La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

1002 - 1102 : Dernier jour à Bagan et direction Kalaw

Jeudi 10 février 2011, Bagan
Dans mon dernier post – on est le 2 mars et je n'ai rien écris depuis le 9 février – je vous racontais Bagan. Plus de quinze jours se sont écoulés ; entre temps j'ai même retrouvé ma mère ! Alors que s'est-il passé durant le reste de mon - notre - séjour en Birmanie ? Je vous le raconte au travers de ce message et des suivants !

Ce 10 février, Gilles et moi décidons de se la jouer tranquille pour notre dernière journée à Bagan. Au programme : farniente sur la terrasse de l'hôtel, ballade du côté du marché et sur les berges de l'Irrawaddy. Avant de lever le camp, nous croisons Evelyne et Francis qui passent à vélo au pied de notre Guest House. Ces jeunes retraités nous suivent de près : je les ai rencontrés lors de mon premier petit-déj' au ET Hotel à Mandalay, puis le surlendemain au restaurant où je dinais avec Gilles, c'est un plaisir de les retrouver ici ! Après une heure d'échanges d'impressions sur l'Inde – où mes trois compagnons se sont déjà rendus - et de discussions sur leur précédent voyage en Chine, nous nous quittons pour poursuivre notre journée.

Le marché de Nyaung Oo est un concentré de produits locaux, on y trouve de tout. On déambule dans d'étroits couloirs couverts de tôles où se jusxtaposent des échopes de tout type : vente de produits de beauté, d'entretien, de vêtements, de légumes, d'épices... Les allées de poissons séchés sont particulièrement odorantes ! Les boites en osier d'un petit marchand de produits traditionnels birmans me font de l'oeil. Je résiste : primo, je n'ai pas envie de charger mes bagages – 15 kilo max. pour la compagnie Air Asia - deuxio, je les retrouverai certainement en France chez Pier import ou Maison du monde (enfin j'espère...) !

Nous continuons notre promenade vers les bords de l'Irrawaddy. Notre guide conseille de prendre, au coucher du soleil, un petit bateau pour admirer les temples depuis le fleuve : nous choisissons de marcher, aux heures chaudes de l'après-midi, sur les bandes de sable qui le longent... Quelle idée ! On se crame les pieds sur le sable chaud. A la recherche d'un peu de fraicheur, nous tentons de les tremper dans l'eau et l'on s'enfonce dans une sorte de glaise jusqu'au milieu des molets... Hummm, et dire que certains paient pour un bain de boue ! Des femmes lavent le linge à la main et l'étendent à même le sol pour le faire sécher. Les images sont belles mais elles me font surtout penser à ma machine à laver et à tout notre confort de vie... Un peu lasse de piétiner dans ce sol meuble, nous cherchons à retraverser le bras d'eau qui nous a séparés du rivage : un enfant et sa barque s'approchent de nous, en l'observant on se rend compte que la profondeur de l'eau n'en justifie pas l'usage, elle ne dépasse pas nos genoux...

Assoiffés, on s'installe à la terrasse d'un boui-boui et rencontrons de nouveau – devinez qui ! - Evelyne, Francis et leurs vélos. Ils s'attablent avec nous et notre discussion reprend. Partis en vacances pour quelques semaines, ils ne sont pas fan du Myanmar et préfèrent écourter leur séjour. Ils repartent une semaine plus tôt que prévu. Coût du changement du billet : 80€...

