Jeudi 31 Mars
Départ raté... Jennifer, Eric, Maman et moi comptions prendre le bus de 9 heures qui partait pour Luang Prabang et nous arrêter à Pak Mong afin d'y trouver plus rapidement une correspondance pour Udomxai. Mais à notre arrivée, le bus est plein et nous n'avons d'autre choix que d'attendre celui de 11 heures. Nous sommes pour le moins dépités : 2 h à patienter alors que nous nous sommes levés si tôt ! Nous prenons notre mal en patience... Jennifer part en quête de galettes de riz, de bananes ...et de cigarettes pour améliorer l'ordinaire du parcours...
Dès 10 heures, notre mini-bus est en place, nous l'observons pendant une heure : nos sacs sont montés sur le toit ; nous ne remarquons pas que subrepticement les uns et les autres montent dans le véhicule et réservent les places ; nous sommes les derniers à grimper, nous récupérons les places les plus inconfortables... Voyager ça s'anticipe, on reste des touristes !
Trois heures plus tard, les fesses endolories par des amortisseurs défaillants sur une route où les nids de poule abondent, nous arrivons à Udomxai... Cette ville carrefour n'existait quasiment pas il y a 50 ans, elle s'est développée avec l'arrivée massive des Chinois qui viennent commercer avec le Laos. Eric et Jennifer passent la nuit ici, ils prennent un bus demain pour traverser la frontière chinoise à Boten. Nous nous séparons autour d'une soupe de nouille traditionnelle en imaginant pouvoir nous recroiser en Indonésie dans un mois.
Vaillantes, nous enchainons en direction de Luang Nam Tha. Nous étions prévenues, il fallait du courage pour reprendre la route ! 5 heures de trajet au lieu des 3 prévues : nous sommes régulièrement arrêtés pour les travaux de voierie : dans quelques mois, cette route sera superbe ! La gare de bus de cette capitale de province de 36 000 habitants est excentrée, nous sommes à 11km du nouveau centre ville, nous partageons un tuk tuk collectif avec deux couples étrangers pour gagner nos résidences. Il fait nuit et froid... Maman avait repéré (Guide du Routard + forum) l'adresse d'une auberge qui s'avère très sympa : la Zuela guesthouse est cachée derrière des batisses, ce petit hotel nous héberge pour 80 000 kips (7,20 €) par nuit. Nous avons une grande chambre à deux lits, une salle de bain avec l'eau chaude, la wifi gratuite... A l'étage pour plus de luminosité. Les murs en lambris ne sont pas épais et nous entendons le voisin bouger dans sa chambre : il est suisse francophone et nous fera savoir avec beaucoup d'humour qu'il m'entend téléphoner à mon père...
Vendredi 1 Avril
On profite de l'accessibilité à Internet depuis notre chambre et la terrasse du restau pour trier nos photos et les poster sur le blog. C'est fou le temps que ça nous prend ! Celle-ci ou plutôt celle-là ? Passer de 300 photos à 40 ce n'est pas si évident que ça !
Quand on se décide enfin à décoller de nos chaises, il est plus de 14 heures : le gérant nous accorde demi tarif pour la location des vélos (5000 kips x 2) : on part à la découverte de Luang Nam Tha et de ses villages environnant sur nos jolies bicyclettes roses... Pas folles, nous nous sommes renseignées, on est dans une plaine, c'est plat ! Premier effort, le temple en haut de la colline ; ça grimpe, nous descendons très vite de nos montures pour les accompagner à pied ! La vue est relativement belle, ce n'est pas le temple qui justifie cet effort : bâtisse de béton, il est plutôt moche et nous apprécions modérément d''avoir à faire un don de 5000 kips pour sa visite. On redescend à côté de nos vélos, les freins ne nous semblent pas suffisamment fiables...
Nous poursuivons notre ballade vers un petit village 2 km au nord... puis par une longue boucle autour de la ville : les villages sont particulièrement soignés, très propres... Les gens vaquent à leurs occupations sans se soucier des touristes que nous sommes et nous aimons bien cette tranquille indifférence. Là, un groupe assis sur une grande toile, décortique du maïs, ici un homme nettoie tout un fatras de ronces, souches de bois et fils de fer barbelé, les enfants nous crient des 'Sa bai di' du haut des terrasses sur piloti... On aide une petite fille à cueillir des fruits qui ressemblent à des mûres dans un arbre. On passe devant un coq perdu au milieu d'une rizière verdoyante... La ballade est charmante. Nous traversons un petit pont de bambou que des motocyclistes empruntent sans descendre de leur engin. Un homme traverse le cours d'eau avec son camion, s'y arrête pour le nettoyer. A côté, des enfants se lavent ou pêchent des poissons.
