La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

0805 : On achete bien les buffles...

Dimanche 8 mai
Le buffle est l'animal emblématique de la culture Toraya : ces animaux ont une importance primordiale dans les cérémonies funéraires, ils constituent un symbole social et leur possession représente la richesse et le pouvoir, la valeur des terres est mesurée à leur aune. De façon surprenante, on ne les voit pas travailler dans les rizières, ni tirer de lourdes charges sur les routes ; ils sont dans les champs, se prélassent quelquefois dans une mare boueuse pour se protéger des insectes ou passent plusieurs heures par jour, le museau attaché à un anneau, pour muscler leur nuque et parfaire leur port de tête. Ce sont des animaux particulièrement placides que l'on n'entend jamais !
Aujourd'hui à Rantepao, c'est jour de marché : Gaëlle et moi sommes accompagnées par Alex et Fou, nos copains Toraja et Malaisien ! Le grand marché de Rantepao, Pasar Bolu, a lieu tous les 6 jours. Cet événement social important attire les habitants de toute la région et les plus beaux buffles s'y échangent ; les albinos sont les plus prisés, un superbe mâle adulte, avec de longues cornes et les yeux bleus peut valoir jusqu'à 300 millions de roupies, soit près de 240 000€ !
Ce grand marché ne se réduit pas à la vente des buffles, on y achète aussi beaucoup de porcs déjà saucissonnés sur leur brancart de bambou, prêts à emporter, pour servir de repas aux convives des différentes cérémonies ; il est aussi, avec le poulet, la base de l'alimentation locale. Un immense marché classique est attenant au précédent : on y trouve tout ce qui peut être utile au quotidien.
Nous passons la matinée sur ce lieu. Alors que nous étions venus à pied (environ 2 km), nous reprenons un bémo pour aller au centre ville déjeuner, tous les quatre, au Rumah Makan Saruran, un petit restaurant sino-indonésien, que Fou affectionne particulièrement. Dans la soirée, c'est à notre tour de lui faire découvrir le Mart's café : un guide particulièrment talentueux joue de la guitare et chante : nous passons une autre agréable soirée après une après-midi tranquille.

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