La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

2505 – 2605 : Sur les rails pour Hang Zhou

Mercredi 25 mai

Après huit jours de séjour à Hong Kong, il nous faut nous remettre en route : la sensation est bizarre, un peu stressante. Nous aimions bien notre petite guesthouse et nos deux interlocutrices de la réception ont toujours été merveilleusement présentes et efficaces. Nous prenons le métro pour Shenzhen et allons donc passer la frontière. Formalités classiques d'entrée sur un territoire, nous espérons juste que notre visa n'est pas en toc... Non ça passe, nous sommes en Chine ! Déjeuner rapide dans un self chinois au premier étage de la gare, on s'installe dans la salle d'attente, nous avons plus de deux heures d'avance, notre train part à 15:40. Le principe est le même que dans un aéroport : les bagages sont passés un à un au scanner, les billets vérifiés, on attend dans une grande salle sous le panneau récapitulant en chinois et en anglais les infos de notre train. Environ 40 minutes avant le départ, des portillons s'ouvrent et on descend sur les quais pour accéder au train. On nous avait conseillé de réserver les couchettes du milieu, celles du bas sont utilisées par les différents voyageurs pour s'asseoir, celles du haut sont proches des haut-parleurs et l'espace y est plus réduit. Une jeune chinoise trentenaire, couchée au-dessus de nous, parle anglais ; elle vit à Shanghai et nous donne ses bonnes adresses de restaurant ; de plus elle écrit dans sa langue l'adresse de notre guest à l'attention du taxi. Il y a une voiture-restaurant contigüe à la nôtre mais c'est à une marchande ambulante que nous achetons notre dîner, très correct au demeurant. Le lit est confortable, la couette chaude, les draps propres et avec des bouchons d'oreilles pour éviter d'entendre les ronflements des autres, on dort très bien ! 


Jeudi 26 mai
Nous arrivons à Hang Zhou à 08 heures ; au sortir de la gare, nous sommes un peu déboussolées, une immense place un rien soviétique s'étend devant nous, nous partons en quête d'un taxi ; les premiers interrogés, avec notre adresse traduite, refusent de mettre le compteur et réclament 100 yuans/10.90€ pour le trajet ; une dame chinoise anglophone débloque la situation : elle va dans notre direction et propose de partager le taxi. Une heure de trajet agréable en sa compagnie, adresses échangées, nous payons 50 yuans notre quotepart du trajet.
On découvre la Hang Zhou 4Eyes guesthouse réservée par un email qui n'a pas été reçu. Heureusement, il y a une double pour nous, on grimpe, on grimpe jusqu'à la chambre du haut et plus on monte plus on s'interroge sur notre capacité à affronter les milliers de marches qui nous attendent le surlendemain. Dans l'immédiat, notre chambre est craquante, lumineuse, télévision, salle de bain, terrasse sans vis à vis, de jolies couleurs... On est ravies de se jeter sous la douche puis sur le lit, mais on est aussi accablées : Internet est accessible en Chine, mais pas de Picassa, pas de Facebook et pas de BLOG, il va nous falloir trouver une alternative ! Allo Tatie Valou, tu veux bien faire le lien ?!
En début d'après-midi, il est temps de faire notre travail de touristes : nous sommes à 20 minutes du lac à pied, pas de difficulté pour trouver, c'est tout droit ! On monte au sommet de la Pagode Leifeng pour contempler le lac mais le point de vue nous déçoit. On s'attendait à autre chose vu les commentaires du lonely ! « merveilleux lac de l'ouest étendue miroitante au milieu de vallons verdoyants... avec ses rives bordées de saules ses pagodes et ses collines nimbées de brume, il ressemble à une peinture chinoise classique... C'est un enchantement que de l'explorer à pied ou à vélo...»
On poursuit notre ballade vers la rue de la culture historique Qinghefang, une rue piétonnière bruyante et animée bordée de maisons de thé et de souvenirs ; nous y sommes accueillies par la sculpture dorée d'un bouddha grassouillet hilare recouvert d'enfants ; on découvre par hasard le musée de médecine chinoise Huquing Yutang dans une belle maison chinoise typique et la manipulation artisanale depuis des générations de coton pour rembourrer les couettes. Mais à ces rares exceptions près, ce quartier est éminemment touristique et il ne nous séduit pas beaucoup. Préoccupées par la suite de notre voyage, nous ne sommes pas vraiment disponibles pour découvrir Hang Zhou et l'on se fatigue vite.
Nous rentrons en longeant le lac devant lequel de jeunes mariés viennent prendre des poses kitch pour leur album photo. Le retour nous paraît long, on envie les nombreux motocyclistes avec leur véhicule électrique. De retour à la guest, on se contentera d'une salade de fruits en guise de diner, cinq jeunes chatons joueurs nous tiennent compagnie. Dans notre chambre, nous découvrons que les 50 chaînes de télévision sont toutes en chinois : tant pis, on se rabat sur l'un des films de notre ordinateur !