julie's guesthouse est très calme... quand nous la quittons ce matin ; la circulation est tranquille : un taxi collectif nous dépose à la station de bus de Chiang Mai et nous grimpons dans le bus 5 minutes plus tard... 3 heures de route après, nous arrivons à New Sukhothai... la TR guesthouse nous donne une chambre et nous allons chez Tintin – le poo restaurant - pour déjeuner.

Un songthaew – un camion aménagé avec des bancs qui roule à 40Km/h - nous transporte à Old Sukhothai – 12km - et dès l'arrivée nous nous voyons proposer une location de vélo et oh merveille on apprend que compte tenu de la fete qui s'annonce la visite de tous les monuments est gratuite !

Sukhothai, première capitale du royaume du Siam, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco : il reste un ensemble de temples disséminés dans une large vallée entournée de collines boisées ;c'est l'un des plus beaux sites archéologiques de Thaïlande ! A une autre échelle, il rappelle les sites d'Angkor ou de Bagan. La ballade à vélo y est très agréable, nous circulons d'un temple à l'autre durant toute l'après-midi, on se casse le nez devant le musée qui ferme à 16h... On observe la préparation de festivités de Song Kan, le nouvel an bouddhique.

En rentrant sur New S. nous allons faire un tour au marché nocturne qui s'installe. On s'achète une sorte de crêpe soufflée qui nous séduit, un sachet d'ananas fraichement coupé et notre goûter est fait ! (comment ça c'est plus de notre âge ?)

On retourne tranquillement vers notre hôtel en attendant l'heure du diner pour retourner au restaurant belge de ce midi. (Oui on mange beaucoup en voyage... mais sainement... et en plus on bouge beaucoup... sous le soleil !).

0504 - 0604 - 0704 : Au coeur du Siam, Chiang MAI

Mardi 5 Avril
C'est reparti pour de la route. Nous quittons Chiang Rai, avec l'envie d'y revenir pour aller rencontrer toutes ces ethnies montagnardes alentour qui méritent qu'on leur consacre du temps. Direction Chiang Mai. Le bus que nous envisagions de prendre est complet, nous nous replions sur le bus VIP : cher mais quelle classe ! Peu de sièges, de la place pour les jambes, la clim, une hôtesse pour nous servir une bouteille d'eau et un snack. Un voyage confortable donc et quand on arrive à la station de bus de Chiang Mai, nous sommes toutes fraiches. Un taxi collectif nous dépose à la Julie's guesthouse où nous avons la chance de pouvoir récupérer une chambre. La Julie's est une célèbre guesthouse de Chiang Mai, ancienne et très animée : les routards s'y retrouvent et la moyenne d'âge est très jeune...

Chiang Mai est une jolie ville, la deuxième de Thaïlande mais 50 fois moins peuplée que Bangkok ! 200 000 habitants, un vieux quartier délimité par quatre anciennes douves, une ville à taille humaine avec des petites maisons traditionnelles, des ruelles et des temples partout...

Mercredi 6 Avril
Pour se ballader en toute liberté dans une ville plate, rien de mieux que la location d'un vélo... Nous enfourchons deux superbes bicyclettes pour aborder rapidement le « périphérique » de Chiang Mai... Quelle horrible projet ! camions, voitures, motos foncent sur ces quatre voies et, comble d'horreur, tous nos repères sont cassés car les Thaïlandais roulent à gauche ! On décide de pédaler sur les trottoirs et de traverser les rues à pied... Nous arrivons miraculeusement au Musée national de C.M., manque de chance, il est fermé : nous sommes le 6 avril, le jour des Chakri, la fête de la dynastie actuelle et pour fêter le roi, on ferme le musée ! Demain peut être ! Tout proche le Wat Chet Yod un vieux temple du XVème siècle ; superbe dans un parc verdoyant, il n'a pas été rénové et c'est tant mieux... Un vieux chedi à sept points avec autour des bas-reliefs en stuc abimés mais où l'on devine des bouddhas en position de méditation. Dans une grande salle, une cérémonie se déroule : des thais offrent des présents à une vingtaine de moines assis en ligne, face à eux... A la sortie, les fidèles offrent à manger à ces moines et s'offrent mutuellement le repas : nous sommes invitées à partager un délicieux bol de soupe... Nous poursuivons notre ballade dans un centre commercial on ne peut plus classique... On revient sur nos bécanes, un peu plus assurées, dans le carré historique et comme nous n'avons pu rendre hommage à la culture ce matin, nous allons visiter le Centre des arts et de la culture de C.M. : lieu d'autant plus agréable qu'il tombe une averse et en guise de thé à 5 heures, Evelyne va en profiter pour goûter un jus de maïs (si, si ça existe... et ça a goût de maïs !)

