La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

1404 - 1504 : Une journée de transit à Kuala Lumpur

Jeudi 14 Avril 2011
Petite pensée pour mamie qui aurait eu 80 ans aujourd'hui...

Nous quittons Bangkok ce matin ; en raison de Shonkran, les transports en commun ne fonctionnent pas, tout est fermé et c'est un taxi qui doit nous emmener à l'aéroport. A 09:00, il est là et nous découvrons l'état de la rue après une soirée de folie : elle est blanche d'une sorte de glaise séchée dont les gens ont été enduits et qui s'est répandue lorsqu'ils s'aspergeaient mutuellement avec leurs pistolets à eau. Le taxi est marqué par des traces de main glaisée, comme quelques voitures que nous verrons sur la route. Déposées à 9h40, nous vérifions avec une agréable surprise que la poste de l'aéroport est ouverte : nous nous délestons de 8kg de guides, bouquins, vêtements et babioles achetées au cours des trois derniers mois. Valérie, la petite soeur de maman, va recevoir le tout dans quelques semaines...

Enregistrement des bagages sans encombre, mon sac pèse 10 kg, celui de maman 12 kg, on a de la marge avant d'atteindre les 15 kg payés à Air Asia. Pendant l'heure qui suit, on déambule dans les allées de l'aéroport, faisons du lèche-vitrine devant Cartier, et autres enseignes de luxe... et une fois de plus, vous pouvez nous tirer votre chapeau, nous n'avons rien acheté !

Vol sans encombre, départ à 12h arrivée deux heures plus tard à Kuala Lumpur. Il est, avec l'heure de décalage, 15h. L'aéroport étant, comme tout bon aéroport, excentré, nous achetons un billet de bus Air Asia pour rejoindre la gare centrale de Kuala d'où nous prendrons ensuite le ''KL monorail, métro aérien vers la station la plus proche de notre hôtel.

Reservée sur Internet, nous avons l'adresse de la Pondlok lodge mais pas de plan de la ville. La galère commence à la sortie du métro : il fait une chaleur humide, nous avons notre sac sur le dos et la circulation est dense ; on demande notre chemin, nous sommes orientées mais pas forcément au bon endroit... Après plus de trois quart d'heure de marche, sûres de ne pas être loin de notre destination mais ne supportant plus de tourner autour, nous cédons et prenons un taxi qui nous dépose au pied de notre hôtel deux minutes plus tard... Maman reconnaît les lieux, elle y est venue quatre ans auparavant et avait dormi dans le dortoir. Nous déposons nos affaires dans une chambre avec une grande baie vitrée sur de hauts immeubles, sympa ; le mobilier est rudimentaire, il fait chaud donc pas de drap pour se couvrir, la salle de bain et les toilettes sont au bout du couloir. On est là pour deux nuits, ça nous convient parfaitement !

L'heure du diner arrive assez rapidement, nous partons en quête de la rue aux restaurants dont maman se rappelle ; en mettant les pieds dehors, une petite averse pointe le bout de son nez. Par précaution, nous remontons chercher les impers en plastique que nous nous étions achetés en prévision quelques jours plus tôt... On a bien fait ! Nous avons à peine mis les pieds dehors que l'averse se transforme en déluge. Emballées dans nos sacs roses, nous sommes au sec ! On finit par trouver la rue après quelques bonnes minutes de marche et l'on s'arrête au Dragon View, il y a du monde, c'est souvent bon signe, on s'installe sous les yeux amusés des clients qui nous voient débarquer avec nos sacs plastiques sur le dos, on trouve ça drôle. Le restau est sympa, le déluge s'accentue au moment où nous nous installons et ne ralentit que peu lorsque nous repartons ; on remonte la rue de l'eau jusqu'aux chevilles. En s'arrêtant au 7 Eleven du coin, on croise un couple qui, voyant nos superbes sacs, se dit qu'ils feraient bien d'en faire autant : elle achète le violet, lui le bleu !

