La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

0402 : Trishaw, trishaw a Mandalay

Vendredi 4 février 2010
En sillonnant les rues, je me fais accoster par une jeune femme qui me propose les services de son mari : il transporte toute personne sur son tricycle et en cette fin d'après-midi c'est le moment idéal pour grimper au sommet de la colline de Mandalay pour admirer le coucher de soleil sur la ville. J'accepte et me voici partie avec ce couple de jeunes mariés, elle sur son vélo, lui me bringuebalant à ses côtés.
Arrivée à destination je laisse mes chauffeurs m'attendre et monte les 1700 marches, pieds nus... - obligation de se déchausser à l'entrée. Il commence à se faire tard et je suis la seule à grimper... C'est interminable ! Tout d'un coup, on m'appelle... Mes copines québécoises descendent et Marie-Claude me dit : « J'étais certaine de te croiser à cette heure là, ici ! C'est ton heure, le coucher de soleil et tout et tout... ». On se fixe rendez-vous pour aller dîner et je poursuis mon ascension... La nuit tombe vite et ces escaliers certainement plein de vie en journée, sont déserts. Je ne croise que quelques marchands et enfants qui doivent vivre sur place, dans leurs échoppes... Je découvre une vue imprenable sur la ville, la fin du coucher de soleil et une pagode ultra clinquante, un  festival de décors en morceaux de miroirs brisés : kitsh à mort...
En descendant, je rencontre une coréenne qui est dans le même hôtel que moi, nous nous retrouverons plus tard. Quelques marches plus bas, j'entame une conversation avec deux jeunes moines de 18 ans qui viennent ici tous les jours pour pratiquer leur anglais auprès des touristes. Nous nous quittons lorsque je retrouve les filles au pied de la colline. Mes adorables chauffeurs m'attendent et nous allons au Green Elephant, un restaurant chic de Mandalay. Le cadre est sympa, mais les plats ne sont pas meilleurs que ceux que l'on trouve dans la rue !
Après une soirée sympa à discuter autour de nos programmes respectifs, je rejoins mon sweet home et retrouve ma coréenne : installées sur le toit de l'hôtel avec notre thé, nous parlons de nos études, boulots, voyages... Cette trentenaire travaille comme architecte et vient de passer deux semaines dans un monastère à Rangoon pour pratiquer la méditation.

Samedi 5 fevrier
Ce samedi matin, petit déjeuner : les moustiques travaillent déjà... Mon couple de chauffeurs m'attend pour une journée de ballade dans le sud de Mandalay. Au programme : pagodes, monastères et un très vieux pont en bois de 1,2 km de long... Ce moyen de transport est vraiment sympa, suffisamment lent pour prendre le temps d'observer les gens, les habitations, les commerces, la vie quoi ! Et puis, malgré nos difficultés à trouver nos mots en anglais, nous parvenons à communiquer et j'apprends beaucoup du quotidien de mes conducteurs ! De cette journée, je retiens surtout ma ballade sur le pont d'U-Bein. Situé à 13 km au sud de Mandalay, à Amarapura, ce pont en teck permet de franchir le lac Taungthaman depuis 1849. Il établit un lien entre la ville et la campagne durant les périodes de mousson. On peut s'y promener à pied ou à vélo, une superbe ballade qui permet d'observer le travail des pêcheurs, de regarder barbotter les enfants... J'ai 'mitraillé' mais ne suis pas certaine que mes photos reflètent véritablement la beauté de ce lieu ! Je n'ai pas été impressionnée par les pagodes, plutôt fâchée d'ailleurs... Le guide indiquait pour Patodawgi « Belle vue d'en haut », mais l'accès est interdit aux femmes ! Idem pour aller coller des feuilles d'or sur le célèbre bouddha de Mahamuni « Les femmes, confinées dans un espace derrière celui des hommes, ne doivent pas dépasser la rangée de pots de fleurs et encore moins aller coller des feuilles d'or sur le Bouddha. Ou alors, elles doivent demander ce ''service'' à un homme... » (G. du routard, 2010/2011, p. 248). Bande de mysogynes va ! :-)

Il est près de 19h lorsque je retrouve ma chambre. A peine arrivée, quelqu'un frappe à ma porte. C'est Gilles, un français avec qui j'ai sympathisé à Rangoon ;  nous allons diner au restau du coin. Une très bonne petite adresse conseillée par notre guide : le Lashio Lay. Petite cantine où l'on choisit nos plats exposés à l'entrée. Gouteux et pas cher ! On poursuit notre soirée sur le toit de l'hôtel, ma petite découverte de la veille. Vous saviez que dans cette partie du monde, on voit la grande ourse à l'envers ? Idem pour la lune, elle ne fait pas un croissant mais un sourire ! Bref, il est plus de trois heures du mat', je termine enfin le récit de ma journée... Me reste plus qu'à trouver demain – enfin tout à l'heure - un point internet qui fonctionne !

Bises à tous !

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