La première quitte son boulot, la seconde termine ses études de psychologie, plus ou pas encore d'appartement, ni voiture, ni autres charges, SDF de luxe, c'est le moment pour s'envoler ! Gaëlle, la fille, part dès janvier sur Bangkok, mi-février elle est rejointe en Birmanie par Evelyne, sa mere. Ensemble, elles traverserons le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, l'Indonésie, la Chine, puis avec le transibérien la Mongolie et la Russie. La France, Normandie pour l'une, Paris pour l'autre devrait être retrouvée fin juillet. Au cours de ce voyage, amies et famille les rejoindrons pour partager un bout de chemin et caqueter avec Félicie, la mascotte du voyage ; 5 mois pour l'une, 6 pour l'autre, des découvertes, des rencontres : une belle aventure mère-fille and co.

2004 - 2104 : Mont Bromo, monter pour des cendres

Mercredi 20 avril
On quitte la Dewi homestay avec un petit pincement au coeur tant nous y avons passé d'agréables moments. 08:30, notre minibus démarre, nous sommes sept à faire cette excursion, c'est le début d'une journée interminable. Si les paysages sont beaux, la route est non seulement longue mais aussi dangereuse : notre chauffeur double comme bon lui chante, par la gauche, par la droite, se rabat le plus tard possible et les motocyclistes risquent leur vie à tout moment, on vivra plus d'une frayeur durant les 9 heures de trajet. Un stop déjeuner dans un restaurant adapté aux touristes que nous sommes : insipide et cher.
En début de soirée, nous arrivons à l'agence de Probolingo : le responsable local récupère nos vouchers respectifs et nous donne quelques explications sur la suite du programme ; contrairement aux autres passagers, nous n'avons pas de jeep réservée pour le lendemain et il nous faut rajouter 90 000 roupies par personne. Maman s'énerve, les autres ont payé 80 000 rp ce qui est déjà beaucoup trop : elle refuse, on verra plus tard ! On change de chauffeur, une heure de route en lacets, nous arrivons claquées à l'hôtel Yoshi pour découvrir que la chambre qui nous est octroyée est sinistre et sans salle de bain ; maman est maintenant remontée comme une horloge ! Elle retourne à la réception et réclame ou la chambre payée ou le remboursement de la différence ; le réceptionniste ne veut rien entendre, renvoie sur l'agence qui a fait la réservation, le chauffeur devrait être notre interlocuteur mais évidemment il disparaît, on décide de faire le siège : quelques appels téléphoniques plus tard, nous sommes surclassées dans un bungalow, une grande chambre avec salle de bain et eau chaude ! Satisfaites, c'est à l'hôtel que nous réservons notre jeep ; nous pouvons diner tranquillement ! Non mais !

Jeudi 21 avril
Réveil à 4 heures du matin. On enfile des vêtements chauds, j'ai même loué une veste sur place pour la circonstance mais toujours sans chaussures de marche, je ferai la balade en sandales et chaussettes. Notre jeep nous attend, elle récupère quatre clients allemands deux ou trois kilomètres plus loin. On roule encore une quarantaine de minutes jusqu'au pied d'un chemin que des villageois proposent de grimper à dos de cheval ; courageuses, nous résistons et empruntons dans la nuit noire un sentier rocailleux qui n'en finit pas. Sur la plate forme du 'view point', nous ne sommes pas seules, une petite centaine de touristes sont là, appareil photo en bandoulière et bonnets sur la tête ; il fait froid, du thé, du café, des soupes hyophillisées sont vendus par les locaux...
On mitraille le soleil qui commence à poindre, les couleurs sont belles ; au loin, le Mont Bromo gronde. Avec la lumière, on découvre la fumée qui s'échappe du cratère et petit à petit la noirceur du paysage recouvert de cendre. C'est magnifique.
Le soleil levé, tout le monde retourne à son véhicule qui nous amène à l'étape suivante : le pied du Mont Bromo que nous allons escalader ! A l'arrivée des jeeps, les mêmes chevaux sont proposés aux courageux touristes ! Nous résistons une nouvelle fois : mais là, ils nous suivent - c'est la seule chance qu'ils aient de gagner quelques roupies aujourd'hui, chaque propriétaire de cheval cible un touriste et le suit jusqu'au bout -. Le chemin se fait lourd, le cratère semble loin et la fatigue prend le dessus : on cède ! Pour 100 000 roupies aller-retour à deux, nous grimpons sur les petits chevaux et nous nous laissons emporter jusqu'au pied du volcan. Là il reste encore du boulot à faire : l'escalier initial de quelques 350 marches est entièrement recouvert d'une épaisse couche de cendre, seul le sommet des barrières apparaissent ; nous nous enfonçons comme dans de la neige poudreuse. Persévérantes, on finit par arriver au sommet... essouflées ! Mais comblées par le paysage qui s'offre à nous et ce cratère qui crache sa fumée et gronde régulièrement affolant les membres présents. Maman m'explique que quatre années auparavant, elle pouvait faire le tour de ce cratère ; impossible aujourd'hui, le chemin n'existe plus, c'est à peine si l'on voit les barrières d'entan qui bordent le gouffre... On redescend, quelque fois sur les fesses, en encourageant ceux qui montent ! Nous réenfourchons nos montures pour retourner aux jeeps, un préentrainement pour la Mongolie à venir !
De retour à l'hôtel on apprécie le petit déjeuner même si on peste sur sa qualité médiocre, on  savoure la douche chaude que l'on n'a pas à attendre comme nos collègues qui doivent partager l'espace...
A 9:30 notre minibus redescend dans la vallée et nous dépose à l'agence où nous retrouvons d'autres voyageurs ; le groupe est scindé entre ceux qui partent directement sur le ferry et Bali et ceux qui poursuivent sur le Mont Ijen. C'est notre cas, nous avons 6 autres compagnons de route : un couple d'espagnols, un couple de britanniques et Sophie et Thibault, de jeunes belges avec qui nous  sympathisons ; ils viennent de s'installer à Hanoi, ils sont en vacances pour 3 semaines. Notre minibus démarre tard or la route va être longue ; pause déjeuner dans un restaurant tout aussi aseptisé et cher que celui de la veille, balade sur la plage toute proche... La route devient infernale, on roule au pas : le revêtement n'existe plus à nombre d'endroits, la chaussée est défoncée, nous roulons sur des pierres... c'est interminable. Nous devions arriver vers 16 heures et profiter de la plantation et de son environnement agréable : cascade, bains d'eau chaude, village... On arrive vannés vers 18:30, il fait nuit noire depuis une bonne demi-heure. Désagréable surprise : pas d'alternative au diner-buffet proposé : c'est 50 000 roupies ou rien ! Le principe nous exaspère et hormis les britanniques, nous faisons tous de la résistance et ne dînons pas ! Belle unanimité, cette réaction collective est malheureusement trop rarement obtenue ! Nous nous retrouvons dans le bassin d'eau chaude près de la piscine pour un moment agréable de relaxation avant une seconde courte nuit.

2 commentaires:

  1. Quoi??????
    Pas de tongs pour l'ascension du mont Bromo...???
    Pffff.....tu veillis Aglaée....

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  2. Putain la couleur cendre ça déchire!!!
    magnifique ces photos....

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