Visite du marché de nuit sans intérêt, on passe tranquillement la soirée dans notre auberge.
Samedi 2 Avril
Nous sommes motivées pour un aller/retour à Muang Sing, une petite ville connues pour les différentes ethnies qui s'y cotoient. Réveillées à 6h30, nous prenons notre petit déj' tranquillement ; nous avons amplement le temps, le bus ne part qu'à 8h30... Enfin c'est ce que l'on croyait ! On le voit partir à 8 heures, bondé ! Rageant...
On patiente jusque 9h30, moi en bouquinant, maman en travaillant nos messages sur l'ordinateur que nous transportons toujours avec nous.
On monte dans un minivan, coincées au fond : il est plein, comme d'hab., nous n'avions rien fait pour réserver les sièges ! C'est parti pour deux heures de route en lacets, en pleine forêt, avec des villages de bambous sur pilotis de par et d'autre de la route. Il pleut à nouveau, une petite pluie fine. Il est plus de 11 heures quand on arrive. Face à la station de bus, un marché de jour où des femmes vendent quelques légumes dont certains nous sont totalement inconnus. Beaucoup d'étals sont vides, seule une partie du marché est occupée. Des femmes en costumes traditionnels font leurs courses.
La ville est petite, nous en faisons rapidement le tour ; il continue de pleuvoir et les routes en terre battue sont glissantes. Nous sommes émues par un accident : un jeune coq passe sous les roues d'un camion ; l'animal tente veinement de se relever, mais il n'est plus en état de continuer sa route. Un homme le jette dans le caniveau, une femme le récupère. Deux choses m'étonnent dans ce pays :
1. Comment se fait-il, compte tenu du nombre de cochons, chiens, volatiles, vaches qui traversent la route à tout bout de champ, que nous n'ayons pas assisté à plus d'accident que ça ?
2. Ces animaux semblent n'appartenir à personne, ils se balladent partout, sans signe distinctif... Ont-ils des propriétaires ? Si oui, comment ces derniers reconnaissent-ils leur bête de celle du voisin ?
Nous ne pourrons visiter le musée tribal qui présente les objets culturels de la région : il est fermé le samedi après-midi ; nous pourrons néanmoins admirer la bâtisse, un bel exemple du sytle lao-français que l'on retrouve de par et d'autre de la rue par ailleurs. On grignote des rouleaux de printemps et une salade dans le restauant de la Daen Neua Guesthouse : la serveuse ne nous comprend pas, la gérante revient confirmer notre commande... Accès wifi, on charge un 'post' : nous essayons tant bien que mal de combler le retard de ces dernières semaines !
Mauvais temps, petite ville sans grand intérêt, route gadouilleuse : nous décidons de repartir plus tôt que prévu et attrapons le bus de 14 heures. Le meme minivan est là mais quasimment vide ; trois femmes Akha sont assises derrière nous et machent du bétel (ou quelque chose de similaire) qu'elles recrachent dans de petits sacs en plastique... Je me retrouve plongée quelques semaines en arrière durant mes trajets de bus en Birmanie entre Mandalay et Bagan... L'habitude de macher cette plante qui rend les dents rouges et de recracher dans de petits sacs en plastique ou à même le sol est fréquente ! Ce retour est plus sympa, et semble moins long : noud n'étions plus coincées au fond du van et le soleil avait repris ses droits, nous avons même tenté de prendre quelques photos du magnifique paysage.
Arrivées vers 16h, je suis personnellement affalée sur mon lit pour bouquiner La sanction de Trévanian : un excellent polar, une écriture fluide, drôle et intelligente, dommage que cet auteur soit prématurément décédé !
Pendant ce temps, maman s'est occupée de régler l'addition de notre hotel et la réservation de nos billets de bus pour la frontière thaïlandaise. Nous partons demain ! Je change de pays pour mes 27 ans et c'est dans le bus que je fêterais cette transition ! 27 ans entre Laos et Thaïlande !
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