Jeudi 7 Avril
Nous décidons ce matin de faire nos dévotions à Mercator, le dieu du commerce... Pas de vélo pour ce faire, un seul danger à la fois ! Première étape à pied pour gagner le Narawat bridge où nous arrêtons un taxi collectif : le voisin du chauffeur nous propose ses services pour aller visiter les villages de Sankampaeng et Borsang, là où se concentre une bonne partie de la production artisanale... Moyennant 200b pour deux ou trois heures, il nous propose de nous emmener voir comment se fabrique la soie, les bijoux, les laques, les ombrelles... Nous comprendrons les étapes de la fabrication de la soie et trouverons sympathique celle des ombrelles mais nous sommes peu intéressées par ces espaces essentiellement commerciaux... Notre guide en sera pour ses frais, pas la moindre commission à se mettre sous la dent, nous n'avons rien acheté ! On se fait déposer à la gare de Chiang Mai envisageant d'y acheter notre billet de train Bangkok/Kuala Lumpur ; nous n'arrivons pas à comprendre si les voyages sont annulés ou complets : en fait des inondations ont lieu dans le sud de la Thaïlande, l'employé de la gare n'est meme pas sûr que les bus circulent... Nous sommes... un peu inquiètes : nous avons réservé un vol Kuala Lumpur / Yodjakarta pour le 17 avril ! A pied, nous rentrons à la guesthouse en transitant par le marché du jour le Warorot market : on se perd dans les petites rues et l'on rencontre les thaïs qui font leurs courses ; est-il besoin de préciser que nous préférons traverser le rayon fleurs plutôt que celui des poissons et crevettes séchées ?

Arrivées à l'auberge, nous sommes heureuses de pouvoir bénéficier de la Wifi gratuite pour aller sur le site d'Air Asia. Génial : une promotion nous fait bénéficier de 20% de réduction et nous allons pouvoir faire le Bangkok/Kuala Lumpur pour un prix défiant toute concurrence, moins cher que le bus ou le train. On en profite également pour réserver nos vols sur Hong Kong... Point important à noter : pour acheter les vols Air Asia, il faut pouvoir disposé d'un numéro de téléphone – connu de votre banque - sur lequel elle vous transmet un SMS pour valider l'achat.

Pour fêter ça, nous allons dîner au Huen Phen, au centre de la vieille ville, dans un restaurant recommandé par le Guide du Routard : quelle heureuse idée, c'est un lieu charmant, une cuisine délicieuse, une belle soirée.

0304 - 0404 : A l'écart du Triangle d'or, Chiang RAI

Dimanche 3 avril
Aujourd'hui, nous passons la frontière entre le Laos et le Cambodge, double passage pour moi qui en ce dimande 3 avril souffle une bougie supplémentaire : une 27ème – ce n'est qu'une image, je n'ai pas de bougie à portée de main...

Un tuktuk nous emmène à la gare routière ; notre bus est déjà quasiment complet, nous nous installons au fond près de deux soeurs espagnoles, jeunes trentenaires, qui voyagent ensemble pour quelques mois : elles parlent français couramment pour avoir vécu l'une et l'autre à Paris. Départ du bus à 9h00. Nous papoterons ensemble une bonne partie du trajet.

Le Nord-ouest du Laos est une région particulièrement fragilisée à cause de la déforestation importante liée d'une part à la culture sur brulis réalisée par les groupes ethniques vivant dans la région mais d'autre part par le trafic commercial important qui est fait avec la Chine... Des associations écologiques se penchent sur le problème et autour de Luang Namtha une démarche raisonnée semble être mise en place pour encourager communautés et tourisme à protéger l'environnement... Mais sur cette route entre Luang Namtha et Huay Xay la frontière thaïlande-laos on remarque les risques qui sont pris... De vastes pans de forêts brûlés pour y faire pousser des bananes, des routes qui deviennent de plus en plus larges et carossables mais qui supportent nombre de camions... Souhaitons que les hommes ne détruisent pas trop vite cet espace encore si beau !

