La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

1902 - 2002 : En train pour Mawlamyine (Moulmein)

Dimanche 20 février
Aujourd'hui, nous prenons le train pour Mawlawyine, capitale de l'état Môn, quatrième ville du pays par son importance. Nous avons réservé nos billets en première classe hier et sommes ravis de découvrir ce moyen de transport.

On découvre des wagons décrépis dont les sièges sont néanmoins plus confortables que ceux de la majorité des bus. Un ballet constant de marchants ambulants défile dans les allés du train, femmes portant des plateaux de pastèques sur leur tête, des paniers de galettes de riz, de boissons ou d'épis de maïs cuits à la vapeur : aucun risque de mourir de faim durant les 8h de trajet...

Le train va très lentement et nous laisse tout le loisir d'admirer les petits villages qui longent la voie et les paysages magnifiques qui nous entourent. Nous rions beaucoup lorsque notre wagon est pris de soubressauts qui nous font décoller de nos sièges tellement les amortisseurs doivent être usés...

Quand 6h30 plus tard, le train s'arrête et ne redémare pas, on apprend que celui qui nous a précédé a eu un problème et que nous ne repartirons pas avant trois, voire quatre bonnes heures... Hors de question d'attendre dans cette carlingue étouffante ; nous partons à la recherche d'un autre moyen de transport. L'un des passagers du wagon avait fait le nécessaire, une camionnette est trouvée, c'est parti pour deux heures de route serrés comme des sardines à l'arrière du pick-up avec une dizaine d'autre birmans... Maman est écrasée contre les barres de fer, Gilles se cogne la tête contre le toit, une mamie hindo-birmane remonte la manche de mon t-shirt qui tombe sans cesse...

On finit par arriver à l'hôtel réservé par Gilles : le Cinderella, anciennement Shwe Hintha Hotel, le second d'une liste bien pauvre dans le Guide du routard... Maman peste, c'est super confortable mais au-dessus de notre budget et de plus c'est un hôtel gouvernemental ! Nous n'y resterons pas deux nuits...

On sort pour admirer le coucher de soleil sur le large fleuve Salouen et cette ancienne capitale coloniale anglaise (1827-1852) qu'est Mawlamyine : les couleurs fânées et délavées des vestiges coloniaux rendent cette ville très attendrissante. Après cette petite ballade, nous allons dîner au Chan Thar Restaurant, un établissement assez curieux, une immense salle parsemée de piliers, une ambiance amusante et de bons plats. C'est repus que nous allons nous coucher dans nos chambres de luxe...

Lundi 21 février
Ce matin, un taxi nous attend pour nous emmener, 22 km au sud de Mawlamyine, voir le plus grand bouddha couché du monde. La voiture est luxueuse au regard de celles de Birmanie et notre chauffeur pas très bavard. L'allée d'accès au Bouddha est bordée de centaines de statues de moines, en file indienne, tous de près de 4 m de haut et avec un visage différent ! Puis surgit le gigantesque bouddha couché : sa tête regarde vers l'ouest, dans la position du dernier prêche aux moines avant sa mort... Encore en construction, ses proportions sont sans commune mesure avec celles des autres bouddhas du pays, couchés sous des hangars de tôle ondulée. S'il existe un exemple de mégalomanie au Myanmar, c'est bien ce projet ! Presque 200 mètres de long, 34 mètres de haut répartis sur huit étages cloisonnés en 182 pièces, des yeux de métal de 7 m de long. Son maître d'oeuvre n'est pas un milliardaire fantasque mais un simple moine né près de Mudon en 1921, le vénérable Bhaddanta Kesara. Lors d'un rêve, une voix intérieure l'appela à réaliser un glorieux monument dédié au Bouddha. L'homme mène une existence ascétique au sommet de sa colline, d'où il surveille la progression des travaux, souhaitant ardemment les voir achevés avec sa mort... Coup de bol, tous les travaux sont réalisés bénévolement pour occuper spirituellement et concrètement une population qui a bien besoin de projet !

Renforcé par des armatures métalliques, le corps de béton et de brique devrait à terme être entièrement recouvert de carreaux aux couleurs vives. Un escalier mène à une porte située dans la nuque du géant assoupi. Le « monstre sacré » abrite un labyrinthe de salles plus ou moins terminées où la vie de bouddha est illustrée par des scènes et des personnages modelés à échelle humaine. Rapidement, on s'aperçoit du paradoxe du lieu ! Commencée dans les années 90, la partie en brique du chantier est bien fatiguée, et certaines salles plus déjà endommagées. Pourtant, les travaux continuent à côté, comme si de rien n'était...

Après une heure de déambulation dans ce lieu impressionnant mais décidément assez moche, nous repartons en direction de Moulmein, maman et moi avons un bateau à prendre pour Hpa-An!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire