Jeudi 10 mars
C'est donc par voie terrestre que nous passons la frontière Thaïlande-Laos : arrivées à 17h30 au poste frontière, nous franchissons la première étape avec tous les passagers du bus et quittons la Thaïlande sans encombre. Seules touristes occidentales du bus, nous sommes aussi les seules à avoir besoin d'un visa, délivré sur place, pour entrer au Laos : un formulaire à remplir, une photo d'identité, 30$ + 1, 10 minutes, le tour est joué ! Gaëlle n'apprécie pas cette ponction supplémentaire (pour horaires de bureau dépassés !) des agents, Evelyne est plus fataliste : 4 ans plus tôt, c'est pour cause de week-end que deux dollars supplémentaires lui avaient été réclamés...
Une petite heure de trajet dans le même bus et nous sommes déposées à la gare routière de Paksé, à 2km du centre ville. Les moto-taxi nous prennent d'assaut et les prix enflent pour les occidentaux. Evelyne négocie dur pour ne rien obtenir, paie 40bahts (2€) pour le transfert à l'hôtel et se mord les doigts de honte quand elle prend conscience d'avoir bataillé pour si peu alors que le Paksé hôtel est l'hôtel le plus cher de la ville et qu'il va leur coûter 15 fois plus cher que ce simple transfert !
Le Paksé hôtel est dirigé par un français qui s'avère originaire de Lisieux ; notre chambre est agréable, la vue du 4ème étage est belle, nous avons TV5 monde et c'est un luxe !
Nous retirons 1 000 000 de kips – maximum autorisé - à un distributeur automatique de banque : nous sommes millionnaires, pour en fait l'équivalent de 90€. Pourvues de monnaie locale, nous pouvons tranquillement découvrir la gastronomie de rue : noodle soup au boeuf ! A priori toute l'Asie s'est transmis la même recette basique ! Gaëlle espère juste que ce n'est pas du chien, il paraît que malgré l'interdiction officielle, sa dégustation perdure... Tout près du restaurant et de l'hôtel manifestation sonore : un spectacle de danse et de musique maillant le traditionnel et le sirupeux actuel : on ne s'y attarde pas et pas d'inquiétude, les laos se couchent tôt et dès 22 heures tout sera terminé. Un petit tour au marché couvert où les derniers commerçants ferment leurs boutiques, on achète une carte SIM laotienne pour le portable et un crédit téléphonique : pour 120 000 kips (10€90), nous disposons d'un numéro laotien et restons en lien avec la France.
Vendredi 11 mars
Petit-dej' buffet inclus dans le prix de la chambre ; Gaëlle se jette sur les pancakes, crêpes, pain perdu, cakes et fruits frais... On va arrêter avec le luxe, c'est vraiment incompatible avec un régime !...
Nous avons rendez-vous à l'aéroport de Paksé, Nathalie y arrive de Vientiane à 7h45. La veille nous avions choisi la voiture à même d'assurer ce transfert : Notre amie est myopathe et voyage avec deux types de chaise, une manuelle classique - qu'elle ne peut actionner n'ayant pas suffisamment de forces dans les bras - et un scooter électrique qui lui apporte un maximum d'autonomie mais pèse 90 kilos. Avec les autres bagages, c'est un pickup qu'il nous faut pour circuler ! Deux employés de l'hôtel nous accompagnent, nous assistons à la descente d'avion : folko ! Cinq personnes entourent Nathalie et s'interrogent sur son portage. Dans sa belle robe rouge, impossible de la louper ! Evelyne fait connaissance physiquement d'une jeune trentenaire souriante et en pleine forme qui s'enthousiasme sur l'accueil reçu la veille, à Vientiane, dans la famille d'un collègue de travail laotien ; elle a bénéficié d'une réception de star avec bouquet de fleurs à l'arrivée, six personnes pour l'entourer et une soirée de rêve dans la famille où elle a passé la nuit.




La configuration du Paksé Hôtel facilite l'accès aux personnes handicapées : passage incliné par le parking, ascenseurs, chambres et salles de bains spacieuses... On dépose tout le 'barda' dans la chambre 'family' aux deux grands lits et nous repartons pour le Jasmin restaurant, autre célébrité locale pour se caler sur la terrasse et préparer la logistique de notre circuit au Laos : Pour Evelyne et Gaëlle, la seule possibilité de circuler reste la voiture particulière, même si le budget 'routard' doit en pâtir, le handicap empêche l'utilisation de moyens de locomotion classiques ; les bus locaux sont petits et surchargés, difficile d'imaginer y intégrer un scooter de 90 kilos et de faire la chaise à porteur dans les allées... Nathalie, pour l'avoir déjà pratiqué, estime que ce serait possible... On discute avec deux français installés ici depuis quelques années : l'un est pensionné pour invalidité, l'autre en retraite ; ils nous donnent quelques tuyaux et nous invitent à faire confiance à Jérôme, le directeur français du Paksé hôtel... Et c'est effectivement Jérôme, et sa jeune collaboratrice Éliane qui répondront à nos besoins plutôt pointus : location d'un pick up avec chauffeur à raison de 85$ par jour (+ essence) et d'un transfert Paksé/Vientiane le 19 mars pour 350$. Certes le budget explose mais la tranquillité que cette solution apporte vaut bien ce 'sacrifice' financier, au demeurant relatif.
Dîner tranquille dans un petit restaurant du coin de la rue puis Gaëlle et Evelyne apprennent les premiers gestes techniques pour rendre l'environnement de Nathalie le plus confortable possible...
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