Le bus nous dépose à la gare routière de Huay Xay et pour gagner le poste frontière on nous enfourne (moyennant 10 000 kips par personne) dans un tuktuk collectif qui nous dépose quelques kilomètres plus loin : en chemin, on se fait arroser par un groupe d'enfants qui anticipe avec espieglerie la fête de l'eau qui va arroser toute l'Asie pendant trois ou quatre jours, à compter du 13 avril. Pas de difficulté particulière pour quitter le Laos hormis la ponction de 10 000 kips/1€ réalisée par l'employée pour 'intervention pendant le week-end' !

A hauteur de Huay Xay, le Mékong sert de frontière avec la Thaïlande et pour passer à Chiang Kong il suffit de le traverser ! Bien organisés, et moyennant 40baht/1€ par personne des bateliers s'empressent de vous rendre ce service...

Formalités d'entrée en Thaïlande rapidement réalisées, nous sommes en possession d'un visa de 15 jours (15 jours par voie terrestre, 1 mois par voie aérienne)... Il nous faut aller à la gare de bus : 40 baht supplémentaires pour un tuk tuk.

On a juste le temps de s'acheter un encas dans le 7 Eleven du coin, le bus local part. Encore 2H30 de transport nous arrivons à 17 heures. Le bus se remplit et se désemplit au fil du trajet, il s'arrête selon la demande.

Nos deux compagnes espagnoles poursuivent sur Chiang Mai dans la foulée, nous partons à la recherche de la guest où Evelyne avait passé son noël 2006 : elle la retrouver mais elle est complète, l'Orchids guesthouse où elle avait également séjourné a une chambre, c'est parfait, c'est une petite auberge agréable.

Après avoir déposé nos affaires et parressé devant la télévision durant deux heures, nous partons au marché de nuit.

Ce soir, pour fêter mon anniv : brochette de poulet grillées ! Et trois boules de glace chez un glacier du coin ; je vais même avoir droit à un cadeau : une paire de chaussures ! Maman en a ras le bol de me voir marcher avec mes tongues, elle tient absolument à me faire porter des chaussures de marche, vous savez les sandales trop moches et pas du tout féminines ? Encore que mes tongues ne soient pas au top de la féminité et ce, en dépis du coeur dessiné dessus... Bref, nous sommes allées dans une sorte de Galerie Lafayette thaïlandaises et on a trouvé la paire repérée aux pieds d'une nana la veille à Luang Nam Tha ! Quel bol ! Plutôt jolies pour des sandales de rando ! Avec un peu de vernis sur les ongles ça passera très bien !

Lundi 4 Avril 
Ce matin, on hésite : louer une voiture pour aller au Triangle d'Or et nous ballader dans les villages des minorités ethniques ou visiter la ville de Chiang Rai, ses temples et ses musées. Le coût de location d'une voiture avec chauffeur est raisonnable mais nous optons néanmoins pour la seconde option : on ne verra pas les ethnies in-situ mais on pourra admirer leurs costumes sur les nombreux mannequins dans un hall municipal et au musée Hilltribe où on peut visionner une vidéo en français. On achète un gros livre sur les minorités que maman avait vu trois ans auparavant et qu'elle n'avait jamais pu retrouver sur Bangkok ou ailleurs : deux kilos de plus dans le sac !

On poursuit par la visite de deux temples et on file en tuk-tuk dans la belle demeure de Mr Suriyachai, de lignée royale, qui a transformé sa maison en musée : le Oub Kham Museum. C'est cher (300b/7,5€), mais ça vaut le coup. Si dans les musées précédents nous avons vu les vêtements traditionnels du peuple, ici on admire les vêtements de l'aristocratie... et on continue à le payer ! On hésite à s'offrir un sac à main, ils sont magnifiques mais ne rentrent ni dans notre sac ni dans notre budget de routarde... Dommage !

On rentre à pied jusqu'à l'hôtel, nouvelle pause pour échapper à la chaleur qui nous étouffe. Et l'on retourne au marché de nuit pour y manger une traditionnelle soupe de riz et de légumes pour moi et des sushi pour maman. On fait un tour dans les allées de vêtements et nous nous achetons des t-shirt en coton pour quelques baht.

