Mercredi 23 février
A l'heure du petit déjeuner, particulièrement médiocre au demeurant, le propriétaire du lieu, Yvan, nous emmène sur des terrains très spirituels en évoquant le vol de trois bonzes illuminés : il nous montre la mauvaise photocopie d'un article de journal sur lequel on croit apercevoir une foule, les yeux tournés vers le ciel. Yvan, nous explique qu'en 2003, trois bonzes qui avaient atteint l'étape ultime de l'illumination, se sont envolés depuis la pagode Schwedagon et ont plané pendant ¾ heure sous le regard de milliers de fidèles comme la coupure de presse le prouve ! Les photos, prises par les fidèles, ont toutes été voilées et le photographe officiel n'a pas eu, in fine, l'autorisation des moines de publier les siennes. Notre interlocuteur nous précise que la Birmanie est un très haut lieu de spiritualité, le bouddhisme y est resté pur et plusieurs grands maîtres y atteignent des degrés d'illumination comme nulle part ailleurs. Troublées par cette histoire tirée par les cheveux, nous décidons d'aller sur l'île Shampoo (si! si!) visiter le monastère qui s'y trouve ! On commence par beaucoup marcher, l'ïle est au bout de la ville qui s'étire en longueur et l'échelle de la carte fournie a aussi pris des distances. On finit par trouver l'embarcadère, un passeur professionnel nous emmène sur la petite île à quelques dizaines de mètres de là. L'ile Shampoo est minuscule et n'abrite qu'un monastère d'hommes et de femmes ; nous nous promenons à travers les pagodons, statues et autres hébergements monacaux. Les habitants vaquent à leurs occupations, jardinent ou font la cuisine. L'atmosphère est tranquille, rien de remarquable, pas le moindre 'moine au'...dessus de nos têtes !
De retour sur la terre, nous allons, à pied, à l'autre bout de la ville visiter le musée local : le musée Mon, du nom de l'ethnie majoritaire locale : de jolis objets mais si mal mis en valeur qu'ils perdent presque de leur intérêt : les vitrines sont poussiereuses, mal éclairées... dommage !
Fatiguées par tant d'émotions pédestres, nous rentrons à l'hôtel. Gaëlle se repose dans la chambre, Evelyne travaille sur l'ordinateur dans l'angle d'un couloir : des français viennent visiter une chambre contigüe, elle entend un merveilleux accent français : « no fenêtre in the room... Oh it is not important » ; quand ils reviennent s'installer, Gaëlle tombe dans les bras de Marie-Thérèse et Robert : ils se sont rencontrés à Bangkok, à l'ambassade du Myanmar pour y déposer leurs demandes de visa. Retraités depuis plusieurs années, ils voyagent beaucoup, achètent des babioles en Asie, qu'ils revendent sur les marchés du sud de la France.
Nous passons la fin de la journée avec eux, les entrainant voir le coucher de soleil sur la colline sacrée. Nous n'y sommes pas seuls : un groupe d'écoliers tout excités par notre présence, chahute et discute avec nous. Ils veulent se faire prendre en photo et se regarder dans nos appareils numériques ; le jeune instituteur nous explique que c'est le dernier jour d'école, ils sont en vacances demain, la joie est décuplée, le coucher de soleil est magnifique, la soirée belle.
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