La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

1203 - 1303 - 1403 : Du plateau des Boloven aux 4000 iles

Samedi 12 mars
Nous faisons connaissance avec Aloun notre jeune chauffeur, la trentaine, célibataire ; dommage il ne parle pas français et peu l'anglais ! Le pickup/4x4 est chargé à bloc, Nathalie installée, Aloun doit prendre conscience qu'il ne sera pas 'que' chauffeur, il lui faudra aussi utiliser ses muscles pour assurer les transferts de la voiture aux fauteuils, ce n'est pas toujours aisé...

Objectif de la journée : ballade dans le Plateau des Boloven, l'une des principales régions agricoles du Laos : plantations de théiers et de caféiers sur une latérite rouge, maisons sur pilotis et cascades nombreuses pour rafraichir cette journée chaude et ensoleillée... Peu de kilomètres à vrai dire ; arrêt dans une plantation, Nathalie se sent obligée d'acheter un paquet de thé pendant qu'Evelyne photographie des coqs aux thés (ben quoi ?!) ; nous faisons l'impasse sur la visite d'une plantation de café mais descendons voir la cascade de Tad Fan... Dans une jungle luxuriante, l'une des plus hautes chutes d'eau du Laos... Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté ! Quelques kilomètres plus loin, la cascade de Tad Lo est réputée pour ses trois belles chutes d'eau mais elle n'est pas accessible ; Nathalie reste dans la voiture et nous inviterons deux québecoises croisées sur le chemin à lui faire un brin de causette 'accentué'... La chute d'eau est belle et le petit bassin dans lequel elle se déverse invite au bain... Quelques kilomètres de plus et nous arrivons à l'heure du déjeuner à la Saise guesthouse où le personnel se met en quatre pour nous faciliter l'accès. Avec son scooter, Nathalie retrouve de l'autonomie et stupéfie les laos qui n'ont jamais vu un tel engin. Succès garanti en fin d'après-midi également dans le petit village auprès des enfants et des adultes... Nous observons la vie empreinte de calme, de gentillesse mais aussi d'une certaine réserve face aux étrangers que nous sommes...

Dimanche 13 mars
Nous reprenons la route, laissant à Aloun briffé par Eliane du Paksé hôtel, l'organisation des visites ; en milieu de matinée, il nous dépose à Tadxe Phasouam, un petit village trop propre, trop organisé : les femmes en costume se prêtent aux photos du 'farang', les enfants entonnent des chants dès qu'approche le moindre 'western', des vieux grattent d'un instrument quand passe le touriste... Nous n'aimons pas cet aspect préfabriqué ; le groupe de touristes thailandais qui nous précède ne semble pas gêné et leurs appareils photos sont utilisés au maximum de leur potentiel. La cascade adjacente est jolie mais le pont de liane qui mène à elle est inaccessible au fauteuil. Nous revenons sur Paksé pour changer quelques euros et retirer des kips au distributeur (maximum doublé pour celui-ci, 2 000 000 de kips soit 180€). Déjeuner au Jasmin, pause pipi confortable au Paksé hotel et nous voilà reparties vers Champassak, notre ville étape de la soirée, sur l'autre rive du Mékong. Jérôme nous avait recommandé l'Inthira hôtel mais à 68 dollars la nuit, nous rejetons la proposition ; pour éviter un nouveau transfert, on visite en face, la Vong Paseud Guesthouse : le confort est sommaire mais accessible et le restaurant qui donne sur le Mékong, plutôt sympa ; on décide de se la jouer à la routarde et de rester là ! Les sacs déposés nous repartons visiter le Wat Phou 'le' temple khmer du Laos dont les travaux sont suivis par la France et l'Italie. Des jeunes aident Aloun à descendre le scooter, Nathalie ne pourra pas accéder au sanctuaire principal perché sur la montagne mais pourra tourner autour du site et s'en faire une idée ; Elle a soif d'indépendance et décide de rentrer seule en scooter à la guesthouse : Aloun est inquiet, il pense aux 10km sur cet engin, Evelyne et Gaëlle le sont moins, elles commencent à connaître l'opiniâtreté de leur amie par contre elles n'aiment pas découvrir dans leur sac son porte monnaie et le nom de la guesthouse ! Si dans une heure, elle n'est pas rentrée, elles iront en vélo à sa rencontre. Soixante minutes plus tard, Nathalie est de retour, ravie de sa virée et des photos qu'elle a pu faire tout au long du chemin.

Après un dîner sympathique sur la terrasse à discuter avec des français de passage, dont David, la mise au lit sera détonnante : Nathalie et Gaëlle s'écroulent sur le lit qui en perd un pied... Eclats de rire général, aucun mal !

Lundi 14 mars
Nathalie a passé une nuit de merde... le lit trop dur, en creux... galère ! Nous aussi d'ailleurs... Conséquence, on traîne ce matin et Alloun nous attend... On décolle tard et on file voir les éléphants... Le Laos est le pays des 1000 éléphants, nous n'en avons vu aucun. On pourrait faire une petite ballade d'une heure mais nous estimons que c'est trop compliqué à mettre en oeuvre pour si peu de temps. On opte pour une pause tranquille dans un petit restaurant chic face aux éléphants qui paissent tranquillement dans le champ face à nous. Le lieu est superbe, la cuisine bonne, la facture douloureuse : nous sommes au Kingfisher Ecolodge près de Ban Khiet Ngon, une structure créée par un couple lao-italien il y a quelques années. On quitte le lieu pour Siphandone, les 4000 îles...

Après un peu plus d'une heure de route, nous arrivons au bord du Mékong où nous attendent Mathieu – le directeur de notre guest – l'un de ses amis Darren et un chauffeur de bateau. C'est parti pour une heure folko pour charger sur le bateau, sous les yeux de quelques locaux venus admirer le transfert de Nath et de ses engins dans la barque... « Think different » serait-on tenté de penser... Alors qu'on ne voit pas comment charger le scooter dans la barque, Nathalie se rappelle que d'une part le siège de 30 kg peut être enlevé et que d'autre part le guidon peut se replier sur l'engin... On craignait le repli stratégique ou l'abandon provisoire du scooter... Mais on a pu tout embarquer et tout cela dans la bonne humeur !

Traversée simplement belle, nous débarquons sur Don Det, Little Eden, la guesthouse est agréable, c'est parti pour trois jours de paradis...

Comment résister à l'appel du coucher de soleil dans une auberge qui fait, de ce spectacle, sa publicité ! Evelyne avait gardé de son passage sur l'île de Don Det le souvenir de cette terrasse, du 'sunset' sur le Mékong et du propriétaire d'origine belge... Quatre ans plus tard, elle retrouve tout, ravie de partager ces petits plaisirs. Les filles invitent à leur table Suzanne, une enseignante québécoise qui intervient en classe primaire « à l'âge où les enfants ont un sourire édenté » !


Notre chambre est spacieuse tout comme la salle de bain... Dommage qu'il y ait ces quatre marches pour accéder au perron, ça nous oblige à systématiquement demander de l'aide pour que Nathalie puisse y accéder... Mathieu, le propriétaire, nous promet un sommier pour le matelas de Nathalie, posé cette nuit à même le sol, nous voulions une chambre pour trois.

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