LAOS : du 10 mars au 03 avril 2011, de Paksé à Huay Xai

SYNTHESE LAOTIENNE

En cours d'écriture

3103 - 0104 - 0204 : Luang Nam Tha

Jeudi 31 Mars
Départ raté... Jennifer, Eric, Maman et moi comptions prendre le bus de 9 heures qui partait pour Luang Prabang et nous arrêter à Pak Mong afin d'y trouver plus rapidement une correspondance pour Udomxai. Mais à notre arrivée, le bus est plein et nous n'avons d'autre choix que d'attendre celui de 11 heures. Nous sommes pour le moins dépités : 2 h à patienter alors que nous nous sommes levés si tôt ! Nous prenons notre mal en patience... Jennifer part en quête de galettes de riz, de bananes ...et de cigarettes pour améliorer l'ordinaire du parcours...

Dès 10 heures, notre mini-bus est en place, nous l'observons pendant une heure : nos sacs sont montés sur le toit ; nous ne remarquons pas que subrepticement les uns et les autres montent dans le véhicule et réservent les places ; nous sommes les derniers à grimper, nous récupérons les places les plus inconfortables... Voyager ça s'anticipe, on reste des touristes !

Trois heures plus tard, les fesses endolories par des amortisseurs défaillants sur une route où les nids de poule abondent, nous arrivons à Udomxai... Cette ville carrefour n'existait quasiment pas il y a 50 ans, elle s'est développée avec l'arrivée massive des Chinois qui viennent commercer avec le Laos. Eric et Jennifer passent la nuit ici, ils prennent un bus demain pour traverser la frontière chinoise à Boten. Nous nous séparons autour d'une soupe de nouille traditionnelle en imaginant pouvoir nous recroiser en Indonésie dans un mois.

Vaillantes, nous enchainons en direction de Luang Nam Tha. Nous étions prévenues, il fallait du courage pour reprendre la route ! 5 heures de trajet au lieu des 3 prévues : nous sommes régulièrement arrêtés pour les travaux de voierie : dans quelques mois, cette route sera superbe ! La gare de bus de cette capitale de province de 36 000 habitants est excentrée, nous sommes à 11km du nouveau centre ville, nous partageons un tuk tuk collectif avec deux couples étrangers pour gagner nos résidences. Il fait nuit et froid... Maman avait repéré (Guide du Routard + forum) l'adresse d'une auberge qui s'avère très sympa : la Zuela guesthouse est cachée derrière des batisses, ce petit hotel nous héberge pour 80 000 kips (7,20 €) par nuit. Nous avons une grande chambre à deux lits, une salle de bain avec l'eau chaude, la wifi gratuite... A l'étage pour plus de luminosité. Les murs en lambris ne sont pas épais et nous entendons le voisin bouger dans sa chambre : il est suisse francophone et nous fera savoir avec beaucoup d'humour qu'il m'entend téléphoner à mon père...

Vendredi 1 Avril
On profite de l'accessibilité à Internet depuis notre chambre et la terrasse du restau pour trier nos photos et les poster sur le blog. C'est fou le temps que ça nous prend ! Celle-ci ou plutôt celle-là ? Passer de 300 photos à 40 ce n'est pas si évident que ça !

Quand on se décide enfin à décoller de nos chaises, il est plus de 14 heures : le gérant nous accorde demi tarif pour la location des vélos (5000 kips x 2) : on part à la découverte de Luang Nam Tha et de ses villages environnant sur nos jolies bicyclettes roses... Pas folles, nous nous sommes renseignées, on est dans une plaine, c'est plat ! Premier effort, le temple en haut de la colline ; ça grimpe, nous descendons très vite de nos montures pour les accompagner à pied ! La vue est relativement belle, ce n'est pas le temple qui justifie cet effort : bâtisse de béton, il est plutôt moche et nous apprécions modérément d''avoir à faire un don de 5000 kips pour sa visite. On redescend à côté de nos vélos, les freins ne nous semblent pas suffisamment fiables...

Nous poursuivons notre ballade vers un petit village 2 km au nord... puis par une longue boucle autour de la ville : les villages sont particulièrement soignés, très propres... Les gens vaquent à leurs occupations sans se soucier des touristes que nous sommes et nous aimons bien cette tranquille indifférence. Là, un groupe assis sur une grande toile, décortique du maïs, ici un homme nettoie tout un fatras de ronces, souches de bois et fils de fer barbelé, les enfants nous crient des 'Sa bai di' du haut des terrasses sur piloti... On aide une petite fille à cueillir des fruits qui ressemblent à des mûres dans un arbre. On passe devant un coq perdu au milieu d'une rizière verdoyante... La ballade est charmante. Nous traversons un petit pont de bambou que des motocyclistes empruntent sans descendre de leur engin. Un homme traverse le cours d'eau avec son camion, s'y arrête pour le nettoyer. A côté, des enfants se lavent ou pêchent des poissons.

