La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

1602 - 1702 - 1802 : Lac Inle

Mercredi 16 février
On se réveille dans notre hôtel de luxe au milieu du lac. C'est superbe. Trois japonais qui la veille au soir avaient déjà loué les services de pêcheurs pour prendre des photos récidivent ce matin pour le sunrise ! Chacun installé dans une barque avec son pêcheur perso, ils dictent les poses à prendre !

On traine pour profiter du lieu, le petit déjeuner sous forme de buffet est plutôt agréable mais on se prépare au départ... Mauvaise surprise : l'hôtel n'a pas de bateau à disposition pour nous emmener à NYAUNGSHWE et ça va nous coûter le double d'en faire venir un ! Evelyne et Annie enragent... Un jeune couple de canadien quitte l'hôtel, on partagera le bateau avec eux. Ils souhaitent faire un arrêt au Monastère de Nga Phe Chaung, plus connu sous le nom de Monastère des chats sauteurs : on a vu des chats mais pas vraiment sauteurs ! Par contre, c'est l'occasion pour vendre aux touristes des chats en bois, des chats sur t-shirt, des chats sur assiette, des dessins de chats... Dommage pour ce bâtiment au demeurant très beau : construit sur pilotis, 650 poteaux de teck supportent depuis 150 ans cet édifice isolé sur le lac.

Nous arrivons à l'AQUARIUS guesthouse, une jolie auberge dans un peti jardin fleuri et calme ; des hôtes agréables, une ambiance cosy, une déco un peu coloniale... Gilles nous y retrouve en fin d'après-midi, il est dans un hotel non loin du nôtre et nous lui manquons ! Je vais dîner avec lui dans une gargotte d'une des rues principales de Nyaungshwe ; à peine attablés, une petite puce de trois ans, l'enfant de la restauratrice, saute sur mes genoux et commence à nous tenir de longs discours dont nous ne comprenons pas le moindre mot... Un couple de français rencontrés à Rangoon passe et s'arrête à notre table : la petite puce partie s'acheter des friandises durant notre conversation en propose à la tablée. Gilles et moi déclinons l'offre, le couple accepte... Crise de fou rire en voyant leurs visages devenir rouge et les larmes leur monter aux yeux ! Les palais sont décidément formés jeunes pour que cette môme puisse avaler comme des bonbons ces morceaux de viande pimentés !

Jeudi 17 fevrier
Ce matin, Annie fait une ballade en bateau sur le lac Inle, elle sera accompagnée de deux françaises croisées à la guest et de Monika, une polonaise rencontrée deux jours plus tôt au monastère. Avec Gilles, nous optons pour une ballade en vélo. Le parcours – une boucle sur terrain plat - nous est indiqué par la propriétaire de notre guest qui nous donne aussi une carte de la région. Premier arrêt : un petit temple au sommet d'une colline qui n'a d'intérêt que le point de vue qu'il offre sur la vallée et son lac. J'interprète la fresque murale du temple à partir des connaissances acquises lors de ma visite guidée au musée de Bangkok : l'histoire de Bouddha n'a presque plus de secret pour moi ! Nous snobons la source d'eau chaude de Lwe Nyeint, on poursuit jusqu'à un petit village où l'on trouve un bateau pour traverser avec nos vélos : 5000 kyats, 15 minutes de traversée pour arriver à hauteur d'un superbe pont de bambou. Nous reprenons notre route, croisons des écoliers sur leurs vélos ou à pied qui sortent de cours. Un marché local ferme, les birmans rangent leurs marchandises. Nous nous attablons sur l'unique table d'un petit bar et laissons le temps passer à observer les poules vaquer à leurs besoins... Nous longeons des champs de cannes à sucre, des odeurs désagréables s'échappent des distilleries locales... Un père et son fils réparent la route : à la main, ils remplissent de gravier des nids de poule et versent dessus du goudron réchauffé dans une boite de conserve... Comme on ne veut pas l'accompagner, Gilles n'a pas le courage d'aller visiter seul les vignobles à flanc de côteau... De retour sur Nyaungshwe, on s'arrête déjeuner tardivement une salade et on retrouve Paule, une québécoise rencontrée à Rangoon et revue à Mandalay. Elle est accompagnée d'un Portugais et d'une américaine désopilante de San Francisco : nous passons une petite heure super sympa en leur compagnie !

Le soir, nous dinons tous les quatre – Annie, Gilles, maman et moi – sur la terrasse d'un petit restaurant chic, à la lumière des bougies, et au bord de l'eau : c'est d'un romantisme ! C'est notre dernière soirée en commun : Annie part pour Mandalay, Gilles pour Rangoon. Si l'on retrouve ce dernier après demain, nous ne reverrons Annie qu'à Bangkok dans 10 jours.

Vendredi 18 fevrier
Après avoir déjeuné chez Htoo Htoo, une jolie petite adresse, Gilles et Annie partagent le même taxi pour se rendre à l'aéroport d'Heho et nous en profitons pour réserver le même pour demain. Nous changeons de guest, l'Aquarius affiche complet ce soir, nous allons deux cents mètres plus loin au Min ga lar, une petite auberge agréable : jolie chambre spacieuse et lumineuse, personnel charmant.

Nous enfouchons nos vélos gardés de la veille pour aller visiter le Buddha Museum installé dans l'ancien Palais du sawbwa, le roi de l'état shan : si la collection est assez mal présentée et peu parlante, la bâtisse décrépissante est à voir. Nous poursuivons par le monastère Shwe Yan Pyay à 2 km au nord de la ville. Ses fenêtres ovales font l'originalité et la beauté de cet édifice en bois ; nous échangeons quelques mots avec un jeune moine avant d'aller nous ballader dans le surprenant déambulatoire de la pagode blanche juste à côté : des murs de couleur rouge, percés de centaines de niches contenant des petits bouddhas...

A 17 heures, nous allons nous faire masser ! Massage birman (5€/1H1/2) pratiqué par les membres d'une famille qui officie de génération en génération. Ils étaient installés à Bagan mais en ont été expulsés, comme beaucoup de pauvres, par la junte militaire qui a récupéré les terrains pour construire des hôtels de luxe. Nous sommes massées par un homme et sa soeur : ils nous marchent dessus, c'est étrange, pas désagréable. Parce qu'il a pour objectif de pulser le sang dans le corps, il nous est recommandé de ne pas prendre de douche ! Ca tombe bien on n'en a pas le temps, nous avons rendez-vous pour le dîner ! Nous retrouvons au restaurant « Unique » plusieurs francophones rencontrés durant le voyage : Evelyne et Francis connus à Mandalay, recroisés à Bagan, Paule et sa copine américaine et un couple avec lequel nous avons sympathisé le matin à la guest. Une excellente soirée à papoter des vies et voyages de chacun autour d'un repas qui malheureusement ne sera pas à la hauteur de nos espérances : le marché est fermé pour cause de 'full moon', tous les plats proposés sur la carte ne peuvent être servis...

Demain, nous prenons l'avion pour Rangoon.

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