Dimanche 13 février
Petit déjeuner avalé, guesthouse payée, deux motocyclistes récupèrent nos gros sacs : nous les retrouverons dans trois jours à Inle. A 8 heures, nous réglons les derniers détails de notre randonnée. La veille au soir nous avions réservé le GOLDEN ISLAND COTTAGES ; ce matin changement, la fille d'Annie a bien précisé que c'était le « 1 » qu'il fallait et non le « 2 » : OK c'est fait. Une dernière photo avec Sam père, le maitre des lieux et nous voilà partis pour 54 km de marche répartis sur 2,5 jours. Première 'douce' mais longue grimpette qui devait être la seule : pour NAN KHUNN notre guide et TEA TUE le cuisinier les autres comptent pour du beurre : nous sommes, quant à nous, plus sensibles au beurre qui se liquéfie sous le soleil... Mais globalement pas de difficulté majeure pour cette ballade ; dès le deuxième jour, Gaëlle va troquer ses converses pour des tongues et finir le trek ainsi chaussée... Annie va connaître plus de problèmes : les chaussures de marche achetées à Kalaw avant le départ vont lui provoquer des cloques et il faudra trouver une alternative : le deuxième jour elle poursuivra en char à boeuf avec TEA TUE heureux de pouvoir profiter de l'aubaine, il porte sur le dos tout ce qui est nécessaire à notre alimentation... Les paysages sont superbes et variés : aux forêts de pins succèdent des vallons plantés de rizières ou de blé que les paysans coupent et mettent en gerbe... Nous croisons les villageois à pied ou sur leur char à boeufs... Les sentiers passent du chemin de campagne au sentier pédestre... Les pauses sont fréquentes, nous ne sommes pas en course... Le premier jour nous arrivons dans le petit monastère de HUTEPIN habité par un seul moine d'une petite cinquantaine d'années qui nous accueille tout sourire... Il est 11 heures du matin, NAN KHUNN et TEA TUE s'activent à la préparation du déjeuner, nous anticipons une sieste pour repartir repus à 14 heures...Nous traversons quelques villages avant d'arriver à KYAUT SU où nous passerons la nuit dans une maison privée. Des nattes sont étendues sur le sol d'une grande pièce sur pilotis ; dans l'espace-cuisine, guide et cuisinier s'attellent à la préparation du diner, une autre pièce contigüe héberge la famille qui va et vient et nous observe ostensiblement : les touristes font l'attraction et l'animation ! Discussion avec les villageois autour d'un feu de camp, la poitrine de Gaëlle est la cible de tous les regards, nous échangeons des sourires... WC collectifs dans des cabanes en bambou, douche à partir d'un baquet avec une boite de conserve pour verser l'eau... Le diner nous est servi à la lumière vascillante d'une seule petite bougie ; à 8 heures tout le monde est au lit faute de lumière et d'activité autre... Il n'en va pas de même pour notre guide qui retrouve ses copains au village, discute fort, chante dans la pièce adjacente et vient nous proposer, à 9h30, ou une bougie ou de nous joindre à eux ! On lui fait savoir que nous souhaitons juste dormir... ce que n'a pas du entendre le coq qui nous réveille à 4 heures du matin...
Lundi 14 février
Néanmoins, la nuit fut reconstituante et nous repartons tranquillement dès 8 heures. Nous déjeunons à KONE HLA, dans l'espace privé d'une maison villageoise et c'est notre hôte qui met son char à boeuf à disposition (20 000K) d'Annie pour l'emmener à notre gite de la soirée... Nous avons eu la chance de ne rencontrer que peu de touristes occidentaux, ce qui ne fut pas le cas à notre arrivée au village de point de croisement de tous les chemins de randonnées mais alors que nous étions prets à faire l'impasse au profit d'une maison villageoise, il s'avère que nous sommes les seuls hébergés cette nuit-là au monastère de PATUPARK : un grand monastère en tek superbe, sur pilotis, une immense pièce où se déplacent silencieusement 3 ou 4 moines adultes et autant de jeunes novices. Dans la pièce, des rideaux ont été tendus pour nous isoler, des nattes posées au sol, un petit matelas et trois bonnes couvertures pour chacun … une télévision dans un coin attire des enfants du village vers un programme du type 'école des fans', dans un autre coin un vieux moine austère chasse des chats, faute de pouvoir s'intéresser aux souris...
Mardi 15 février
Ce sont les moines qui nous réveillent tôt le matin par des déambulations furtives dans la pièce et des odeurs de fumée qui se dégagent des petits feus préparant le premier de leurs deux repas de la journée. Au petit déjeuner pour nous, du sticky rice noir... Surprenant ! C'est en moto qu'Annie fera le trajet jusqu'au lac où elle nous attendra. Nous reprenons notre marche et en descendant vers le lac Inle, nous découvrons d'autres paysages, des terrains ravinés par les eaux de pluie qui en saison doivent ruisseler le long des pentes de la montagne. Arrivés dans la plaine, de véritables jardins et champs flottants permettent le maraîchage : les INTHA, les 'fils du lac' sont passés maitres dans la culture des primeurs ; la région est le grenier des fruits et légumes du pays. Nous retrouvons Annie, ravie de son trajet, avant de prendre tous ensemble le bateau qui doit nous emmener vers nos hôtels respectifs. Gilles a réservé un hôtel sur NYAUNGSHWE, il traversera tout le lac. Annie, Gaëlle et Evelyne s'offrent une soirée de luxe : elles s'arrêtent à mi-parcours pour passer la nuit dans un complexe hotelier fait de bungalows sur pilotis et constuit au milieu du lac. Un joli bungalow avec trois lits et des moustiquaires, un petit balcon qui permet d'observer toute la vie sur le lac, quelquefois bruyante à cause des bateaux à moteur... Un coucher de soleil remarquable et puis ces pêcheurs inthas avec leur curieuse façon de ramer : ils enroulent leur jambe autour de la rame pour se déplacer, libérer leurs mains occupées à plonger les paniers et les filets dans l'eau claire et peu profonde du lac. En fin d'après-midi, Annie et Gaëlle s'offrent un massage qui s'avère un peu gênant, le massage 'japonais', qu'elles découvrent, bouscule les limites de leur intimité... Le dîner au restaurant de l'hôtel n'est pas à la hauteur du site mais pas d'alternative : nous sommes piégées...
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