Vendredi 15 Avril
Une nuit un peu bruyante. Notre chambre, si elle a une belle vue, donne sur la rue des bars et ils ne ferment qu'à trois heures du matin, pas de double vitrage pour atténuer le problème ! On se réveille tard, nous ne quittons l'hôtel qu'à 9h30, trop tard pour chopper les tickets d'entrée pour monter sur la passerelle qui relie les deux tours Pétronas ; on est déçues, mais tant pis... on se console en regardant les souvenirs vendus dans la boutique à côté de la billetterie : T-shirt, posters, cartes postales, stylos, aimants, sacs, horloges, etc. à l'effigie de ces belles twin towers. Là aussi, nous ressortons sans rien acheter : on ne s'est pas levées suffisamment tôt pour mériter un cadeau souvenir...

On fait les magasins, j'essaye quelques vêtements chez Mark and Spencer mais est-ce raisonnable d'acheter des vêtements en Asie qui viennent d'Europe ? Un peu perdues au milieu de ces grattes ciels, pas trop certaine de savoir quoi faire dans cette grande ville trop moderne, on marche jusqu'à l'office du tourisme pour au moins avoir un plan de Kuala ! On hésite à se payer un tour de la ville en bus – 38 riggits par personne pour 24 heures – mais il est déjà midi et ce serait dommage de payer pour n'en profiter qu'une moitié de journée... On s'est peut-être pas super bien débrouillées sur ce coup : il aurait fallu être au twin super tôt pour monter la-haut, et prendre un billet de bus dans la foulée pour faire le tour de la ville avec les escales. Ça sera pour une prochaine fois... quoi qu'après l'avoir arpentée toute la journée, nous ne sommes pas super emballées par cette ville... Etonnée par ces bouts de forêt tropicale en plein coeur de la ville qui rappelle qu'il n'y a pas si longtemps encore c'est une autre jungle que celle des building qui règnait ici. Sortie de terre depuis peu, cette ville continue de construire toujours plus haut.

Afin d'aller voir quelques sites touristiques, on prend le métro électrique, les portes s'ouvrent automatiquement dès qu'il arrive, comme la ligne 14 à Paris ou les lignes de Lille. (Bien que je crois qu'il y ait quand même un chauffeur dans leur métro... j'en suis pas certaine.. ) On passe par l'ancien marché «Central Market», situé dans un vieux batiment, une concentration de magasin attrape-touristes puis on se ballade dans le quartier chinois non loin de là. On hésite à aller visiter la mosquée nationale, on préfère un temple hindu qui passe sous notre nez... On file jusqu'à la Kuala Lumpur Tower pour grimper – en ascenseur – jusqu'à son sommet et admirer la vue de la ville. A l'accueil ils proposent plusieurs formules et celle qui nous suggère de prendre un goûter au restaurant tournant et profiter de la vue qui nous y est offerte nous séduit. La vue est belle, le goûter décevant...

Il est près de 18h lorsque l'on rentre à l'hôtel, un peu vannées par cette journée de marche dans une ville pas vraiment faite pour les piétons... Il est 21h, on vient juste de ressortir manger dans un autre des nombreux restaurants à deux rues de notre hotel. Sans la pluie, ça à tout de même une autre gueule ! On ne peut pas faire un pas sans être alpaguées par une personne qui veut nous ammener à diner dans son restau. Une fois attablées, on se rend compte que le choix n'est pas si évident, on a six cartes de menus différentes, l'enseigne regroupe en fait pleins de petits commerçants individuels qui cherchent à attirer l'attention du client installé... Bref, on a fait notre choix, on a bien mangé, on est de retour à l'hotel...

On partage notre clim avec un couple qui vient juste d'arriver et qui doit avoir très chaud parce qu'il l'on mise à 16... Pour être plus claires, il y a un trou en haut du mur qui sépare les deux chambres au milieu duquel est glissé la clim, une moitié est chez eux, l'autre chez nous, l'interrupteur est à l'extérieur... Peut-être qu'une bataille aura lieu pour savoir qui a le droit de choisir la température ? On ne va pas se battre longtemps, de toute manière à 3h du matin, on doit se lever pour partir à l'aéroport.. Nous avons un avion qui nous emmène en Indonésie !


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