Visite du marché de nuit sans intérêt, on passe tranquillement la soirée dans notre auberge.

Samedi 2 Avril
Nous sommes motivées pour un aller/retour à Muang Sing, une petite ville connues pour les différentes ethnies qui s'y cotoient. Réveillées à 6h30, nous prenons notre petit déj' tranquillement ; nous avons amplement le temps, le bus ne part qu'à 8h30... Enfin c'est ce que l'on croyait ! On le voit partir à 8 heures, bondé ! Rageant...

On patiente jusque 9h30, moi en bouquinant, maman en travaillant nos messages sur l'ordinateur que nous transportons toujours avec nous.

On monte dans un minivan, coincées au fond : il est plein, comme d'hab., nous n'avions rien fait pour réserver les sièges ! C'est parti pour deux heures de route en lacets, en pleine forêt, avec des villages de bambous sur pilotis de par et d'autre de la route. Il pleut à nouveau, une petite pluie fine. Il est plus de 11 heures quand on arrive. Face à la station de bus, un marché de jour où des femmes vendent quelques légumes dont certains nous sont totalement inconnus. Beaucoup d'étals sont vides, seule une partie du marché est occupée. Des femmes en costumes traditionnels font leurs courses.

La ville est petite, nous en faisons rapidement le tour ; il continue de pleuvoir et les routes en terre battue sont glissantes. Nous sommes émues par un accident : un jeune coq passe sous les roues d'un camion ; l'animal tente veinement de se relever, mais il n'est plus en état de continuer sa route. Un homme le jette dans le caniveau, une femme le récupère. Deux choses m'étonnent dans ce pays :
1. Comment se fait-il, compte tenu du nombre de cochons, chiens, volatiles, vaches qui traversent la route à tout bout de champ, que nous n'ayons pas assisté à plus d'accident que ça ?
2. Ces animaux semblent n'appartenir à personne, ils se balladent partout, sans signe distinctif... Ont-ils des propriétaires ? Si oui, comment ces derniers reconnaissent-ils leur bête de celle du voisin ?

Nous ne pourrons visiter le musée tribal qui présente les objets culturels de la région : il est fermé le samedi après-midi ; nous pourrons néanmoins admirer la bâtisse, un bel exemple du sytle lao-français que l'on retrouve de par et d'autre de la rue par ailleurs. On grignote des rouleaux de printemps et une salade dans le restauant de la Daen Neua Guesthouse : la serveuse ne nous comprend pas, la gérante revient confirmer notre commande... Accès wifi, on charge un 'post' : nous essayons tant bien que mal de combler le retard de ces dernières semaines !

Mauvais temps, petite ville sans grand intérêt, route gadouilleuse : nous décidons de repartir plus tôt que prévu et attrapons le bus de 14 heures. Le meme minivan est là mais quasimment vide ; trois femmes Akha sont assises derrière nous et machent du bétel (ou quelque chose de similaire) qu'elles recrachent dans de petits sacs en plastique... Je me retrouve plongée quelques semaines en arrière durant mes trajets de bus en Birmanie entre Mandalay et Bagan... L'habitude de macher cette plante qui rend les dents rouges et de recracher dans de petits sacs en plastique ou à même le sol est fréquente ! Ce retour est plus sympa, et semble moins long : noud n'étions plus coincées au fond du van et le soleil avait repris ses droits, nous avons même tenté de prendre quelques photos du magnifique paysage.

Arrivées vers 16h, je suis personnellement affalée sur mon lit pour bouquiner La sanction de Trévanian : un excellent polar, une écriture fluide, drôle et intelligente, dommage que cet auteur soit prématurément décédé !

Pendant ce temps, maman s'est occupée de régler l'addition de notre hotel et la réservation de nos billets de bus pour la frontière thaïlandaise. Nous partons demain ! Je change de pays pour mes 27 ans et c'est dans le bus que je fêterais cette transition ! 27 ans entre Laos et Thaïlande !