La fin d'après-midi approche et je suggère de trouver un temple désert pour admirer le coucher de soleil sans la masse de touristes et de vendeurs de peintures sablées : avec plus de 2000 pagodes autour de nous, ce serait étonnant de ne pas trouver un tel lieu ! En chemin, on croise une procession funéraire : le mort est « annoncé » par deux garçons portant un lourd gong et sur lequel l'un d'eux frappe un coup jusqu'à ce que l'onde ne soit plus audible ; nous en ressentons les vibrations. Quelques mètres derrière, des hommes portent une sorte de palanquin sur lequel repose le corps du défunt. Suivent famille et amis. Nous nous interrogeons encore sur la suite : crémation, enterrement ? Le petit temple que nous dégotons est déserté, nous grimpons à son sommet et avons tout le loisir de voir le soleil décroitre sur le paysage environnant. « Le soir, le soleil se couche et c'est beau » dirait Coluche... Le point de vue n'est peut-être pas aussi joli que pour le sunset de mardi, mais l'absence de bruit autour de nous est un luxe ! On doit notre retour à Gilles... moi qui me targue d'avoir un bon sens de l'orientation, je nous aurais paumés et on chercherais encore l'hotel... Petite info au passage : la lampe de poche est obligatoire à Bagan ! Pas d'éclairage dans les temples, ni sur les routes. Pour un retour de nuit, il est préférable de savoir où l'on pose les pieds ! Ma dernière nuit à Nyaung Oo sera courte : Gilles, que j'ai persuadé de m'accompagner pour un treck de trois jours entre Kalaw et le Lac Inle est réveillé en même temps que moi par un garçon de l'hôtel pour prendre le bus de 4h du matin...

Vendredi 11 février 2011, Bagan Kalaw
Ensommeillée et un peu congelée (les nuits de Bagan sont fraîches !), je découvre le truc dans lequel nous voyagerons les dix heures suivantes... Euhhhhhh... Je crois que c'est en observant, sur le visage des touristes qui nous succèdent, la réaction que l'on a du avoir en rentrant dans le bus que l'on trouve la situation plutôt comique... Un siège conçu pour deux personnes... asiatiques... à savoir petites et menues... Gilles, qui m'a laissé la place contre la fenêtre à presque une fesse dans le vide... Et encore, il n'a pas la taille et la carrure du français assis en face de lui et dont la tête touche presque le plafond... Pas de climatisation, mais à dire vrai, à cette heure de la nuit, je réclamerai plutôt du chauffage ! Les western installés, on peut commencer à « charger » les locaux qui se retrouvent entassés dans l'allée centrale sur les petits tabourets de plastiques. Je m'écrase contre la fenêtre...

En fait, jusque là, tout allait relativement bien... Mais quand le bus à démarré... on s'est vraiment dit que le trajet jusque Kalaw allait être très, très long... Je me plaignais de l'état des routes entre Mandalay et Bagan... Celles qui nous attendent relèvent du Paris-Dakar ! Au fil de la journée, chaleur, courbatures et mal de dos viennent s'ajouter à notre calvaire... Les paysages que nous traversons finissent de nous démoraliser : sec, poussiéreux, quasi désertique... Gilles et moi commençons à remettre en question le treck de trois jours... Si c'est pour marcher sous ce type de cagnard, ma mère le fera sans moi ! Heureusement, une heure avant d'arriver, le vert et l'ombre apparaissent : à mesure que nous approchons de Kalaw, la végétation est plus luxuriante et les randonnées qui pourraient en découler plus intéressantes. A 14h, nous découvrons enfin notre hotel : le Eastern Paradise Motel. Il semble vide, ce qui nous est presque confirmé par la gérante qui lorsqu'on lui demande si l'on peut réserver une nuit supplémentaire nous répond toute souriante : « restez le temps qu'il vous plaira, un mois ou deux si vous voulez ! ». C'est pas cher, nos chambres sont propres, lumineuses, spacieuses et les lits confortables ! Un bon plan !

On remplit à peine nos documents d'arrivée, qu'un taxi stoppe devant l'entrée. Ma mère est là ! Et elle est accompagnée d'Annie une copine qu'elle s'est faite à l'aéroport de Bangkok. A partir de maintenant, je ne suis plus seule à rédiger mes post ! On raconte la suite dans le prochain ! Bises à tous

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